Un petit Z au quotidien
La vie avec un petit zèbre n'est pas toujours simple ; elle est en fait loin d'être de tout repos. A la fois passionnante & épuisante, je la définirais comme un subtil mélange de questions bombardées par vagues, en alternance avec une recherche quasi-perpétuelle de redéfinition des limites
Chaque enfant, comme chaque adulte, est un être unique, & bien sûr chaque zébrillon... aussi !
Ses zébrures seront toujours singulièrement différentes de celles d'un autre Z, même lorsqu'on peut y voit certaines ressemblances, ou remarquer certains échos en discutant avec d'autres parents d'enfants surdoués, en lisant des témoignages.
Cette page n'est donc pas à considérer comme le manuel du parfait parent de petit zèbre, mais comme une tranche de vie.
Au delà de l'appétit d'activité permanente, des angoisses existentielles récurrentes, du besoin d'attention & d'affection constants, de l'impatience caractérisée & des colères (le seuil de tolérance à la frustration des surdoués est souvent très faible !), de la remise en question incessante des limites & des règles de vie de la maison (la négociation est un art que le petit zèbre aime pratiquer & dans lequel il excelle !
) qui font partie du quotidien de la plupart des parents de jeunes zèbres, il y a aussi le questionnement !!!
Continuel, incisif, certaines fois pesant tant il est omniprésent.
J'essaie toujours de répondre au mieux à ses interrogations, c'est à dire de façon
- précise (lui comme moi sommes des obsessionnels de la précision des idées, des mots)
- juste (dans le sens de vrai, mais aussi de honnête : sans mensonge ! Sans niaiserie dont on abreuve généralement les enfants)
- intelligible (ce qui n'est pas toujours évident, selon les sujets abordés)
Et ce en lui présentant toujours quand cela est possible différents points de vue. Car il est important qu'il sache que mon opinion sur quelque chose n'a pas valeur de vérité incontestable, il peut avoir une idée différente, ou on peut échanger des avis. Le dialogue n'a d'utilité que s'il est ouvert & sert d'échanges.
Je n'hésite pas non plus à dire que je ne sais pas, quand c'est le cas !
Selon les situations, j'explique que je me renseignerai, ou je propose que l'on fasse une recherche ensemble dans un bouquin, sur le Net. Ça lui montre que les adultes bien sûr ne savent pas tout (
), & que quand on se pose une question il faut creuser, aller chercher des éléments de réponse, puis y réfléchir.
Les enfants précoces ne sont pas tout à fait des enfants comme les autres, mais comme les autres, ce sont des enfants.
Dr Olivier REVOL, pédopsychiatre. Extrait de "Même pas grave ! L'échec scolaire ça se soigne"
Ainsi chaque jour a son lot de questions, & chaque réponse appelle d'autres questions toujours plus poussées... en toutes circonstances
C'est le principe même de la pensée en arborescence (en opposition avec la pensée dite "séquentielle" ou encore "linéaire", qui suit une ligne unique de progression). Cette pensée en arborescence se caractérise par une cascade d'idées, une profusion d'hypothèses & de nouvelles questions à l'évocation d'une seule notion de départ qui sera aussitôt mise en lien avec beaucoup d'autres éléments.
Des connexions se créent instantanément dans le cerveau entre différents sujets. Chaque concept se divise & se subdivise encore & encore en de nouvelles pensées, associations d’idées, analogies & une trame prend forme dans l'esprit de l'intéressé.
Pensée qu'il faut souvent encadrer car elle est sans limite si on la laisse filer librement, ce qui peut être source de grande angoisse chez les plus petits Z. Ce peut être aussi relativement improductif sur le plan scolaire, l'éloignement du sujet de départ étant trop franc, la réflexion se disperse & se perd finalement car elle ne correspond plus aux attentes du professeur ou de l'instit.
Exactement à la manière de l'arborescence de fichiers informatiques !
Exemple type d'un après-midi d'été passé à faire le tour de la question des pièces d'identité & du permis, tout en faisant d'autres choses.
