Écoles spécialisées ou écoles ordinaires pour les enfants HPI ?

Écoles spécialisées ou écoles ordinaires pour les enfants HPI ?La question du meilleur mode de scolarisation se pose nécessairement très vite à tous les parents ayant un enfant Zèbre.

Elle est d'ailleurs le plus souvent soumise au psychologue au moment même de l'entretien de restitution, qui détaille les résultats du bilan qu'a passé l'enfant :!:

 

Les parents, abasourdis par la prise de conscience des aptitudes hors du commun de leur petit, sont submergés de questions, celle-ci arrivant généralement en tête de liste. Ils interrogent alors le psy en ce sens, dans l'espoir de s'accrocher à l'avis éclairé d'un professionnel sur cette question délicate & à un moment où tout est brouillé dans leur esprit.
Très souvent posée dans ces termes :

 

Faut-il le scolariser dans une école pour enfants surdoués ?

 

 

Les parents, à ce stade de la découverte du surdouement de leur enfant, ne savent généralement encore rien des difficultés qui les attendent & ne se doutent pas un instant de la situation réelle de l'enseignement "spécialisé" en France :oops:

 

Ils imaginent naïvement qu'il doit forcément exister des structures, comme il en existent, c'est vrai, pour l'autre extrême : la déficience intellectuelle. Tout le monde, je crois, l'a pensé. Image d'épinal d'une école où le bien-être de chacun serait pris en compte... :hypno:

 

Quelques chiffres qui expriment à eux-seuls le problème des enfants surdoués face à l'école :

 

- 2,2% de la population générale, soit environ 400 000 enfants scolarisé sont surdoués

- 45% des enfants surdoués redoublent

- 20% s'arrêtent avec le bac & parmi les bacheliers, 17% font des études médiocres

- en 2003, 20% des adolescents hospitalisés en psychiatrie à l'hôpital de La Timone à Marseille, étaient surdoués

Jeanne SIAUD-FACCHIN, psychologue clinicienne, extrait de "Aider l'enfant en difficulté scolaire"


Cliquez sur la couverture pour ouvrir les
détails d' "Aider l'enfant en difficulté scolaire"

 

 

Alors quelle est la situation en France dans le quotidien des enfants surdoués ? Existe-t-il des écoles adaptées ?

 

La réponse est malheureusement sans appel à l'heure actuelle : il en existe bien, mais elles ne comptent sur les doigts de la main & ne concernent qu'une infime parties des petits zèbres. Pour le reste, il n'y a quasiment rien ! :evil:

 

Les écoles spécialisées, tout comme les classes spécialisées ouvertes au sein d'établissements ordinaires (!), sont en réalité très rares en France, & presque toutes concentrées en région parisienne.

 

Le 27 novembre dernier (en 2009 donc !), une émission consacrée aux surdoués sur la chaine de télévision Direct 8, avait invité Martine Tellier, la directrice d'une école spécialisée - école Léonard de Vinci, à Herblay - dans le 95).

 

Très bien, l'existence de telles écoles est sans doute une immense chance pour les quelques enfants qui peuvent y être inscrits & c'est tant mieux pour eux. Mais combien cela en concerne-t-il au total ? Quelques centaines ? Quelques milliers tout au plus sur toute la France.

 

Outre les inégalités géographique évidentes (est-il besoin de rappeler que tout le monde ne vit pas sur Paris, ou encore tout le monde ne peut pas envisager de déménager près d'une telle école), se pose le problème des inégalités de moyens des familles :(

 

Ainsi, pour scolariser leur enfant dans cet établissement, les parents devaient, à cette époque, débourser pas moins de 4700 €uros par an (selon la déclaration faite par Mme Tellier lors de cette émission, que l'on peut du reste revoir ci-dessous).

 

 

 

Autre exemple d'école spécialisée, dans Paris même cette fois-ci, l'école Georges Gusdorf (dans le 15ème). Voici le listing des frais d'inscription :

- déposer un dossier de candidature : 60 €uros

- RDV bilan & entretien des deux parents & de l’élève avec la direction : 50 €uros

- test de connaissances & de niveau scolaire : 50 €uros

 

Donc compter 160 €uros pour la seule démarche d'inscription... :-|
On continue, avec les frais de scolarité ! (je cite les informations données par l'école elle-même via son site-internet) :

 

Frais de scolarité :
Les frais de scolarité s’élèvent à 6000 Euros par an pour le premier enfant. Un abattement de 20% est consenti pour les frères et sœurs du premier élève. Une avance de 1000 Euros est demandée à l’inscription.

