Être parent d’enfant intellectuellement précoce…

Être parent d'un enfant surdoué, c'est tout de même quelque chose de formidable, même si les obstacles sont nombreux sur le chemin (mais les obstacles ne sont de toutes façons pas le propre du surdouement, ils font partie de la vie, tout simplement !) :up:

 

Peut-être essentiellement "formidable" quand on est soi-même zébré !? C'est possible... sans quoi j'imagine que c'est sans doute plus difficile à accepter & à vivre :-? (mais ce serait là un autre sujet, dont je ne peux pas parler, puisque moi-même THQI)

 

Cependant, même en étant soi-même HP, on a parfois envie de s'arracher les cheveux !!! :-x
Car le jeune zèbre est un animal qui demande beaucoup d'attention, d'entretien & surtout, d'énergie. Non content de ces exigences, cerise sur le gâteau, il ne supporte pas les contraintes.

 

En clair : il est une tornade à lui tout seul, & ça n'est pas de tout repos !

 

Les Tribulations d'un Petit Zèbre, le livre du blog !

 

 

 

A la maison il veut tout faire, tout lire, tout voir, tout comprendre & tout entendre des conversations.
Il ne sait pas temporiser, tout doit arriver dans l'instant. Il gère très mal le refus ou la nécessité d'attendre, & ce quelle que soit la situation : que l'on soit au téléphone, en train de travailler, sous la douche, il faut immédiatement être en mesure de répondre à ses demandes.

 

Il est très accaparent, pour ne pas dire omniprésent. Nulle discussion ne peut avoir lieu sans lui : il a un avis sur tout & chaque sujet s'accompagne de son lot de commentaires & de questions.
Impossible d'y déroger...

 

Il y a aussi un côté plus ennuyeux : les pourparlers !
Si je devais choisir une maxime pour définir en quelques mots le petit zèbre, je crois que ce serait sans hésitation :

 

"Ça se discute"

 

 

Car TOUT se discute, tout le temps ! Au sens propre, comme au sens figuré :-D

 

Que ce soit discuter en vue d'échanger des idées... pour ne pas dire certaines fois, vous harceler de questions souvent délicates (en toutes circonstances : devant un film, en voiture, au supermarché, en se lavant les dents). Mais aussi & surtout discuter pour invariablement tout remettre en question, négocier, argumenter encore & encore !!! (ça aussi, en toutes circonstances... LOL ).
Le moindre petit point, même le plus insignifiant & banal, se verra contesté & la faille sera systématiquement cherchée (& bien souvent, trouvée :dots: ).

 

Ce qui laisse parfois en fin de journée une très lourde impression d'être perpétuellement en négociation pour tout & pour rien, & c'est usant !
Vraiment très usant.

 

Et si d'aventure vous affichez le moindre petit signe de fatigue, un semblant de baisse de morale (voire un gros rhume !), dites-vous bien que le jeune zèbre saura tirer avantageusement partie de la situation. Il n'aura aucune pitié & redoublera à coup sûr d'efforts pour gagner du terrain sur les acquis sociaux de la maison !!! :mrgreen:

 

Il a 5 ou 6 ans mais semble bien par certains côtés, dans le verbe comme dans l'attitude & le ton, en avoir 13 ou 14 ! Si on fermait les yeux, on croirait être en face d'un adolescent avant l'heure, avec en prime le sentiment déstabilisant d'avoir pris 10 ans sans même vous en apercevoir 8-O

 

 

Les réflexions sont celles d'un ado excessif & râleur, qui lève les yeux au ciel quand on le reprend & qui part en claquant les portes. Mais finalement, ce sentiment (d'avoir en face de soi un pré-ado ou un ado, quand ce n'est biologiquement encore qu'un jeune enfant) s'explique de manière très rationnelle. Ce n'est pas subjectif, c'est réel & souvent, cela se voit noir sur blanc sur le détail du compte-rendu du WPPSI ou du WISC.

Un enfant de 6 ans qui plafonne sur une grande majorité de subtests obtient des scores moyens (c'est à dire 100, la moyenne étant à 100 & le seuil de précocité à 130) d'enfants de 12 ans... ou plus. En somme, c'est comme si vous aviez dans certains domaines un ado de 12 ans, coincé dans un corps & une gestuelle de 6 ! (c'est une image, car un THQI de 6 ans n'est pas un ado, même si son mode de réflexion se rapproche plus d'une maturité de 12 ans que d'un enfant de son âge biologique).