Ça avait commencé gentiment à la piscine, par
- Comment & où sont fabriquées les pièces d'identité ?
Puis,
- Qui les délivre ?
Ce qui a donné lieu a une explication de ma part sur les différentes pièces & les moyens de les obtenir, etc. Entre temps nous avions plié les affaires de piscine & nous nous étions changés. On quittait la piscine & j'étais au volant quand on en est arrivés au permis de conduire ! Questions à tout va sur ce sujet, sur le papier rose, sur les 12 points, sur les points retirés, etc.
Avant de rentrer à la maison je devais aller chercher quelques fruits & légumes, & au beau milieu du rayon frais du supermarché, il a voulu savoir en détails comment se passait l'examen du permis de conduire. Donc explications du passage de l'examen de Code, puis de l'examen de la Conduite tout en choisissant pêches, abricots & salade ![]()
Je me souviens du regard d'une vieille dame à côté de nous, qui devait se dire que je n'étais pas très claire pour discuter ainsi de permis de conduire avec mon enfant de 4ans & 1/2... ![]()
Enfin, sur le chemin du retour dans la voiture il a voulu connaître tous les panneaux que l'on croisait. Arrivés à la maison, après le déballage & le rangement des courses, il a donc fallu prendre mon livre du Code de la Route que j'avais conservé & nous avons passé le reste de la journée à regarder chaque panneau (depuis il est incollable sur le sujet, & fait la leçon à son père & à ses grands-parents quand ceux-ci roulent plus vite que la vitesse autorisée, fait ses commentaires sur qui a ou non la priorité, etc.
)
C'est un exemple parmi tant d'autres, un jour ordinaire... Ça peut sembler sympa (ça l'est ! je ne dis pas le contraire... c'est passionnant d'avoir un enfant qui est intéressé par tout ce qui l'entoure), mais à la longue, tous les jours sur ce mode sans aucun répit, c'est parfois usant & stressant.
Etre assaillie de questions ne permet pas le calme & le silence intérieurs & c'est ça qui est fatiguant sur le long terme. Car notre zebrounet pose BEAUCOUP de questions, mais est en plus, un véritable moulin à paroles !!!
Depuis tout petit, nous le surnommons "Professeur Rollin", car il a "toujours quelque chose à dire"
Un avis (souvent très juste par ailleurs, pas un simple avis lancé dans le vide pour le plaisir de blablater) sur tout, & tout le monde...
C'est aussi quelque fois très difficile à gérer vis à vis du monde extérieur. Pour répondre du mieux possible à ces vagues d'interrogations, il faut être capable de se mettre dans une bulle, de ne pas prêter attention au regard des autres & à leur jugements. Par exemple, alors qu'il avait 4 ans, il avait voulu savoir ce que devenaient les gens morts (où étaient-ils placés, comment pourquoi & par qui étaient-ils habillés, etc.). Tant & si bien qu'il a sorti à sa maîtresse de l'époque, alors qu'elle parlait à la classe de la défunte grand-mère d'une petite-fille, qu'elle n'était pas "allée au ciel" comme elle l'affirmait, mais qu'elle été morte, de façon définitive, & avait été soit incinérée, soit inhumée... Je vous laisse imaginer la tête de la maîtresse (qui, en plus, ne pouvait pas contester ce que mon zébrillon affirmait, puisque c'est une réalité !).
C'est le genre de situations qu'il faut savoir affronter quand on a un enfant surdoué !
Nombreux sont les gens ne voyant pas l'utilité de parler de la mort, du processus de cristallisation du sucre ou des conditions d'obtention d'une carte bleue à un enfant de 4 / 5 ans ?! Ils considèrent ça anormal, incongru, voire inquiétant. Ce sont ces mêmes gens qui se contenteraient, eux, d'envoyer bouler l'enfant & sa ribambelle de questions jugées dérangeantes.
Quelques exemples de questions datant des 2 derniers jours passés (le zebrounet aura 6 ans d'ici une semaine) :
- Qu'est-ce exactement que le Big Bang ? Qui peut prouver que cela s'est bien passé comme ils l'affirment ? Si l'origine de l'Univers est le Big Bang, alors nous sommes tous d'origine extraterrestre ?