A cela s’ajoutent :
Frais d’inscription : 180 Euros
Adhésion à l’association Apprentissage et Surdouement : 50 Euros
Fournitures : de 50 à 130 Euros suivant la classe et les activités
2 carnets de tickets de métro nominatifs pour les sorties
Une participation de 4 à 8 Euros est demandée ponctuellement pour certaines sorties ou activités.

Les ateliers :
par atelier, par enfant et par an : 540 Euros (180 pour les échecs)

 

 

Nul besoin de préciser que toutes les familles, même si l'opportunité se présentait (en faisant abstraction des paramètres d'ordre géographique) ne pourraient pas se payer le luxe d'une scolarité oscillant entre 5 000 & 6 000 €uros par année & par enfant (sans compter les fournitures, les cotisations en tous genre ainsi que le coût vraiment très élevé des activités annexes proposées par la 2nde école & dénommée "ateliers" !) :-?

 

Succession d'inégalités donc, là où à tout moment on se heurte pourtant, dans un cursus classique suivi en établissement traditionnel à l'argument choc du "principe d'égalité" si cher à l'éducation nationale.
Le paradoxe absolu... :cry:

 

L'école française n’est pas faite pour les "extrêmes", ni dans un sens, ni dans l’autre. Et pour les enfants les plus en souffrance, les résultats, au bout du compte, seront hélas identiques : phobie scolaire, déscolarisation, marginalisation, etc…

 

Et malgré une loi ainsi qu'une circulaire nationale imposant lors de la formation des enseignants une prise de conscience des difficultés & spécificités de ces enfants hors norme & l'aménagement d'un enseignement adequat, on sait pertinemment que rien n'est réellement mis en place dans la pratique.

 

Sauf rares exceptions qui, à titre individuel & personnel sont plus ou moins au fait de la question du surdouement (parce qu'ayant eux-même des enfants concernés par ex.), il ne faut pas compter sur les instits & professeurs du secondaire pour donner l’alerte ou tenter d'adapter leurs cours à cette catégories d'enfants différents.  Pour leur défense, je dirais qu'il ne sont pas formés pour... comment leur serait-il donc possible de deviner les choses ? Impossible, sauf dans le cas où ils auraient été éclairés dans leur vie privée.

 

En règle générale, la réaction du corps enseignant face à un parent tentant d'expliquer la souffrance du petit zèbre est, les 3/4 du temps, négative. Ils n’ont soit pas écouté, soit pas compris, soit cru que le parent en question voulait se persuader qu'il était le géniteur d'une petite merveille !

 

Au final, qu'en est-il, du quotidien des parents d'enfants surdoués ? Et bien c'est à eux, qu'incombe toute l'organisation d'une vie enrichie pou le zébrillon. A eux seuls de jongler avec leur emploi du temps pour "nourrir" l’avidité de connaissances (qu'ils ne maîtrisent pas forcément tous...), de courrir musées & expos, de dévaliser les bibliothèques & les librairies, de répondre autant que faire se peut aux sollicitations permanentes de leurs petits Z.

 

J'ai pour ma part la chance de travailler chez moi, je n'ai qu’un enfant & surtout les moyens de faire tout ça ! Mais là encore, quelle égalité des chances peut-on oser espérer, quand tout repose sur la disponibilité & les moyens de la famille ?
Combien d'enfants surdoués seront oubliés en cours de route, parce que nés dans un milieu pas assez riche ou pas assez conscient de ses besoins ?

 

Si les parents n’ont pas les moyens financiers & intellectuels, aucun relai n’est possible !  La voilà la triste réalité aujourd'hui. L'école de la république n'apporte concrètement aucune solution pour ces enfants, & sans cette aide parallèle & extérieure, ils n'ont plus qu'à s'adapter... ou crever !