Bienvenue au pays magique de la dyssynchronie... ;)

 

Les questions existentielles fusent, depuis son plus jeune âge, & vous avez pris l'habitude de discuter origines de l'Homme,  Big Bang & autres questions philosophiques aussi bien en faisant un créneau qu'en choisissant des poires chez Carrefour !
Jamais un moment de répit, & des questions toujours plus pointues, plus poussées qui nécessitent souvent de grandes conversations (le petit EIP adore les grandes conversations, & quand par malheur elles se tarissent, il ne manque jamais de relancer le sujet avec une nouvelle piste de réflexion...).

 

Ses questionnements incessants vous ont permis de devenir champion des recherches encyclopédiques sur des sujets relativement éloignés des préoccupations des enfants de votre entourage.
De la même manière, vous êtes aujourd'hui incollable sur tout ce qui a trait, pèle-mêle, aux dinosaures, à l'ère glaciaire, à la création de l'Univers, aux insectes, à l'espace, à la faune d'Amérique du Sud, à la robotique, à l'Egypte ancienne, à la création des films d'animation 3D, etc.

 

En dehors de la maison ?! Son énergie est tout aussi grande, & son emploi du temps du mercredi est digne d'un agenda de ministre.
Au début, vous l'aviez volontiers inscrit à 1 ou 2 activités dans l'espoir de le fatiguer un peu (... si si, soyons honnête, c'était l'objectif inavoué ! :smile: ), mais très vite, vous avez été pris à votre propre piège ! Et, loin de le calmer, ça lui a au contraire ouvert d'autres perspectives & d'autres envies. Aux premières activités sont alors venues se greffer 2 ou 3 autres choses, histoires de faire de vous un esclave-taxi !!!

 

Chaque mercredi vous courrez d'une activité à l'autre pour le plus grand bonheur de votre zébreau que vous imaginez comblé... quand lui trépigne & ne pense qu'à une chose : parvenir à vous convaincre d'accepter de caler une énième activité supplémentaire dans le petit intervalle libre d'une heure qu'il a, juste entre le kung fu & le violon ! (ce qui vous désespère quand il lance l'offensive... car le zèbre est aussi très tenace & obsessionnel, & il ne lâche pas facilement ! Le combat s'annonce rude & fatiguant...) :oops:

 

Il est terriblement désordonné & il perd tout, tout le temps ! :-x

A l'école, chaque semaine il paume crayons, gomme, stylos... voire même (ne me demandez pas comment !) ardoise !? Après avoir essayé la technique du "je vais lui expliquer qu'il faut prendre soin de ses affaires, qu'il faut être ordonné, que c'est pour son bien qu'il doit le faire" (technique qui fut un échec cuisant), vous vous êtes résigné à constituer un véritable stock de fournitures qui serviront tout au long de l'année scolaire :hypno:

Ce qui a le don de vous énerver prodigieusement, car avec les années, vous avez appris à être ultra-ordonné & organisé (à la limite de la maniaquerie psychopathologique) pour contrer de manière tout aussi radicale qu'exagérée ce gros défaut que vous aviez, vous aussi, étant enfant.

 

Car le zèbre a beaucoup de mal à être modéré :oh:
Être dans un juste milieu, trouver un point d'équilibre est un tour de force pour lui ! Tout est excessif chez lui, il penche naturellement pour les extrêmes & ne semble pas savoir où situer "la norme". Il est toujours "trop" ou "pas assez".
Il est bordélique, ou il vire au contraire ultra-maniaque. Il a une grosse tendance à la procrastination, ou à l'opposé il endosse le costume d'hyperactif qu'on ne parvient plus arrêter.
Et comme le zèbre a une immense lucidité qui lui permet non seulement de détecter les points faibles chez les autres, mais aussi sur lui-même, il sait que ces choses lui sont néfastes. Il en a conscience & quand il se force à rectifier certains comportements gênants, c'est en tombant inévitablement dans l'excès inverse (ce qui n'est pas forcément un mieux, selon les cas...).