- Et si nous étions des êtres minuscules dirigés par des géants, comme des marionnettes ?
- Qui a inventé l'alcool ? Pourquoi ? Pourquoi les gens boivent-ils de l'alcool si ça les tue ?
- Qui a inventé le sucre ? Quand ? Pourquoi ? Comment fabrique-t-on des morceaux de différentes formes ?
- Pourquoi l'homme veut-il exploiter les plus pauvres ?
- Qui a inventé les lois ? Existe-t-il des pays sans loi ? Comment se fait-il que ni les lois, ni la prison ne suffisent à faire peur aux voleurs ?
Peu après la rentrée scolaire de septembre 2009, alors que je parlais avec son institutrice, cette dernière me dit d'un air pincé :
"Mais il est bien compliqué votre fils"
Oui... & non ! il n'est pas compliqué, il est seulement hors norme, au sens strict du terme (= hors la norme ! Autrement formulé : en décalage important par rapport à la majorité des enfants de son âge). Mais la majorité ne fait office de référence que de par son poids & son ampleur. La masse écrase tout, avec la légèreté bulldozer
Ainsi, celui qui est différent, celui qui sort de cette montagne que représente la norme, se retrouve seul face à tous les autres. Isolé, montré du doigt, & incompris, puisque les critères sont ceux de la majorité. Il est en conséquence inévitable à quiconque ne vibrant pas dans cette moyenne d'être considéré comme "compliqué", "étrange", "bizarre"... au regard des modèles référents de cette écrasante majorité.
Ce qui ne signifie pas que, dans l'absolu, cette personne en marge du plus grand nombre, soit réellement étrange. Si on change de point d'observation pour se placer en dehors de la moyenne, les repères changent eux aussi & les données basculent dans une autre normalité...






Re-bonjour!
J’admire… Je prends le temps de vous lire et je dévore tout ce qui me passe sous les yeux.Après la métaphore du guépard je reviensprendre une dose de Zébrounet et cela me fait un bien fou. Il est vrai qu’en ce moment je passe beaucoup de temps (et oui, toujours et encore!) sur le net à la recherche d’infos et qui sait, de clefs, pour mieux « aider » mon zèbre à moi…
Ce n’est pas gagné. Mon homme et moi nous interrogeons sur la nécessité de prévenir l’instit, sur la façon de le faire, etc.
En fait, nous ne sommes pas sur la même longueur d’ondes à ce sujet mais, somme toute, c’est bien normal. Nous n’avons d’ailleurs pas réagi pareillement à l’annonce des « zébrures ». Alors que lui prend la chose avec beaucoup de sérénité, cette « révélation » me fait l’effet d’une grande claque!!! Si, si! Comment ne m’en suis-je pas aperçu avant??? Et blablabla.
Vous connaissez la suite.
Ce commentaire n’a rien à voir avec l’idée de départ que j’en avais puisqu’il s’agissait seulement d’approuver le processus des questions vairées, incessantes aussi et souvent décalées (comparées aux questions dites « normales pour un enfant de cet âge ») des petits zèbres.
Le mien est plus grand mais votre article m’a rappelé des épisodes datant d’il y a quelques années quand mon zèbre, en voiture, ne cessait de commenter les panneaux, la vitesse,etc., et partait dans de grands questionnements/questionnaires, auxquels je mettais fin lorsqu’on arrivait à la maison!
Aurais-je dû le laisser s’exprimer jusqu’au bout? Certainement, nous ne serions pas en « guerre » comme nous le sommes aujourd’hui. Le mot peut paraître fort mais notre relation tient vraiment du « combat » quotidien; Moins depuis l’annonce faite « du zèbre » mais quand même.
Il va nous falloir du temps pour que nos échanges redeviennent sereins, en tout cas c’est ce que j’en pense maintenant (du moins je l’espère).
