Comment tout a commencé ?

routeTout a commencé l'an dernier, en 2008, avec la découverte du surdouement de mon petit Zèbre, il avait alors 4 ans.  La découverte étant le fait de l'insistance de sa grand-mère, ma mère...

 

Avec son papa, malgré les demandes récurrentes de la mamie, nous avions toujours refusé de le montrer à un psychologue. Il avait toujours été un petit garçon très vif & équilibré, sociable, câlin, sensible & donc nous n'en voyions pas du tout l'intérêt. Pourquoi aller voir un psy, quand on perçoit son enfant comme étant sans problème & tout à fait dans la norme (dans NOTRE norme... ça je ne l'ai compris que plus tard !) !??
Personnellement, je redoutais aussi que le fait d'aller consulter un psychologue ne le perturbe plus qu'autre chose, puisqu'il allait bien & ne manifestait aucune difficulté à nos yeux, pourquoi lui imposer cela ?  Ne dit-on pas que le mieux est l'ennemi du bien. C'était là exactement notre point de vue sur la question.

 

Et puis un jour, nous avons cédé. Pourquoi  ? me direz-vous...

 

Réponse n° 1, car l'insistance de ma mère peut être TRÈS TRÈS pénible parfois ! icon_wink1 & qu'elle n'a eu de cesse de revenir à la charge.
C'est un fait, ça a été un élément déclencheur. Mais ce n'est pas l'unique raison de ce revirement de pensée.
Pour être tout à fait honnête, j'ai eu peur. Peur de passer à côté de quelque chose qui lui semblait si évident, à elle. Je me suis dit :

 

"& si le fait de ne pas voir cette évidence venait de moi, si le problème était au fond de MON côté ?!"

 

Si derrière ce que j'envisageais plutôt comme une gentille élucubration de la part d'une grand-mère très fière d'avoir un petit-fils de toute évidence curieux de tout (point qui ne faisait absolument pas l'ombre d'un doute ! Nous étions certains qu'il était intelligent !!!),  se cachait une réalité fondée & palpable bien plus profonde que nous n'arrivions pas à déceler, nous, parents ???
Je ne voulais pas prendre le risque de me tromper & par la même occasion, de passer à côté de quelque chose de capital pour mon zébrillon.
Je ne voulais pas devenir une de ces mères qui ne doutent jamais & sont toujours convaincues de savoir ce qui est parfait pour leur enfant. D'autant que je doute toujours, de tout ! LOL
Je ne voulais pas non plus regretter plus tard de n'avoir pas su reconnnaître ce que sa grand-mère agitait devant mes yeux.  Pas plus que prendre le risque de ne pas offrir tout le bien-être possible à mon fils. Pour moi, il n'était pas en souffrance,  mais après tout les parents sont-ils toujours les mieux placés pour déceler la souffrance qu'un enfant tente par tous moyens de camoufler ?!

 

Nous avons donc consulté une psychologue, spécialiste des enfants doués & des soucis scolaires (il n'en avait aucun - bien au contraire), à qui j'ai fait part de tout ce cheminement, & aussi des doutes qui étaient les nôtres, à son père & moi-même, quant à l'utilité de lui faire passer des tests.  Je voulais la démarche transparente & honnête, puisqu'elle n'était pas réellement à notre initiative.
Notre fils a insisté, lui, pour passer un bilan. Il voulait vraiment le faire ! Il était catégorique.
Il le fit donc, avec beaucoup de joie & de bonne humeur.

C'est à ce moment précis, durant les 3 heures de la passation de ses tests, que j'ai consulté pour la toute première fois des infos sur les enfants "doués", "surdoués", "intellectuellement précoces", via ce merveilleux & terrible outil qu'est Internet. Et ce que j'ai lu brièvement m'a tellement fait peur (échec scolaire, solitude, tristesse, difficultés en tous genres, etc. ) que j'ai dit à son papa  :

 

"C'est tellement négatif ! J'espère de tout coeur qu'il n'est pas concerné !"

 

 

Pendant 3 semaines, du jour de la passation jusqu'à l'entretien de restitution, nous n'en avons plus parlé à la maison, laissant tout ça un peu de côté. Refermant avec empressement ces sites alarmistes qui m'avaient affolée & rebutée.
Moi, vraiment très échaudée par ce que j'avais entre-aperçu sur certains sites-internet & forums, son père plutôt dans l'attente des résultats, & notre zébrillon paisible & serein, étant sorti du cabinet de la psychologue en me disant :

 

"Pff ! c'est des choses de bébé qu'elle m'a fait faire ! Tout était très facile, on n'a fait aucun travail !!!"