 

A l'école, il dérange souvent, il énerve parfois. Tant les enseignants, qui ne trouvent plus leurs repères habituels face à un élève aussi hors norme, que les autres enfants, qui ressentent quelque chose de non conforme, sans savoir exactement ce qui diffère chez lui :!:
Avec un peu de chance il parvient plus ou moins à se fondre dans la masse & se faire accepter des autres ; dans le cas contraire il devient la tête de turc de ses camarades & l'élément gênant pour l'instit.

 

Chaque soir les devoirs sont une épreuve que vous redoutez, & qu'il appréhende certainement tout autant, si ce n'est plus...

Il ne supporte que très difficilement d'avoir à se replonger dans ce qu'il a déjà largement intégré dans la journée. Pour lui, revoir une leçon ou un exercice est du temps perdu. Il se braque, s'oppose, crie, tape des pieds & met toute son énergie à vous démontrer que c'est inutile, parce qu'il sait déjà, parce que ce sont les imbéciles qui ont besoin d'apprendre ce qui a déjà été vu en classe, longuement.

Vous ne cédez pas, car pendant que votre jeune zèbre gesticule devant vous en plaidant sa cause, vous repensez à vos lectures sur la nécessité d'apprendre à travailler & à fournir des efforts, vous revoyez le psy illustrer par de tristes exemples le haut potentiel gâché d'enfants n'ayant jamais appris à se plier à cette discipline scolaire indispensable pour la suite de leurs études.

Là encore vous mettez en place différentes stratégies pour amadouer votre enfant HP & l'amener en douceur à accepter ce moment qui lui semble totalement injustifié (& donc inacceptable, puisque sans fondement logique selon lui !!!). Et ce n'est pas facile tous les jours car ce qui fonctionne un soir s'avérera inefficace le lendemain.

 

Ce petit exercice d'équilibriste présente néanmoins un avantage considérable : ça force l'inventivité ! :-P  
Essayer chaque soir de trouver comment faire passer l'idée qu'il faut faire ses devoirs, qu'il n'a pas le choix, même si ça lui semble absurde & inutile. Cent fois sur le métier remets ton ouvrage...

 

Ça peut faire sourire, dit comme ça c'est sympa & drôle... Mais on arrive parfois à des situations aussi ingérables qu'épuisantes nerveusement, pour les parents, comme pour l'enfant.

Certains enfants surdoués sont - à tort - taxés d'hyperactifs (attention, d'autres le sont réellement ! Il est parfaitement possible de cumuler TDA / TDA-H avéré & surdouement. Mais dans certains cas, aux yeux d'un non-connaisseur, les symptômes faisant penser à une hyperactivité sont confondus avec le propre de la douance & de la fulgurance intellectuelle).

 

Les parents d'enfants à haut potentiel intellectuel sont souvent crevés d'avoir à gérer chaque jour cette énergie débordante & les EIP sont éreintés par ces tensions à la maisons, comme par la dépense d'énergie considérable qu'ils fournissent quotidiennement pour se camoufler & ne pas trop dépasser du moule (scolaire, social).

 

Les grands-parents ont beau tenter d'être rassurants avec des phrases du type :

 

"Mais tu étais pareille à cet âge-là, il va se calmer, tu verras"

 

 

Ça ne vous rassure pas le moins du monde ! Au contraire, cette vérité qui vous saute au visage à chaque fois que vous l'observez ("Il est comme moi, c'est indéniable & palpable") aurait plutôt tendance à vous faire paniquer.
Car vous savez, vous, ce par quoi vous êtes passé pendant l'enfance  & l'adolescence, vous savez la réalité de votre mal-être à l'école, parmi les autres. Toutes les manipulations pour vous travestir, pour cacher la réalité à vos parents, pour ne pas les exposer à votre souffrance qui vous semble infinie.
Et vous craignez aujourd'hui que ce ne soit votre zebrounet qui soit à son tour concerné & souffre seul & en silence pour vous préserver. La seule évocation de cette éventualité vous rend malade :beurk:

 

Mais revenons à nos moutons, inutile d'extrapoler & de partir dans des délires qui relèvent plus de craintes que d'une réalité tangible...