Vous vous demandez peut-être pourquoi je n’étais pasplus attentive aux signes, messages qu’il m’envoyait : je dirai simplement, et CE N’EST PAS une excuse, que mon zèbre n’a aucune aptitude à gérer la frustration et qu’il n’acceptait pas (et peut-être encore aujourd’hui) le fait qu’il n’est pas le seul enfant de la famille et que son frère et sa soeur ont eux aussi envie et besoin que papa et maman leur accordent de l’attention, du temps et que leur amour s’étend à l’ensemble de la fratrie.
Désolée, je me suis laissée emporter (comme d’habitude!!!) par un flot de pensées…
En général, je les garde pour moi (je commence tout juste à les « poser » sur papier!) mais j’ai vraiment eu besoin de faire part de tout ce fatras!
Je vais m’abstenir de commenter pendant un certain temps je crois… histoire de faire le point par moi même et d’aller plus loin dans mes démarches personnelles d’un point de vue psy!!! Aïe!
C’est le mot qui fait mal, vraiment. Savoir ou ne pas vouloir savoir, tel est le dilemne.
Alors PEUT-ETRE à une prochaine fois et merci encore pour votre blog qui, s’il ne donne pas de « clefs » aux interrogations quotidiennes, met en lumière un certain nombre (pour ne pas dire un nombre certain) de non-évidences.
Re-merci et continuez d’écrire… vous le faites si bien (aucune flatterie dans mes propos!).
« qu’il n’acceptait pas (et peut-être encore aujourd’hui) le fait qu’il n’est pas le seul enfant de la famille et que son frère et sa soeur ont eux aussi envie et besoin que papa et maman leur accordent de l’attention, du temps et que leur amour s’étend à l’ensemble de la fratrie. »
Etes-vous sûre de celà ? N’est-il pas simplement chronophage ?
Je suis certaine qu’il est capable de comprendre qu’il n’est pas tout seul et qu’il en faut pour tout le monde, et cela, sans frustration !
Pas sûre qu’elle ait tort, j’ai une collègue mère de trois enfants qui a exactement le même problème. J’ai d’ailleurs les trois en cours, alors je suis bien placée pour la comprendre. C’est l’aîné qui fiche le boxon. Apparemment, il ne peut pas s’arrêter de parler à la maison, ce qui fait que les deux plus jeunes (une fille et un garçon) sont terriblement frustrés. Pourtant, les parents ont consulté des spécialistes depuis longtemps, mais pas moyen de le faire taire (en cours c’est relativement pareil, il peut être marrant l’aîné, mais vraiment casse-pieds, d’ailleurs il suffit qu’il soit absent pour que l’ambiance dans la classe s’apaise radicalement). Sa soeur en classe est angélique, mais le petit frère, qui est en maternelle, est très difficile à tenir. Il est toujours en train de faire des bêtises, il est insolent, il désobéit dès que mon attention se porte sur quelqu’un d’autre. Il vit très mal le fait d’être écrasé chez lui par son frère, qui n’est pas un modèle à suivre, et sa soeur qui est par contre un modèle. Et je peux vous dire que les parents se préoccupent beaucoup du problème…
Tout d’abord Bravo pour ce blog à la fois perso pour les anecdotes et bien fournis pour les liens et autres articles!!
En tant que parents de Z, nous avons tous en tête ces questions incessantes!
Quand les autres enfants demandent pourquoi et se satisfont d’une réponse, les Z demandent pourquoi ET comment bien souvent et chaque réponse renvoie à une nouvelle question…
Ah ce temps de silence après une réponse donnée! Avec le temps nous apprenons que la suite arrive, qu’elle se prépare et peut-être parce que nous sommes plus dispo en voiture, mais c’est souvent des temps de questionnement et d’échanges ces trajets en voiture!! (et forcément tôt le matin quand on les emmène chez la nounou/à l’école avec, pour ma part mes neurones encore pas totalement connectés) ou au petit déj…
Ce matin par exemple nous avons eu » Pourquoi c’est nous qui sommes nés? On aurait pu être quelqu’un d’autre »… Il était 7h15…
Ah cette question, je me la suis posée aussi telle quelle des centaines de fois dans ma tête, après l’avoir posé tout fort et obtenu une réponse du style: « c’est incohérent ce que tu dis »…
Je conseille un super livre pour les zèbres, accessible et très sympa. Il parle de l’univers, de sa création, des différents chercheurs qui ont bossé sur le problème, etc.