 

Alors même qu'il existe des classes spéciales pour enfants déficients, intégrées dans nos écoles, collèges & lycées classiques (& ce jusque dans les petites villes de province !), pourquoi n'existe-il pas de même dans le sens inverse ? La réciproque serait alors un véritable signe de volonté d'égalité stricte des chances !!! 8-O

 

Les statistiques parlent d'elles-mêmes : 2/3 des enfants doués sont en échec complet ou en grande difficulté. Seuls le dernier 1/3 vit une scolarité réussie... mais de là à considérer leur parcours comme "sans écueil"... :-|

 

 

LOI D’ORIENTATION ET DE PROGRAMME POUR L’AVENIR DE L’ÉCOLE
Loi n°2005-380 du 23 avril 2005 - art. 27 JORF 24 avril 2005
Article L321-4 - "Dans les écoles, des aménagements particuliers et des actions de soutien sont prévus au profit des élèves qui éprouvent des difficultés, notamment les élèves atteints de troubles spécifiques du langage oral et/ou écrit, telle la dyslexie. Lorsque ces difficultés sont graves et permanentes, les élèves reçoivent un enseignement adapté.
Des aménagements appropriés sont prévus au profit des élèves intellectuellement précoces ou manifestant des aptitudes particulières, afin de leur permettre de développer pleinement leurs potentialités. La scolarité peut être accélérée en fonction du rythme d’apprentissage de l’élève.
Des actions particulières sont prévues pour l’accueil et la scolarisation des élèves non francophones nouvellement arrivés en France.
Pour l’application des dispositions du présent article, des établissements scolaires peuvent se regrouper pour proposer des structures d’accueil adaptées.”

 

 

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16 commentaires à “Écoles spécialisées ou écoles ordinaires pour les enfants HPI ?”

  1. vae dit :

    « Selon l’étude relatée dans Le Quotidien du Médecin du 22 février 1999, menée auprès de 145 surdoués, et suivis sur une période de 10 à 20 ans, il apparaît que ces enfants ont suivi un cursus scolaire chaotique : 40 % d’entre eux ont atteint ou dépassé le niveau Bac + 2 ; 9 % se sont arrêtés au Bac, et 43 % n’ont décroché qu’un BEP ou un CAP ».

    Ce genre de résultat sans l’affichage de la méthodologie, c’est du blabla et rien de plus : à oublier d’urgence.

    Lecture critique d’article et commentaires :

    Il s’agissait de 145 enfants scolarisés à l’Institut BEAULIEU, situé à Salies de Béarn dans les Pyrénées Atlantiques : c’est un internat destiné à recevoir des enfants qui ont de graves difficultés d’adaptation.

    Sur 600 enfants scolarisés et testés entre 1954 et 1976, 145 (c’est beaucoup : ?!) se sont révélés surdoués : l’auteur a cherché ensuite à connaître leur devenir, puis a publié cette étude.

    Cette problématique et ce mode de scolarisation restent tout de même extrêmement marginaux chez les EIP.

    En aucun cas, aucune conclusion ne peut en être tirée concernant le devenir des EIP en général : personne ne peut utiliser ces chiffres pour affirmer « attention !! la moitié des EIP sont en échec et n’ont même pas le bac !! » : ce serait une manoeuvre de désinformation

    • marie dit :

      Bonjour, Je fait partie des 145 enfant et je peux témlgner que l’étude a été conduite avec beaucoup de sérieux par des professionnels. plusieurs entretiens individuels avec plusieurs professionnels, tests psychotechniques et autres. certains se passant en groupe à bordeaux par exemple ou à beaulieu même. le chiffre de 145 qui vous semble élevé provient du fait que beaulieu a été créé pour des enfants d’intelligence normale ou supérieure. les textes de loi et la sécu ne reconnaissaient pas l’existence de problèmes pour les enfants normaux. il existait des stuctures pour les enfants « débiles » mais rien pour ceux qui ne répondait pas à ce critère. il ne pouvait donc y avoir d’agrément. j’ai passé 3 ans à beaulieu et mes parents qui étient très modestes avaient 5 enfants n’ont pas déboursé un centime. beaulieu accueillaient des enfants en souffrance. mais qu’on ne s’y trompe pas, un enfant surdoué ne cesse pas de l’être à la sortie de l’école. le problème existe donc en famille, en voisinage… etc et croyez moi la méchanceté des enfants n’est rien face à celle des adultes. moi j’ai eu beaulieu pour exister, ils m’ont aimée telle que j’étais et m’ont respectée. je leur doit de ne pas désespérer de l’humanité

