Apprendre à lire à la maison
Apprendre à lire est un pas important dans la vie d'un jeune enfant, cela marque une véritable étape pour lui, dans son développement personnel, mais cela marque aussi un tournant dans le regard que portent sur lui les adultes.
L'apprentissage de la lecture est considérée par certains sociologues comme un rite initiatique, un passage vers le monde des grands
Le plus souvent en France, les enfants apprennent à lire en classe de CP - c'est à dire dans l'année de leur 6 / 7 ans - avec leur instituteur(trice). Mais certains sont demandeurs bien plus tôt, parfois dès l'âge de 3 ans.
Dès lors qu'ils sont en demande, pourquoi leur refuser l'accès à ce savoir qui participera pleinement à leur épanouissement & leur permettra d'acquérir une nouvelle forme d'indépendance !?
Il m'arrive de lire, sur certains forums où il en est question, des messages revendiquant un refus total de laisser grandir trop vite ces enfants. Un désir clairement formulé de les garder dans l'innocence & l'insouciance de la prim' enfance le plus longtemps possible. Bien...
Mais en quoi apprendre à lire détruira l'innocence ou l'insouciance des enfants ??? ![]()
Drôle d'association d'idées !? qui résulte, à mon avis, plus d'une confusion dans l'esprit de ceux qui argumentent en ce sens que d'une réalité tangible...
Est-ce une bonne chose que de vouloir à tout prix retenir un enfant désireux de lire dans une position de "bébé" qui ne l'épanouit pas !? Pas pour moi.
Je crois qu'il faut accepter de suivre le rythme de chaque petite personne (car un enfant est une petite personne, qui doit être respectée & considérée comme telle, c'est à dire différente de ses parents, avec des besoins & des envies qui lui sont propres), sans anticiper, mais sans freiner non plus.
Sous couvert de dénoncer une pression très forte émanant de certains parents envers des enfants non-demandeurs (ce qui arrive effectivement, dans certains cas) ces gens opposés à l'apprentissage précoce de la lecture (& ce, quels que soient les enfants qui le souhaitent) vont dans l'exact sens opposé & voudraient obliger tous les enfants à végéter & s'ennuyer. Sans considération des différences de tempérament, de maturité... & de capacités intellectuelles, tout simplement.
Uniformiser le monde n'a jamais été une solution, & c'est aussi valable en matière d'apprentissages
Quant à opter pour l'attitude "laissons-le faire, il apprendra tout seul s'il en a vraiment envie", j'estime qu'il n'y a rien de plus stupide & irresponsable comme réponse à la demande d'un petit. Se défausser sur l'enfant ne vaut pas mieux que de le faire sur l'école.
Nous, parents, sommes acteurs principaux de l'éducation de nos enfants. Notre rôle est d'accompagner, d'aider, de soutenir. Pas seulement de nourrir, loger & habiller ! Il n'est pas juste de tout attendre de l'école, & encore moins de laisser un zébrillon se débrouiller seul avec sa soif de connaissances, ou face à des souffrances.
Quand j'entends ou que je lis ce genre de discours, ça me fait mal pour les enfants qui sont nés dans des familles aussi peu concernées par leur développement & leur bien-être, & qui auraient besoin de tellement plus d'attention
Je crois que comme pour tout, il faut une réflexion au cas par cas, toujours avec de la modération & du bon sens !
Ne surtout rien forcer ou imposer, mais ne rien refuser si la demande vient de l'enfant lui-même
Tous les petits zèbres ne sont pas en avance sur le plan de l'acquisition de la lecture (comme du reste !).
Il y en a au contraire qui ne sont pas du tout prêts pour cela avant leur entrée en CP & ne manifestent strictement aucune envie de lire, aucune forme de curiosité face à cela. Et ça ne remet absolument pas en cause leur surdouement ![]()
Il ne faut pas confondre "haut potentiel" & "précocité", comme c'est malheureusement souvent le cas dans l'esprit de beaucoup, qu'ils soient parents d'élèves, profs, famille, amis.