« Une histoire de tout, ou presque » par Bill Bryson( « a short history about everything »). C’est un livre pour adultes mais bon…
Cela répond à bcp de questions de nos cocos, du genre
« on sait combien pèse la terre, mais qui l’a pesée et comment? »
« c’est quoi la demi-vie d’un rocher? »
Bon cela ne répond pas à tout bien sûr. Mais c’est un début.
Mon fils m’avait demandé, aussi à 4 ans 1/2, dans le train « c’est quoi l’euthanasie? c’est quand les médecins tuent des patients pour libérer des places à l’hôpital? »
« Mon fils m’avait demandé, aussi à 4 ans 1/2, dans le train « c’est quoi l’euthanasie? c’est quand les médecins tuent des patients pour libérer des places à l’hôpital? » »
J’adore ce genre de réflexion !
C’est excellent je trouve.
Ma fille à 3 ans, avec son imagination débordante, racontait un soir que « dans sa vie d’avant » elle avait été fourmi, chat, zèbre, girafe et que sais-je encore. Mon fils de 6 ans, très terre à terre, ne supportait plus qu’elle raconte ce genre de chose et essayait de la convaincre que les vies antérieures n’existent pas. Sa soeur sans se démonter lui a lancé: « Si les vies d’avant existent, j’ai même été un mouton alors t’as qu’à voir ! » et son frère, d’un ton docte lui a rétorqué: « Avant de naître on n’existe pas, et lorsqu’on est mort, on n’existe plus ! C’est aussi simple que ça…. »
Une autre petite perle de mon fils de 9 ans. Il y avait un reportage à la télé sur les enfants battus ou maltraités. Il me dit « Vu comme c’est difficile et même épuisant d’élever des enfants, je me demande pourquoi certains ne font ça que pour les maltraiter après… C’est pas logique. ». Et oui mon coco…
Bonjour,
Je ne comprends pas de trop pourquoi dans un aussi beau blog, en plein milieu il y a cette phrase qui attire l’oeil: « Les enfants précoces ne sont pas tout à fait des enfants comme les autres, mais comme les autres, ce sont des enfants. » Du fait que vous utilisiez le vocabulaire de « zèbre », je pense que vous avez pris connaissance avec Siaud-Facchin. Dans son livre « l’enfant surdoué », dès le début elle signale que le terme « précoce » porte à confusion, parce que cela voudrait dire qu’il est en avance sur quelque chose. Or, absolument pas, il pense différemment. Pour reprendre son exemple « Un enfant surdoué de 10 ans ne pense pas comme un enfant de 14 ans, c’est-à-dire avec 4 ans d’avance sur son âge chronologique mais pense dans un système dans lequel un enfant de 14 ans ne pensera jamais ».
Vous arrivez tellement bien à décrire le quotidien des zèbres, que je suis ébahi de voir que vous mettiez ce mot de vocabulaire en évidence. Un enfant de 5 ans qui apprend à lire avec ses parents en fin de maternelle est en avance sur les autres, mais cela ne veut pas dire qu’il est zèbre. Dans ce cas, je suis d’accord de parler de « précocité ». Malheureusement, je vois tellement de parents qui croient ou qui espèrent déjà que leur enfant soit zébré uniquement parce qu’il a des meilleures notes que les autres, alors qu’ils ne savent pas que c’est une manière de penser différente, que je me bas sincèrement pour que cette différence soit bien comprise.
Comme vous l’avez expliqué, les zèbres sont hors-norme. Pour moi, les termes de « surdouance » ou « précocité » sont complètement faux, et c’est d’ailleurs pour cette raison que Siaud-Facchin utilise le terme « zèbre » pour nous différencier. À mes yeux, c’est totalement inconcevable de pouvoir laisser sous-entendre qu’un de nos semblables est « en avance ». Non, nous pensons différemment, point.