 

Voilà ce qu'est dans les grandes lignes le monde d'un petit surdoué & de sa famille. Pas toujours simple, mais en ébullition constante.

 

L'émulation intellectuelle est journalière & compense finalement très largement les moments plus durs que l'on peut traverser avec ces petits personnes ! :idea: :hearts:

 

 

 

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298 commentaires à “Être parent d’enfant intellectuellement précoce…”

  1. gwenola dit :

    Bonjour,
    je viens d’apprendre que mon fils qui a 5 ans est HPI (après test)… OUFF! je suis un peu soulagée, je comprends mieux mon petit bout, ses cinq années de vie, ses crises émotionnelles (qui m’ont émues aux larmes notamment quand une copine m’a fait un petit bilan raccourci : « il est grognon et pénible! »), ses remarques philosophiques incroyables, ses additions et multiplications…
    Maintenant, nous souhaitons, mon homme et moi, qu’il saute une classe et passe au CP (il est en GS) ; la psychologue y est favorable. Mais, je me demande comment l’aider à rattraper le niveau fin GS et début CP (lecture de syllabes, écriture) ; en effet, il maîtrise la lecture de toutes les lettres mais ne sait pas lire. Qu’en pensez-vous? la méthode de la planète des alphas est-elle efficace, rapide et faisable à la maison? merci
    Gwénola

    • Lélé dit :

      Chez nous au même age, une bonne vieille méthode syllabique.
      En un mois, les enfants avaient décollé de la méthode et n’en avaient plus besoin. C’est à dire qu’ils ont appris les sons complexes par eux même par intérêt pour la lecture.
      Je me souviens que les lettres muettes étaient toujours en grisé. Ça m’a semblé être la clé du succès…

    • Séverine dit :