Un enfant surdoué n'est pas nécessairement en avance.
Il peut l'être, c'est vrai, mais il peut aussi être tout à fait dans la norme sur ce point-là, & avoir développé des performances hors du commun dans d'autres domaines plus confidentiels, mais tout aussi importants à ses yeux.
L'amalgame résulte de l'utilisation quasi-systématique dans l'enseignement, dans les médias, du terme très politiquement correct (ô combien trompeur) "enfants précoces" (ou EIP - Enfants Intellectuellement Précoces). Et ce dans le but d'éviter de froisser la susceptibilité de certains qui voient dans l'utilisation de mots moins confusants tels que "surdoués" ou "à haut potentiel" une attaque personnelle & une volonté élitiste !
Or c'est pourtant bien cette notion de précocité, d'avance sur les autres, qui induit dans l'inconscient collectif la nécessité absolue d'apprentissages anticipés, pour ces enfants s'ils veulent que leur différence soit reconnue & acceptée sans discussion. Combien d'enseignants remettent ouvertement en cause le diagnostic du psychologue, sous prétexte que l'enfant ne manifeste pas en classe des connaissances plus poussées ou une allure plus rapide ? ![]()
Ainsi ces enfants, surdoués sans être pressés, sont doublement confrontés à des difficultés :
- celles, classiques, liées à leur surdouement : incompréhension, douleurs quotidiennes dans les relations aux autres
- celles, plus insidieuses, liées à la suspicion permanente de leur entourage concernant leur capacités : doutes, non-reconnaissance de leur identité zébrée
Ceux qui s'intéressent très tôt à ce monde mystérieux qu'est la lecture - bien avant l'âge usuel - vont en général très vite dans l'acquisition des mécanismes de lecture, d'identification & de compréhension des sons.
Ils ont souvent beaucoup observé autour d'eux, cherché à déchiffrer leurs livres, les consignes des fiches de travail de l'école, les emballages en faisant les courses avec leurs parents. Tant & si bien qu'ils ont la plupart du temps déjà compris le processus, avant même de demander à apprendre à lire (certains apprennent d'ailleurs à lire entièrement seuls, à la grande surprise des parents qui tombent des nues quand ils s'en aperçoivent !).
C'était le cas de mon zébrounet ! Il avait déjà repéré tous les sons simples (consonne + voyelle du type LE, BO, TI, CA, etc.) de lui-même quand j'ai acheté les méthodes de lecture. En conséquence, nous sommes très vite passés sur ces sons qui étaient une évidence pour lui. Il les ressentait instinctivement & les lisait sans problème, ce qu'il voulait savoir, c'était le reste
Mon travail a essentiellement consisté à lui expliquer les sons complexes (du type OU, EN, BR, ILL, etc.) qu'il n'avait pas encore analysé par ses propres moyens, & à lui apprendre les règles de ponctuations (différents type de points, virgules, majuscules, guillemets, etc.) qui permettent de comprendre ce qui est lu.
Voici la méthode principale de lecture que j'ai choisi (méthode syllabique, vraiment très complète, bien conçue, & agréable à parcourir :up: ) :
Et en complément (méthode elle aussi syllabique, mais à ne pas utiliser seule, car trop incomplète & succinte. Elle a également l'énorme désavantage d'être très illutrée ! TROP !!! L'enfant est amené à deviner, pas à lire. Mais en dépit de cela, certaines présentations sont intéressantes dans cette méthode, à condition de ne pas en faire l'outil principal de l'apprentissage
) :








Bonjour,
Je voulais juste aller dans ton sens, je pense qu’il ne faut pas pousser l’enfant mais qu’il est important de l’accompagner dans sa démarche s’il est « demandeur ».
Mon fils, qui a 5 ans et demi, a commencé il y a quelques mois à déchiffrer toutes les lettres qu’il voyait partout. Et, très vite il a commencé à compter les syllables dans les mots et à les lire.