Ce qui est fondamental également dans cette démarche de différentiation, pour nous, cela nous permet de savoir que les autres réciproquement ne pensent pas comme nous. C’est à dire qu’il faut se remettre en question, c’est nous qui devons expliquer mieux ce que nous voulons dire, parce que nous faisons des liens que les autres ne peuvent même pas imaginer. Alors, que dans notre petite tête avec tous ces neurones qui sont reliés, cela semple « évident », « logique », « simple ». De savoir que nous pensons autrement, nous aide nous à nous intégrer.
Faire croire qu’un jour les « zèbres » et les enfants dans la « norme » auront la chance de penser de la même manière, c’est se tromper de chemin.
Bien à vous et encore merci,
Nicolas
Pour vous répondre brièvement : j’aime bcp cette citation du Pr Olivier Revol, que je trouve ts juste. C’est pourquoi elle est mise en avant sur ce blog
Le mot n’a aucune importance à mes yeux, seule la compréhension de l’idée qui entoure le surdouement en a. Zèbre, précoce, surdoué, à haut potentiel, quelle importance !? Tous ces mots se rattachent à la même chose : un QI ts supérieur à la moyenne (à partir de 130 à la louche) & un mode de réflexion différent (pensée en arborescence, etc.). Il y a pas les « zèbres » qui seraient des surdoués poètes & les surdoués « classiques » (comme j’ai pu si souvent le lire sur certains forums internet)
Je n’ai jamais (ô grand jamais) pensé ni écrit que « qu’un jour les « zèbres » et les enfants dans la « norme » auront la chance de penser de la même manière, c’est se tromper de chemin. »
Perso si je devais choisir, je n’utiliserais que le terme « à haut potentiel » car la notion de potentiel a le mérite, me semble-t-il, de tt dire ts clairement sans être lourdement connoté. Il y a un grand potentiel (haut ! plus haut que chez d’autres… c’est un fait), mais qui reste entièrement à être développé. Avoir un potentiel n’est pas une fin en soi.
On peut utiliser ce potentiel à bon escient pour faire ce que l’on souhaite ds la vie, ds ses études, ou à l’inverse, ne rien en faire de particulier (voire le gâcher). Cependant, notez-bien que le terme retenu par l’éducation nationale (même s’il ne me plait pas des masses) reste EIP (Enfant Intellectuellement Précoce). C’est ainsi, que cela nous convienne, à vous ou à moi ou pas :D
Mais encore une fois, je pense qu’il est vain de se perdre en grandes discussions sur des mots, l’essentiel étant de comprendre la réalité profonde de ce à quoi tous ces termes se rapportent. Et dans ma compréhension des choses, ils se rapportent tous à une même spécificité.
Je finis ce message avec une petite précision, mais qui a son importance : on peut reconnaître que Mme Siaud-Facchin a écrit 2 bouquins de vulgarisation intéressants pour qui ne connait pas du tt le sujet (2 bouquins que je conseille tjrs aux novices), mais, à mon sens, pour tte personne voulant approfondir ses connaissances ds ce domaine, elle n’est plus du tt une référence. Les ouvrages + poussés st nbreux (voir la biblio du blog !)
Elle n’est donc pas ma référence ! Elle est l’un des auteurs incontournables, certes, mais pas à mes yeux THE master (bien loin de là)
Ce serait bien de pouvoir marquer « J’aime », parce que j’adore ta réponse !
EIP, une aberration terminologique! J’étais EIP quand j’étais petite, que suis-je donc devenue?
La précocité ne me convient pas. Je ne suis pas « comme les autres en avance » mais différente… J’ai sauté une classe en primaire et je me souviens qu’à 14 ans, ma prof de math pensait que j’étais immature parce que je ne réagissais pas comme les autres. Encore une histoire d’avance et de retard alors qu’il s’agissait comme toujours de différence.
À 23 ans je suis toujours autant en décalage avec les gens quel que soit leur âge!
Je vous écris car je Vis la fratrie avec l’aînée qui écrase le frère et la soeur. Et dont le deuxième semble « parfait »….. Mon 3 e est un bébé.