  2. Mon dit :

    Vae a sans doute raison quant à ne pas tirer de conclusion hâtive. Cependant rien ne dit qu’il s’agisse là d’un raccourci.
    En revanche, la difficulté rencontrée par les parents à faire reconnaître le caractère particulier de leurs enfants aux instituteurs ainsi que le manque de moyens adaptés aux enfants sont réels.
    Après avoir été « accusé » par l’institutrice de mon fils en première année de maternelle de vouloir le pousser, elle se retrouve aujourd’hui discréditée par sa collègue qui souhaite une évaluation psychologique car mon enfant s’ennuie à l’école ( il est en deuxième année de maternelle et il sait lire, compter, additionner, soustraire etc..) . J’ai demandé quelles étaient les solutions que l’on pouvait me proposer: la seule et unique réponse est de lui faire sauter un niveau : une entrée anticipée en CP.
    Ceci étant, je crains que nous nous retrouvions confronter à une autre problématique tout aussi importante: comment un enfant de 4ans et demi peut s’épanouir au milieu d’enfant de 6 à 7ans?
    Je me retrouve donc seul à chercher des établissements spécialisés et à glaner quelques informations de parents étant dans le même cas que moi.

    • Zebrounet dit :

      Bjour,
      Tout à fait d’accord avec l’ensemble de votre message ! :oops:
      Combien de parents ont connu, connaissent ou connaitront encore cette situation ?! C’est une réalité, malheureusement, cela existe bel & bien pour de nbreux enfants précoces.

      « la seule et unique réponse est de lui faire sauter un niveau »
      C’est tt de même une chance ! même si ce n’est pas une solution idéale, j’en conviens ! Dîtes-vous que de TS nbreux instits, par déni, par principe ou encore par refus de reconnaître que leur enseignant est trop peu stimulant pour certains de leurs élèves REFUSENT même l’idée d’un saut de classe. Ils préfèreront condamner un enfant à souffrir une année durant, plutôt que d’accepter l’idée que tous les enfants n’ont pas les mêmes besoins & le même rythme.

      Je pense toutefois (ce n’est là que mon avis personnel) qu’il est tout de même préférable de choisir le saut de classe, même si sur le plan relationnel cela risque d’être un peu délicat pour certains enfants (quoi que… de nombreux petits zèbres aiment par nature être avec des enfants + âgés, car ils ne se retrouvent pas ds les camarades de leur classe d’âge).
      Je crois que l’aspect « stimuli scolaire & intellectuel » est tjrs à privilégier dans ce genre de situation : des amis, on peut s’en faire, même ds l’hypothèse où on a 1 ou 2 ans d’avance… en revanche, une année passée à s’ennuyer ferme fait svt BCP BCP de ravages sur un enfant désireux d’apprendre tjrs plus.

      Bon week-end ;)

    • Marie dit :

      Bonjour,

      je suis maman d’un petit garçon de presque 9 ans qui a été diagnostiqué précoce il y a 2 ans et je voudrais vous faire part d’une discussion que nous avons eu il y a peu.
      Lisez bien jusqu’au bout car la conclusion va vous surprendre….