Nous l’avons donc aidé dans cette démarche en répondant à ses questions : c’est quoi cette lettre ? ça fait quel son ? comment ça s’écrit tel mot ? etc. J’ai ainsi acheté un livre sur les syllabes dans la collection l’imagerie de la lecture niveau 1, qui est bien fait. D’ailleurs pour les petits zèbres qui posent beaucoup de question je trouve que cette collection est très bien faite, pour en avoir un certain nombre à la maison de l’imagerie du corps humain, en passant par l’histoire, les pirates et les chevaux etc..
Voilà, aujourd’hui il sait quasiment lire, il a encore un peu de mal à intégrer les explications du genre « au » ça fait le son « o », que le t, le d voire le s à la fin des mots ne se prononcent pas..etc.
C’est là qu’on se rend compte de la complexité des règles et des nombreuses exceptions de la langue française! Je pense acheter le livre l’imagerie de la lecture niveau 2 et du coup je vais regarder également le livre chez hachette.
Désolée c’est un peu long!
« L’amalgame résulte de l’utilisation quasi-systématique dans l’enseignement, dans les médias, du terme très politiquement correct (ô combien trompeur) « enfants précoces » (ou EIP – Enfants Intellectuellement Précoces). Et ce dans le but d’éviter de froisser la susceptibilité de certains qui voient dans l’utilisation de mots moins confusants(?) tels que « surdoués » ou « à haut potentiel » une attaque personnelle & une volonté élitiste ! »
Je ne suis pas tout à fait d’accord avec cette affirmation, je ne la sens pas juste…
Je crois que justement, il peut y avoir précocité sans forcément haut potentiel : le rythme d’apprentissage et de développement diffère. De nombreux sites évoquent d’ailleurs une détection chez le tout petit grâce aux repères habituels de développement, accélérés.
Peut-être que ce sont là différentes facettes d’un même problème ou bien différents problèmes, mais entrer dans des considérations sur l’aspect politiquement correct me semble un peu « limite » : je comprends qu’on ne veuille pas parler de « surdon » quand un enfant a un QI de 125 / 130 et qu’il va seulement un peu plus vite que la moyenne. Surdoué évoque en effet, dans le sens commun, des capacités comme celles de Mozart, inévitablement remarquables… non ?
Hors quand on parle de 5% de la population, il ne s’agit pas de 5% de Mozart…
et puis même, c’est comme la couleur de peau tout ça : il y a le très pâle qui doit mettre de la crème solaire indice 1000 et le tout noir qui doit faire attention aux carences en vitamines, et puis tous les intermédiaires, la dénomination est toujours délicate. (mais je m’égare, non ?)
Tout ça pour dire que le pb au centre n’est pas la considération portée au surdoué, mais les moyens que l’on donne à chacun pour s’épanouir, soit bien peu en ce qui concerne l’ed. nat.
Et il m’est effectivement toujours un peu choquant d’entendre parler et plaindre une catégorie d’apprenant qualifiés de surdoués, c’est un paradoxe avouable, non ?
Reste que je comprends le sens de votre article et que je partage globalement votre avis.
Merci pour les livres conseillés, j’hésitais justement sur le hachette depuis un petit moment…!
Jeter un œil du côté de la pédagogie Montessori m’a paru également utile à tout point de vue… même si l’écriture y est mise en avant avant la lecture, l’esprit de cette forme d’enseignement, qui privilégie l’autonomie d’apprentissage, me semble excellent.
Z ou pas, j’ai connu des choses très proches de tous les Z décrit par ici
amitiés,
Marion.
Merci pour le conseil des livres : je me demandais justement que faire avec ma petiote de 3 ans qui veut apprendre à lire. Car le numéro 2, lui, a appris absolument seul (je n’ai que répondu à ses questions), alors je me trouve bien désemparée pour trouver une méthode fiable.
Et merci aussi pour ce blog, cela me rassure, et me donne de l’énergie pour continuer, à chaque fois que je viens vous lire !