 

Deux jours avant le compte-rendu, le jeudi, il est devenu TRÈS agité (sans que je ne lui ai dit que l'entretien avait lieu le samedi) & ça a duré ainsi jusqu'au rendez-vous chez la psy. J'ai su par la suite qu'il était ravi & impatient d'entendre enfin le pourquoi & le comment du sentiment de différence qu'il éprouvait...

 

J'ai eu un double choc lors de la restitution.

- d'abord parce que la psychologue (pour ma taquiner, comme je lui avais expliqué mes lectures affolantes sur Internet) nous a dit d'entrée de jeu que nous allions devoir nous (re)plonger dans les sites & bouquins traitant du surdouement, puisque notre fils était très concerné par la chose :oops:

- puis second choc car je me suis reconnue dans le descriptif de la psy. J'ai subitement revu des épisodes de ma vie oubliés (pensais-je !) depuis longtemps. Et j'ai alors eu très peur que mon fils ne vive les mêmes difficultés que moi étant enfant & ado. Cette idée ne m'a pas quittée durant l'heure entière du compte-rendu

 

 

J'ai perdu ma voix une semaine durant, quelques heures à peine après l'entretien de restitution !!! tant j'avais été sonnée par tout ça, car beaucoup de questions du passé (de mon enfance, mon adolescence) sont remontées d'un seul coup, & tout s'est mélangé dans ma tête.
Reproches, de ne pas avoir vu plus tôt l'évidence qui se confirmait finalement, craintes pour mon fils, tristesse en repensant à mon enfance solitaire & relativement difficile :cry:

Je me suis très vite mise en quête, de manière compulsive (comme à mon habitude !) d'ouvrages, articles, sites, blogs  sur ce thème. J'ai amassé le maximum d'informations & de façons d'aborder le surdouement & là... re-choc ! C'était bien moi.
Pour la première fois de ma vie, tout semblait prendre un sens, à la manière d'un puzzle dont j'aurais trouvé d'un seul coup les bonnes pièces, après avoir tenté en vain durant des années de l'assembler en forçant. Je savais le résultat de ce puzzle imparfait : quoique ressemblantes, mes pièces n'étaient pas les bonnes sur l'image qu'on m'imposait, & le résultat demeurait approximatif. Mais je m'y étais habituée... & puis il parvenait tout de même à faire illusion auprès des autres & je m'en contentais, à défaut d'autre chose.
Le zèbre est aussi un excellent caméléon devant les autres :-P (derrière, il en souffre & à force de se travestir, perd ce feu si particulier qui brule en lui...)

 

Tout ce que je n'avais jamais compris - le sentiment d'exclusion, de décalage, d'être extra-terrestre, de "survoler" les choses à vitesse grand V, etc. - s'expliquait & était écrit là, dans ce que je lisais. J'avais le sentiment très étrange qu'on avait écrit mes pensées, mon ressenti avec mes propres mots 8-O
Ceux-là même que je n'avais jamais confié à quiconque, que j'avais enfoui très loin au fond de moi & auxquels je n'avais plus repensé depuis de si longues années.
De même que certains chapitres du livre de Jeanne Siaud-Facchin sur les enfants me semblaient être en lien direct avec mon garçon. On eut dit qu'ils avait été écrits en l'obervant, lui !  Je le reconnaissais à travers chaque phrase, chaque détail.

 

Sentiment très troublant...

 

Beaucoup trop de questions m'étaient posées maintenant, il me fallait des réponses concrêtes. J'en avais besoin, je le savais. J'ai ainsi décidé de passer moi aussi un bilan, qui a confirmé ma nature de Zèbre. On pourrait dire que les Zèbres ne font pas des chevaux...  icon_rolleyes1

 

 

Et voilà comment nous avons mis un pied dans ce monde.  Et comment depuis beaucoup de choses ont repris un sens, une place pur moi.
Ce qui ne règle pas tout, bien sûr. Car avoir des capacités hors du commun ne signifie pas réussir tout ce que l'on touche. Au quotidien, de nouvelles difficultés voient le jour régulièrement. Mais on sait maintenant comment, sous quel angle, avec quelles "armes" les envisager & les combattre. Ce qui change tout... !

 

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9 commentaires à “Comment tout a commencé ?”