      Je vais d’abord planter le tableau pour clarifier les choses:
      Tout a commencé quand mon fils était en CP. Il avait été signalé à l’école primaire et à moi-même par son institutrice de GS car elle-même maman d’un enfant précoce, elle m’avait mis en garde que le CP allait être difficile pour lui (nous avons eu de la chance!). Il a appris à lire tout seul en GS et je ne m’en suis même par rendu compte, c’est sa maitresse qui s’en est aperçu. J’étais alors farouchement opposée au saut de classe.
      Donc dans un premier temps, quand on m’a parlé de passage anticipé, j’ai freiné en disant qu’on pouvait trouver une autre solution, un peu plus de travail en classe par exemple. Mon fils a passé son année de CP à aider ses camarades de classe, il n’a RIEN appris! Mais il n’avait pas l’air malheureux… Jusqu’au moment où j’ai commencé à sentir un malaise à la sortie de l’école, il semblait triste et me disait qu’il n’avait rien quand je lui demandais. Je l’ai senti dépérir et je ne comprenais pas pourquoi. Un jours il a explosé : « je croyais que j’allais à la grande école pour apprendre des choses! J’étais pressé d’aller à la grande école et j’apprends rien, je ne fais que m’ennuyer! Si c’est ça la grande école je vois pas l’intérêt! » Tout ça en hurlant et en pleurant de rage.
      Là je me suis dit que je devais faire quelque chose, il était dans une souffrance que je n’imaginais pas, moi qui le croyais heureux. J’ai donc décidé de parler à sa maitresse et de « le faire tester » car j’avais très peur de faire un bêtise en acceptant ce saut de classe. Résultat : QI de 145, ça ne voulait rien dire pour moi à l’époque mais semblait vouloir dire qu’il fallait vraiment accélérer sa scolarité.
      Le saut de classe a un peu trainé mais cela s’est fait en milieu d’année de CE1 (arrivée en CE2 au mois de février). Ca a été horrible! Il a été rejeté en bloc par toute la classe de façon unanime. Tout le monde (et là je pense aussi bien aux enfants qu’à leurs parents) a considéré que c’était un privilège (s’ils savaient ces c… :( ) qui m’était accordé car j’étais parent d’élève élue. Mon pauvre gamin en a bavé, vraiment bavé, à en sangloter tous les soirs à la maison. Je m’en suis voulue! Je me disais que j’ai fait le mauvais choix, que je n’aurais pas dû, que ma première intuition était la bonne,etc …..
      Depuis son entrée en CM1 en septembre dernier, il va beaucoup mieux. Il a prouvé aux autres qu’il avait les capacités qu’il fallait (souvent la meilleure note, souvent le seul à avoir la bonne réponse, etc …). C’est horrible à dire mais il a fallu qu’il fasse ses preuves pour être accepté (sans pour autant avoir trouvé de copains dans la classe). Mais je pense qu’on n’a vraiment pas eu de chance de tomber sur cette classe avec beaucoup d’enfants prétentieux et jaloux, ça peut tout à fait se passer mieux avec un autre groupe d’enfants. L’institutrice qui l’a accueillie l’a catalogué comme étant lui-même un enfant prétentieux et lui a même « rabaissé son caquet » en classe (je ne l’ai su que bien plus tard malheureusement par un autre enfant de la classe) au lieu de l’aider à s’intégrer.
      Il y a un mois environ, suite à une absence de son instit’ il a été passer la journée avec ses anciens camarades en CE2. Il était « sur les fesses » de voir le nombre de fautes d’orthographe que les enfants font (mais c’est normal, ils sont une classe en dessous..). alors je lui ai demandé ce que ça lui évoquait s’il avait encore été dans cette classe. Sa réponse : « ce que ça m’évoque ? Oh là là, l’enfer! ».
      Je lui ai dit que j’ai regretté d’avoir accepté ce saut de classe vu comme cela avant été difficile pour lui, je lui ai demandé « pas toi? Tu n’as jamais regretté? » et il m’a répondu en me regardant droit dans les yeux « pas une seconde maman »!

      Tout ça m’amène à la conclusion que je voulais vous exposer:
      oui, c’est difficile pour le petit de se retrouver au milieu d’enfants d’un à deux ans (il y a souvent au moins un redoublant dans une classe de 25-30 élèves). Mais du point de mon fils en tous cas, ça vaut mieux que de s’ennuyer ferme 6 heures par jour, 4 jours par semaine, et 10 mois par an.
      Avec le recul, je n’accepterais pas un passage anticipé en cours d’année. Je pense qu’il vaut mieux pour l’enfant d’arriver dans une nouvelle classe, avec un nouvel enseignant en même temps que tout le monde.

      Et depuis un mois, je ne regrette plus ce choix (après m’en être voulu pendant un an). Il a été bénéfique pour mon fils.