J’angoisse terriblement…. Et ce que je lis ne me rassure pas.
Notre premier enfant est suivi par un psy ( spécialisé dans les zèbres) depuis 6 ans… Mais il continue de monopoliser notre temps, d’écraser les deux autres : il revendique, commente, questionne, parlemente,…..
le deuxième m’inquiète aussi. Sa perfection sonne faux. Il est si doux, si compréhensif, si populaire, si fort,… Il est devenu l’antithèse du premier.
Le dernier semble ressembler énormément au premier. Il montre déjà les signes d’un caractère très fort.
Je m’épuise, je perds courage…. Je compte retourner chez un psy aussi car j’en viens à féliciter les comportements standards, à « étouffer » leurs particularités….
Il est déjà si difficile pour nous , les parents, d’être nous-mêmes à l’extérieur, alors l’accepter pour nos enfants est d’autant plus difficile.
Je sens que je m’étale un peu…
Si j’écris, c’est parce que certains commentaires datent d’il y a un moment…. Avez-vous des nouvelles de ses frateries de 3 zèbres ? Certains ont-ils eu connaissances de « trucs » et « astuces »?
Bref, il y a-t-il une suite à ces commentaires?
Merci de m’avoir lu.
Je sens que moi aussi je vais beaucoup lire ;-) il me manque des données ….
Mon fils aîné a 9 ans et j’ai également des faux jumeaux (fille et garçon ) de 5 ans. Tous zèbres. L’aîné est la référence, le modèle des jumeaux, toujours collés à lui, à vouloir faire tout comme l’aîné et ils revendiquent régulièrement les mêmes avantages (se coucher + tard, avoir une nintendo DS, etc). Une situation qui agace très souvent ledit aîné qui voudrait « ne pas avoir de clônes!! ». Mais c’est aussi une situtation qu’il apprécie tout aussi souvent : car il a enfin des camarades de jeu qui comprennent exactement où il veut en venir et qui du fait de leur jeune âge sont tout de même très maléables !!! Bref, ils ont une vraie belle complicité ! Ils connaissent leurs différences mutuelles et parlent librement entre eux de leur haut potentiel et de leur hypersensibilité et de leur façon à chacun d’apprivoiser ces dons !
on est un peu tous confronté aux même problèmes et si Wilfried est enfant unique , il vampirise son père qui dès qu’il a mis un pied dans la maison , doit s’occuper de lui . Il le laisse rarement souffler et réclame toute son attention . Il n’est pas facile de lui faire comprendre que papa a travaillé toute la journée mais il faut être ferme et expliquer qu’il n’y a pas que lui , même si ça prend du temps . Et comme il a de l’imagination à revendre , il trouve toujours un moyen ou un autre pour attirer l’attention sur lui . Petite anecdote , je me souviens qu’au cours d’une promenade autour du lac quand il avait 4 ans , il a compté jusqu’à 1000 à haute voix sans s’arrêter , ni se tromper , tout heureux comme si les chiffres étaient des mots magiques , alors qu’il avait tant de difficultés à parler. c’est là si on peut dire que tout à commencé . bonne journée
idem chez nous ; l’ aîné de 7ans est le modèle du 2nd de 3 ans 1/2 ; j’ ai souvent culpabilisé du temps que mon grand zèbre nous avale , en défaveur du petit,qui se positionnait sur des domaines non investis par son frère ( peu d’ intérêt pour les livres , a parlé tard , deteste en apparence apprendre les lettre ,compter etc…) mais très à l’ aise dans les activités physiques , les aspects pratiques du quotidien . En outre le grand phagocyte tout le monde et laisse peu de place à son frère , malgré nos interventions et tentatives de prévention de l’ entourage . Au final , une reelle complicité et un attachement réciproque , un petit frère qui ,en vrai buvard , singe l’ aîné , son héros , et découvre le langage , les livres , les musées à une vitesse déconcertante vu le départ ,mais à sa façon …
au fait , pour l’ anecdote , son instit surnomme le zèbre , avec beaucoup de tendresse , 6-PO