      Bonjour,
      Je me permets de partager mon expérience avec vous, car si je n’ai pas vraiment de réponses à vous apporter, nous sommes dans un contexte un peu similaire.
      Notre fils a été testé HPI l’an dernier alors qu’il était en MS (après que la psy scolaire nous ait envoyé balader car il fallait que nous laissions notre petit très très immature grandir tranquillement en mettant moins de pression sur ses pauvres épaules… (je ne sais toujours pas quelle pression, à part se demander quoi faire pour qu’il se sente épanoui et heureux à l’école…) c’est limite si elle ne nous a pas dit qu’il était un peu retardé… en tout cas, elle nous a bien fait culpabiliser !…). Heureusement, je connaissais la problématique par mon contexte familial, et étant prof et sensibilisée au pb, j’avais déjà commencé à me former. Je m’étais bien rendu compte, depuis son plus jeune âge, qu’il avait pas mal de caractéristiques d’un enfant précoce (et n’était certainement pas retardé…). Donc on s’est tourné vers une psy qui nous avait été recommandé et qui avait déjà rencontré mon fils plusieurs fois, pour faire le test.
      Suite au test, la psy nous a recommandé de demander le glissement en GS (enfant qui savait déchiffrer les syllabes, additionner, soustraire de petites valeurs). Nous avons fait toutes les démarches, la directrice nous avait assuré de son soutien et nous étions rassuré. Sauf que c’était avant que la directrice apprenne que notre fils n’était pas l’élève modèle et brillant qu’elle imaginait : refus de travailler, en apparence « en échec » (ne comprend pas les consignes trop simples car il cherche où est la difficulté), en opposition constante, mal intégré et parfois brutal avec ses copains puisqu’il ne sait pas comment les aborder… L’équipe éducative qui s’est réunie a refusé le glissement, en prétextant qu’il ne savait pas écrire ni se conformer à des consignes (comme on le lui demandera en primaire) alors que les enfants de GS arrivent tous au CP en sachant écrire. Notre fils n’était pas demandeur et très angoissé, nous n’avons donc pas forcé le passage. En échange, l’école nous a proposé qu’une enseignante spé s’occupe de lui 1h par semaine (1h salvatrice pour mon bout de chou qui pouvait alors s’évader de sa classe…) pour travailler la motricité fine et l’approche de l’écriture.
      Cette année, il a changé de maîtresse. La maîtresse s’est déjà aperçu qu’il est avancé en lecture (il lit, mais pas encore de façon fluide) et nous a dit qu’elle le ferait lire de temps en temps (les titres des histoires, les consignes, etc). Elle a promis de le faire écrire rapidement (il commence maintenant à bien écrire en attaché et s’ennuie un peu lorsqu’il s’agit de reconnaître des lettres ou d’écrire en lettres bâtons…). Mais la maîtresse a l’air de vouloir s’adapter à ses attentes et l’enseignante spé nous avait laissé entendre qu’il valait mieux qu’il s’épanouisse en maternelle avec une maîtresse très ouverte et à l’écoute, dans un contexte où il est chouchouté, puis qu’on verrait bien si le CP était nécessaire. La psy a validé cette proposition car notre bout de chou est vraiment très fragile émotionnellement et que la maîtresse de GS semble très bien. Je ne sais pas si on a fait le bon choix. Il n’a toujours pas de copains en GS (peu d’atomes crochus avec les enfants de sa classe ; il va du coup plutôt avec les plus jeunes car il a peur d’affronter les enfants plus âgés que lui). Mais il nous raconte enfin ce qu’il fait à l’école, et cela lui fait du bien d’être celui « qui sait lire les titres des histoires » et qui va bientôt « avoir le droit d’écrire en attaché », plutôt que « celui qui est toujours en retard et en échec ».
      Pour répondre enfin un peu à votre question : je pense que cela dépend beaucoup des écoles. Dans l’école où est mon fils, les enfants savent tous bien écrire et déchiffrer des syllabes avant d’entrer en CP car la maîtresse de GS met l’accent sur les compétences « pré-CP ». Du coup, il aurait été « en retard » par rapport aux autres en écriture ce qui l’aurait mis en difficulté (il ne supporte pas l’échec). Dans d’autres écoles, les enfants arrivent en CP sans savoir lire autre chose que les lettres et sans écrire du tout (sauf leur nom). Dans ce cas, votre fils sera au même niveau que les autres.
      Personnellement, je n’aime pas trop la méthode des alphas car je préfère appeler une lettre « B » que « Botte »… mais elle a très bonne réputation et il paraît que ça marche bien. Lorsque notre fils a demandé à apprendre à lire, j’ai utilisé la méthode Boscher qu’il a bien aimé au début. Après, il a préféré apprendre tout en lisant des histoires (adaptées au niveau début CP puis milieu CP puis fin CP). Ils ont aussi une méthode d’écriture, mais mon fils n’a jamais voulu l’utiliser…Finalement, j’ai vraiment très peu de conseils… Si ce n’est peut-être : prendre l’avis des maîtresses pour avoir une idée du niveau requis en début de CP et la position de votre fils par rapport à l’échec et aux enfants plus âgés. Selon l’école, les maîtresses et les enfants, peut-être que le saut du CP peut être mieux vécu que le saut de la GS (c’est le pari que nous avons fait… nous espérons ne pas le regretter plus tard !…).
      Bon courage !

    • Krol dit :

      Quand mon fils a sauté le CP il avait des notions de lecture, il avait la méthode syllabique pour lire.Mais les diphtongues etc il ne connaissait pas.

      Alors tout le mois de septembre j’ai pris des fiches pédagogiques faites par des instits sur le net pour lui faire l’apprentissage de tous le CP en un mois en français et en math.

      Comme les devoirs étaient vite faits le soir, on prenait une petite heure pour faire le rattrapage. et le week-end tranquille pour ne pas le dégoutter.

      On a remis ca après la 5eme quand il a sauté la 4eme. on a pris 5 toutes petites semaines des vacances d’été à raison de 2h ou 3 h par jour pour rattraper les cours de 4eme. Le collège nous avait donné les livres et on a travaillé tous les 2. Petit test à la rentrée, réussi et hop rentrée en 3eme. il avait à la rentrée un meilleur niveau que certains 3eme. En allemand une voisine prof d’allemand lui avait donnée des cours.

      Pour a petite histoire la prof principal de 5eme est venu lui dire avant le conseil de classe du 3eme trimestre qu’elle allait proposer le saut de classe. Mattéo a répondu : « ha ben non je peux pas j’ai déjà sauté le CP ». La prof lui dit : ha bon !?…personne n’avait remarqué, parce que physiquement il avait quasi un tête de plus que ces copains. Et finalement le proviseur nous a reçu pour nous dire qu’il ferait tout pour le sécuriser dans ce saut de classe. que si ca n’allait pas il pourrait même revenir en 4eme. Mais je crois que c’était davantage pour le tranquilliser. en sortant du rendez vous Mattéo m’a dit : je tente !