      Bien sûr, ce n’est qu’un témoignage et ce qui est bon pour l’un ne l’est pas obligatoirement pour l’autre. Le seul conseil que j’ai envie de vous donner c’est d’écouter votre enfant avec votre cœur de maman. Vous ferez pour lui le meilleur choix, à un moment donné de sa vie. Et ne regrettez jamais!

      • elisa dit :

        bonjourMarie,
        je suis une ancienne « enfant précoce » qui également s’ennuyait à mourir au CP et aidait ses camarades, je m’intéresais à des sujets tels que l’évolution des espèces, la météo,..j’ai appris à lire à 5 ans un peu toute seule….
        au collège et au lycée, pour me faire accepter (c’était vital pour moi), je faisais exprès de faire des fautes dans mes devoirs…
        résultat : j’ai un bac ES mention AB, j’ai raté mes études supérieures, je me retrouve assistante de direction, je suis hypercomplexée et ….je crois que mon fisl aîné est aussi précoce !!! c’est génétique !
        bon courage à ton fils et à toi
        elisa

  3. des dit :

    Bonjour,
    Merci Marie de cette histoire positive … c’est rassurant de constater que pour certains les interactions scolaires s’améliorent. Maman d’un petit garçon de 7 ans 1/2 diagnostiqué à 6 ans pendant l’enfer du CP nous sommes confrontés aux classiques problèmes de relations aux insituteurs, déficit de copains du même âge, souffrance à l’école, lenteur dans l’exécution et dégoût du graphisme … de thèmes déjà largement abordés par tous les parents et spécialistes.
    Bref, le constat est fait … peu de solutions disponibles. Si toutefois un parent peut nous recommander une école ayant une ouverture d’esprit suffisante pour accueillir dignement les enfants (nous ne souhaitons pas le marginaliser dans une institution uniquement dédiée aux EIP) à Paris/ Ouest région parisienne.
    Un grand merci par avance et bon courage à tous.

  4. des> Pour nos deux aînés, nous avons trouvé la solution d’une école Montessori (privé hors contrat : donc serrage de ceinture pendant 5 ans). Par ses principes même, cette pédagogie est adaptée aussi bien aux enfants déficients qu’aux enfant sur-efficients, sans parler de ceux qui sont dans la norme… Ensuite, pour le collège, nous avons choisi un collège proposant une section « bilangue », qui offrait l’avantage de regrouper dans la même classe des enfants sachant lire et écrire correctement, et même plusieurs surdoués. Pour notre fils, ça ne s’est quand même pas très bien passé, et il fait son année de 3e en pension dans une classe spécifique EIP au Mans.

  5. Adèle dit :

    L’école Gusdorf, j’y ai mis mes deux enfants, et je les en ai retirés, une fois mon portefeuille débarrassé du superflu. Il n’y a pas de cour de récréation, ce sont des bureaux reconvertis en salle de classe. D’ailleurs les bureaux sont partagés avec des experts comptables. Les « professeurs » ne sont souvent que des étudiants qui ont l’habitude de donner des cours particuliers. Beaucoup sont HQi eux-même, mais ça ne suffit pas à faire de bon profs. Il n’y a pas de véritable formation en interne avec des techniques d’enseignement digne de ce nom. Certains classes sont très mauvaises en terme de niveau et d’agitation. Beaucoup d’EIP à Gusdorf sont soit dyslexiques, soit hyperactifs, et ils ne bénéficient d’aucune aide particulière. Quand un élève a un problème, c’est qu’il a été mal sélectionné : comprenez il n’est pas précoce.. Enfin, aucune technique innovante, le programme : celui de l’éducation nationale. Le jeu n’en vaut pas la chandelle. Je regrette d’y avoir mis mes enfants, deux ans perdus pour eux.
    Montessori est une alternative bien meilleure. Ils sont épanouis dans cette école et heureux d’y aller le matin. Ils ont (re)trouvé leur équilibre et sont plus calmes et sereins qu’avant. Je pense que nous avons trouvé la solution qui nous convenait.