  1. Tessonneaud dit :

    Bonjour O grand Zèbre…
    Sans blague je survole au commencement et je me sens en lien même si mon zèbre à moi fait plutôt partie de Z a-sociaux.
    J’ai lu J SF aussi, j’ai dévoré tout ce que j’ai pu trouver sur le net (seulement 10H après l’installation du modem!) et j’ai souvent eu les larmes aux yeux. Des flashs aussi du passé, très nets, et la désagréable intuition de ne pas savoir par où ouvrir le paquet Kdo offert le 24 décembre dernier (jour où mon Z a passé le bilan!).
    Depuis, je suis out! autant mes rapports à mon zèbre s’applanissent, autant je me sens incapable de l’aider dans ses relations au reste du monde (école,CLSH : enfreindre la règle est sa loi!).
    Il effectue actuellement un bilan psychomoteur à la suite duquel son père et moi reprendrons contact avec la psychologue qui l’a testé.
    Pour ma part je me sens de plus en plus mal à l’aise avec ce que je suis devenue(?). Qui consulter pour faire « table rase »?
    Merci pour votre blog. VO

    • Zebrounet dit :

      Bjour, … & bienvenue au club ! :)
      Je comprends ts bien votre sentiment d’impuissance face à ce qu’il vit, face au monde extérieur.

      Qui consulter ? je dirais un psychologue, en prenant soin de le(la) choisir très connaisseur(se) ds ce domaine (celui du surdouement).
      Cela pourra sans doute non seulement vous aider ds votre mal-être personnel (« Pour ma part je me sens de plus en plus mal à l’aise avec ce que je suis devenue(?)’), mais également aider ds les rapports avec votre jeune zèbre ! Car qd on est mal avec soi-même, on peut difficilement aider l’autre… (d’autant + qd l’autre en question ressent ts fort ce malaise existant) :-|

  2. Véro dit :

    Merci zébrounet,
    pour tes anecdotes tellement vraies et merci aussi aux zèbres et parents de zèbres qui s’expriment ici.On se sent effectivement moins seul!
    J’ai changé le nom mais c’est encore moi, à propos de mon zébrounet asocial! Il a fini de passer son bilan psychomoteur et les « choses » se confirment. A suivre donc.
    J’ai bien noté la nécessité de rencontrer un ou des psychologues « spécialisés » dans le surdouement mais concrètement, qu’est-ce qui permet d’être sûr de son choix? (O sale doute, quand tu nous tient…). Je vais tâcher d’y voir plus clair et de mettre sur off un certain temps (ce n’est pas si facile parfois!).
    Je me répète mais MERCI encore, ça fait trop de bien de « lâcher » le trop plein sans craindre de passer pour une « tarée ».
    A bientôt peut-être.

    A au fait : comment en parler au corps enseignant là maintenant tout de suite????
    Je blague, on va le faire à l’instinct pour une fois…

  3. Véro dit :

    Ah les fautes, au secours : rectif « quand tu nous tiens »! Sorry…Gspr qu’il n’y en a pas d’autres!!! lol

  4. cathy dit :

    Bonjour.. ou bonsoir, au choix du moment de la lecture :) Pourquoi je suis venue sur ce site ? je cherche des parents de zebres. Moi-même zébre je n’ai pas encore eu le courage de faire tester ma fille de neuf ans. Je sais qu’elle réussie tout ce qu’elle entreprend à vitesse grand V. Et pourtant, aujourd’hui, si je viens là c’est que je me sens désemparée. Je suis allée voir son instit parce que je trouvais que les résultats étaient en baisse. Rien de catastrophique, juste des exercices qu’elle n’avait pas le temps de terminer dans les temps et un peu plus de remarques dans les cahiers. Je suis donc allée à ce Rendez-Vous dans le but de pointer les difficultés pour en discuter ensuite avec ma fille. Et là, j’ai reçu une grande claque… Son instit me dit qu’il n’y a aucun problème, au contraire elle est de loin bien au-dessus des autres et elle fera une excellente année l’année prochaine. Le souci se pose dans son comportement. Elle ne veut pas répondre alors qu’elle connait les réponses. Elle ne s’investit pas et fait le minimum alors qu’elle a de grandes capacités aussi bien en maths qu’en expression écrite (qu’elle n’aime pas particulièrement). Lorsqu’elle a fini son travail, elle a la possibilité de prendre des livres ou des magazines dans le fond de la classe. Mais c’est comme si rien ne l’intéressait. En rentrant à la maison elle était impatiente de savoir ce qu’il s’était dit. Quand je lui ai résumé la situation : pas de problème de connaissance mais une incompréhension de son institutrice sur son manque d’investissement, elle s’est refermée comme une huitre et a retenu ses larmes. Je lui ai demandé si elle s’ennuyait en classe et m’a répondu « non ». J’ai essayé d’ouvrir une porte en lui disant qu’elle pouvait répondre « oui ». elle m’a renvoyé en pleine face qu’elle avait aussi le droit de répondre « non ». Je suis donc désemparée parce que je vois bien qu’elle est en train de perdre son scintillement, qu’elle n’est pas épanouie. J’ai peur, en insistant, qu’elle se bloque. J’ai peur qu’en ne faisant rien elle perde encore plus confiance en la vie. Je vais m’arrêter là parce que je pourrais en écrire des pages !!! Bref, comment faire pour que sa bonne humeur revienne ? Elle n’a que neuf ans et est déjà dans la phase ado où tout est nul. Ca fait du bien de voir des sites où on se reconnaît. On sait enfin qu’on n’était pas « anormal ». Mais quand on sait ce que sont susceptibles de vivre nos enfants et ne pas savoir quoi faire, c’est difficile. Bon allez, y a toujours pire ailleurs !!! bonne journée ou soirée… Cathy