      Mais il a eu le courage de bosser, lui qui ne supporte pas les efforts.

      Maintenant à 16 ans son bac en poche c’est l’administration en général qui nous pose problème. Il devient étudiant et les assurances, mutuelles, banques sont réticents pour l’assurer lui pour le studio, pour avoir une mutuelle seul, pour la carte bleu on m’a découragée de lui en faire une ! et il paie comment ses courses ? son transport, …les écueils arrivent là. Mais je persévère !

      J’ai toujours dit : la société n’est pas prête pour les enfants hors du moule. autant les enfants qui rencontrent des difficultés (de quelles que sorte que ce soit) mais également pour les enfants qui n’ont le même fonctionnement que les autres.

      Il faut rentrer dans le moule !

      Et moi je ne veux pas que mes enfants se standardisent. ils sont comme ils sont. Alors je leur dis d’user de leur cerveau pour avancer sans écraser personne et en restant humble.

      ca fait du bien d’en parler ! ailleurs ce n’est pas possible.

  2. DIANE dit :

    Bonjour
    Je suis la maman de Louis, 12 ans, THPI diagnostiqué en 2013. Je ne souhaite pas résumer mon fils à son QIT donc je ne donnerai ici aucun chiffre mais à ce jour, c’est surtout un enfant en grande souffrance.
    Je voulais juste vous remercier pour ce blog et votre partage d’expérience.
    Notre famille est actuellement dans la tourmente de la précocité, douance ou tout autre terme désignant la zébritude.
    Lire ce blog me fait du bien alors juste MERCI.
    Diane

  3. nadege dit :

    Bonjour,
    Mon fils de 5 ans et demi a été diagnostique HPI l’an dernier en G.S, cette année il est au CP et les inquiétudes ont commencé, comment faire comprendre à son instit que oui il est HPI mais qu’il n’a pas pour l’instant envie d’apprendre à lire, que tous les soirs , nous bataillons mon mari et moi pour lui faire faire ses devoirs, nous sommes dans l’angoisse dès qu’une poésie doit être apprise…etpour finir il est devenu la t^te de turc d’un petit groupe de la classe…Mon enfant souffre , et nous essayons de notre mieux de l’accompagner….

  4. Catherine dit :

    Bonjour,
    Je suis arrivée sur votre blog par hasard, en cherchant des informations sur l’émission de M6 du 22/12.
    La description que vous faites dans cet article, c’est mon fils (bientôt 30 ans maintenant). Les activités qu’on limite à une par soir mais qui finissent à deux plus le mercredi + le samedi… Pour lui, ça s’est terminé en sport de haut niveau avec deux entrainements par jour.
    Toutes les demandes qui doivent être justifiées, argumentées…
    La parole de l’adulte qui n’est pas une vérité absolue (il n’avait pas tort, mais les enseignants n’ont pas l’habitude d’admettre être dans l’erreur ou de prendre le temps d’expliquer pourquoi, à force de simplifier on n’est plus toujours très juste).
    Et puis, toujours cet espoir d’apprendre quelque chose à l’école… et pour les parents qu’il ait besoin de travailler un peu, juste un peu, juste pour apprendre à travailler.
    J’ai eu aussi (avec son apogée en seconde) l’incompréhension puis le refus des contrôles (puisque je sais, ça ne sert à rien de le faire).

  5. AMD dit :

    OUI merci pour ce blog

    je suis maman de 2 enfants EHP en souffrance tous les 2 à cause de l’école

    et parfois, je craque car je ne supporte plus de les avoir pleurer chaque soir

    J’aimerais tant que le système scolaire change….