    • Anne dit :

      Je suis très surprise pas le commentaire d’Adele sur l’école Gusdorf.
      Mon fils aîné de 8 ans y est entré en courant d’année après une scolarité douloureuse.
      En résumé dès la petite section il a été pris en grippe par l’instit qui a posé le diagnostic d’autisme et s’est acharnée sur lui (maltraitance physique et morale). Après un passage par 2 maternelles publiques refusant le diagnostic d’EIP et le privé soit-disant spécialisé dans l’accueil et l’épanouissement des précoces (faux pour le primaire car très peu d’instits savent les gérer), il était en dépression et harcelé par un groupe d’enfants (racket, violence physique, humiliation….).
      La psychologue nous a conseillé l’école Georges Gusdorf. Oui la scolarité est très coûteuse mais quand je vois la transformation chez mon fils qui a retrouvé sa joie de vivre, je me dis que cela en vaut la peine.
      Il a enfin pu sauter un niveau et sortir de sa torpeur. Le premier mois à été un peu difficile mais grâce au soutien de l’équipe pédagogique tout est très vite rentré dans l’ordre. L’école bénéficie d’une psychologue à temps plein et l’ensemble des profs et des responsables sont très à l’écoute et disponibles.
      Chose très appréciable il n’y a aucune violence physique entre les élèves.
      Georges Gusdorf n’est pas l’établissement parfait et d’ailleurs aucune école ne l’est mais sans elle notre fils serait dans une situation désespérée.

      • Gab dit :

        Bonjour,
        Bonjour, Je rejoins le témoignage d’Anne. Mon fils vient d’arriver en 3ème à l’école Georges Gusdorf en septembre 2014. Ce fut un changement immédiat. Il a retrouvé le sourire, l’envie de communiquer, d’aller au collège. Il n’est plus dans cette agressivité permanente qui le rendait si malheureux et ce refus de l’école qui le menait tout droit à l’échec scolaire. Il a retrouvé son humour qu’il avait plus petit, des intérêts, des projets immédiats ou d’ avenir, il s’est remis dans sa scolarité. Il part à l’école avec plaisir et nous raconte ses journées ce que nous n’avions jamais connu. Mieux, au retour, des vacances de la Toussaint, il nous a dit qu’il était « presque content de retourner en cours, parce que bon, il ne faut pas exagérer ça reste l’école! même si c’est bien. »
        Nous avons la chance de pouvoir offrir cette école à notre fils et je pense souvent à tous ces enfants (et leurs parents) qui ne peuvent pas bénéficier d’endroits si adaptés et bienveillants pour se construire en toute confiance avec ce qu’ils sont.
        Après 2 mois dans l’ établissement, je trouve l’équipe éducative attentive,respectueuse et la pédagogie adaptée. Ce sont de bonnes bases pour renouer avec la scolarité et s’épanouir.

      • FERRET dit :

        Bonjour Anne,
        Je cherche à avoir un entretien avec la directrice de l’école Gusdorf dans le cadre d’un mémoire de travailleur social sur le décrochage scolaire chez les EIP. Entretien refusé sous motif de trop de sollicitations.
        J’aimerais absolument obtenir cet entretien parce qu’au niveau de l’Education Nationale la transparence a été complète alors qu’au niveau des écoles spécialisées c’est l’opacité totale. Or ça me désole de ne pouvoir avoir de renseignements fiables puisqu’indirects.
        Pourriez vous d’une façon ou d’une autre m’aider à obtenir un rendez vous auprès de Madame Dussausse ?
        Merci

  6. sween dit :

    Comme Marie , je fais parti des 145. j’ai passé 3 ans à L’institut Beaulieu. Je peux rassurer Elisa. j’ai décroché un Bac A sans mention et après avoir redoublé. je suis aide soignante. je ne considère pas avoir raté mes études ni ma vie. j’ai juste une vision différente des choses.
    Quoi qu’il en soit nous restons des enfants et des adultes incompris car nous ne rentrons dans aucun moule de la société.