  5. Lanza dit :

    « Pour la première fois de ma vie, tout semblait prendre un sens, à la manière d’un puzzle dont j’aurais trouvé d’un seul coup les bonnes pièces, après avoir tenté en vain durant des années de l’assembler en forçant. Je savais le résultat de ce puzzle imparfait : quoique ressemblantes, mes pièces n’étaient pas les bonnes sur l’image qu’on m’imposait, & le résultat demeurait approximatif. Mais je m’y étais habituée… & puis il parvenait tout de même à faire illusion auprès des autres & je m’en contentais, à défaut d’autre chose. »

    C’est exactement ce qui m’arrive, là, depuis quelques jours. Ça fait un drôle de choc. Faut que je fasse un bilan.

  6. Lanza dit :

    Enfin, quand j’aurais arrêté de pleurer… :-?

  7. Reg dit :

    Il y a des passages qui m’interpellent!

    « [...] on perçoit son enfant comme étant sans problème & tout à fait dans la norme (dans NOTRE norme… ça je ne l’ai compris que plus tard !) !?? »

    Tellement vrai! Les chiens ne font pas des chats! Dans ma famille, tout le monde est dans la norme… de la famille! On a finit par s’apercevoir que nous étions un peu hors normes, d’ailleurs.
    Mais voilà… pour nos parents, nous sommes normaux, ou plus ou moins normaux… mais pour la société, c’est la catastrophe… Y’a un tel décalage, un tel malaise… personnellement, je me sens totalement démunie, j’ai l’impression d’avoir coupé mes ailes, moi qui réussissais tout quand j’étais gosse. Il n’y a plus cet éclat, et je change d’activité, je cumule, pour tromper un ennui enraciné qui ne veut pas partir. Et là, je sais plus quoi faire. Mes parents ont reconnu que ma petite sœur était surdouée. Pour moi je sais pas… Et je n’ai vraiment pas les moyens d’aller voir un psy. :/

    En tout cas, et pour passer sur une note plus positive, j’aime beaucoup ce blog, découvert par hasard.

  8. rousseau caroline dit :

    merci pour ce blog.je me sent moin seule . comme moi aussi je percevais mon enfant dans la norme je nai découvert que tres récemment alors qu il a déjà 9 ans ca précocité.destabilisé a ca oui je le suit.surtout quand apparemment comme beaucoup d entre vous je m apercoie que peut etre le décalage que je recent entre les autres et moi pourrais venir de la. échec scolaire révolte chronique qui prete a etre ridiculisé gout atipique ect.. non! mon enfant oui d accord, mais pas moi je me suis toujours considérer comme plus bete que la moyenne, ayant des difficulté a accomplir des taches qui parraissent simple a la plupart des gens, ne me donnant que des objectifs simple qui me parraissait accéssible a une « andouille » comme moi.bon aujourd hui je me rend a l évidence apres les fameux entretiens spy et les tests voila! alors maintenant on fait quoi? comme toujours mon moteur est la révolte alors je m insurje contre les méthodes que j ai rencontrer a l éducation nationale qui consiste a minimisé de surdouement d un enfant voir de le caché aux parents.la directrice de l école de mon fils ma dit « précoces bon enfin avoir de l intuition ne fait pas tous,moi je m occupe d enfant normaux je fait dans la normalité!! »avec ca je dois faire confiance a leur capacité a s occupé de mon enfant.en résumé mon problème aujourd hui est de trouvé un chemin ou guidé mon fils pour que celui ci ne perde pas l estime de lui comme je les perdu moi meme.pour qu il n échou pa dans les études comme j ai échoué et pour qu il trouve ca place aupres des autres et de cette société qui fait peu de cas de notre différence.



:) :-D 8) :oops: :( :-o LOL :-| :-x :-P :-? :roll: :smile: more »

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