  7. tal dit :

    Moi même maman de 2 enfant précoces une fille de 22 ans et un garcon de 15 ans. Ma fille a « sauté » une classe, la 6ème, cela a été terrible par rapport aux autres élèves mais aussi par rapport aux parents et surtout les profs qui ont très vite été déçus de ne pas avoir affaire à un singe savant et qui ont très souvent humilié ma fille devant les autres élèves. J’ai du la changer de collège et surtout ne rien dire pour ne pas la marginaliser. Elle a eu son bac mais à 20 ans, au bout de 3 fois et sans mention. elle a un QI de 131…..
    Alors les galères c’est vrai et les solutions pour des parents provinciaux et d’un milieu social moyen il n’y en a pas.
    J’ai du me battre sans arrêt, essayer d’expliquer aux profs que c’est l’intérêt de l’enfant qui doit prévaloir, qu’il ne s’agit absolument pas de vantardise mais bien d’une demande d’aide, j’ai même été jusqu’à donner des livres sur le sujet pour qu’il comprennent, mais rien.
    Au jourd’hui, mon fils qui suit normalement le cursus, va redoubler sa seconde et si je m’y oppose il sera viré de son lycée.
    Il court droit à l’échec scolaire (on m’a déjà proposé un lycée technique)
    Il a un QI de 140..

  8. Sebai dit :

    Bonjour,

    Mon fils vient de réaliser une année, en 6ème à Gusdorf. Le système y est malsain. Sous couvert d’une pédagogie innovante, l’école a mis en place un système délétère d’alertes destinées à distinguer les enfants qui sont capables d’une très grande facilité de ceux qui à cause de leur profil hétérogène sont plus difficiles à canaliser. Hors délais pour la réintégration dans dans d’autres établissements publics ou privés, la directrice nous annonce que notre fils n’est pas en adéquation avec l’école. A la suite de cette discussion, nous avons appris que d’autres enfants de l’école partaient dans les mêmes conditions et que cela était le cas chaque année : les classes se vident des enfants qui ne sont pas en adéquation avec leur système. Un système dans lequel la psychologue scolaire donne des alertes aux enfants, certains enseignants utilisent un langage grossier, voir harcèlent t les plus faibles en stigmatisant leur fragilité en telle ou telle matière, pendant les cours et devant tous les enfants. Exp: « Ne pas savoir faire une divisions en 6ème, c’est abuser », en imitant un déficient mental : Je m’appelle untel et je n’ai pas de cerveau ». Notre fils s’est très tôt révolté contre le système de l’école et se faisant il récoltait de nombreuses alertes de comportement. Or ce sont les adultes qui encadrent l’école qui sont incompétents notamment dans ce qui semble être la colonne vertébrale de l’école : incompétence dans la prise en compte de la précocité. En un an nous avons dépensé 9 000 euros voyage scolaire compris. Les frais de scolarité pour l’année suivante n’ont pas été remboursés et nous nous retrouvons dans le même désarroi qu’il y a un an : qu’elle est la structure adéquate, bienveillante, juste et claire, droite dans ses bottes pour accueillir des enfants précoces? Si vous avez truvé une solutions, merci de nous en faire part ! Myriam
    P.S. si d’autres parents dont l’enfant est à Gusdorf ou a été à Gusdorf souhaitent nous contacter : myriamdjibouti@gmail.com

    • Memepasmal! dit :

      J’espère que votre témoignage encouragera d’autres parents à se manifestés,pour dénoncer auprès de la direction diocésaine puis au rectorat de votre département.
      Je vis ce cas similaire au votre pour notre fils dys/hp dans un établissement privé qui prône l’accueil d’enfants dys,,,,que de la poudre de perlimpinpin!!!!!avec 34 élèves par classe,des profs qui démissionnent face à une classe tres tres hétérogène , a la pédagogie sanction ou le prof a LE DROIT de vanner certains élèves en publique à les faire pleurer.
      Ce rapport entre profs et élèves ou bien sûr le respect n’y est plus ,nourrit toute la violence chez nos ados sélectionnés depuis la primaire!
      notre seul lumière est d’espérer que d’une part le prochain établissement soit belle et bien à l’écoute enfin des dys/hp et d’autre part que notre fils en liste d’attente soit admis.
      Nous ne savons plus où aller,ce sera que le 3em.etablissement qui nous fracasse!
      Ou la perte de confiance née chez notre ado bientôt 14 ans envers ses adultes dit « pédagogue  »
      Je vous souhaite bien du courage pour la suite,l’école idéal n’existe pas , mais je crois en une,LA rencontre humaine qui peut tout changer.



:) :-D 8) :oops: :( :-o LOL :-| :-x :-P :-? :roll: :smile: more »

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