    Encore, merci

  6. Mariluce dit :

    Je saisis cet espace pour épancher mon trop plein d’impuissance. Je ne raconterai pas tout le parcours, trop long pour un commentaire, mais juste ceci!
    Je connais un jeune adulte « suspecté » de HP mais le contestant, tout en étant en grande souffrance, je me débats pour que ce jeune consulte et il n’obtient des rv qu’avec 3 à 6 mois d’attente, se perd à attendre,s’angoisse et s’enfonce. Les professionnels déjà rencontrés n’ont pas réussi à capter son attention, son intérêt. Veut-il juste un professionnel qui lui dise qu’il n’est pas HP et lui donnera la bonne dose du bon médicament pour dépasser sa dépression?
    En fait, je ne sais pas comment l’aider…

  7. YokoTsuno dit :

    Merci pour cet article ! J’ai beaucoup ri (jaune parfois), notamment lorsque vous évoquez les questions incessantes et pointues à des moments tout à fait inappropriés. Mon fils de 4 ans m’a ainsi questionnée sur le permis de conduire et le code de la route assis sur le petit siège du caddie au supermarché, m’a demandé pourquoi nous étions sur le bord de la galaxie et non au centre lors de la berceuse quotidienne avant l’extinction des feux, m’a parlé de l’extinction des dinosaures et de son inquiétude vis-à-vis d’une prochaine météorite car il « a lu dans un livre que c’est une météorite qui a fait disparaitre les dinosaures », on a eu droit à des questions sur l’abolition de la peine de mort aussi… :!:
    Et je suis entièrement d’accord avec le fait que TOUT doit être discuté et débattu. Pfff, épuisant ! Il n’a pas encore été testé (c’est prévu pour dans 2 mois) mais franchement, pour moi ça ne fait aucun doute. Quant au « Il est comme moi, c’est indéniable & palpable », je suis en plein dedans également… Et je m’inquiète pour sa scolarité future, il sait déjà lire et n’est qu’en fin de petite section de maternelle !!!

  8. lubrano dit :

    bonjour j’ai lu les parents d’enfants Haut potentiel ou précoces, avec dys-synchronie, je me suis vue avec notre Hugo 12 ans1/2 , seulement à la différence que nous avons un handicap supplémentaire qui est pour Hugo l’abandon, né ss X, nous l’avons adopté à l’age de 4 mois, il connait la situation qu’il a très bien intégré, avec un long et gros travail auprès de psychologues,
    a ce jour il ne va plus au collège car depuis sa rentrée en sixième il souffre de phobie scolaire(les attentats n’ont rien arrangés à ses angoissent de mort !), il va donc en établissement avec suivi pédo-psychiatre et éducateurs, il est très mal dans sa peau, les changements dus aux poussées hormonales de l’ado l’angoissent, il a des pensées d’enfants de 16 ans dans un corps de 12 ans, le vit très mal, Il se pose bcp de questions sur ses tendances sexuelles et cela affole le pédo psy et nous car cela l’envahi et a bcp changé son comportement. ne plus aller au collège fait qu’il perd tout intéret et au sein de la famille les rapports avec le papa ne s’arrangent pas,
    il y a des enfants précoces qui s’en sortent mais il faut trouver les bonnes personnes pour les aider et leur redonner confiance en eux, pour nous se n’est pas le cas aujourd’hui
    nathalie

  9. Julie dit :

    Tellement juste ce passage où vous faites part des craintes que nous avons en tant que parent, de voir notre enfant souffrir en silence comme nous l’avons fait… J’essaie de créer des liens solides et sincères et de travailler l’estime et la confiance des mes enfants encore jeune : un investissement pour l’avenir qui leur sera bénéfique, je l’espère. Merci de l’avoir mentionné. Je me sens moins seule dans cette situation!

  10. adline dit :

    Ça fait du bien de voir que d’autre personnes sont comme nous, à toujours chercher la faille connaitre des détails, argumenter pour avoir raison ( ça exaspère ma famille, mais comme j’ai très souvent raison, il ne peuvent pas me dire que je parle pour rien, et trouver les incohérences est un de mes jeux préféré car je trouve des failles partout, même sur l’emballage du saucisson ). A l’école c’est différent, je suis d’une politesse maladive ( je n’arrive pas à tutoyer les parents de mes amis ) donc parfois je contredit le prof mais après je me tais et puis étant aspie je ne le regarde dans les yeux que pendant quelques secondes, donc ça leur va très bien, je leur permet d’assoir leur autorité et puis c’est toujours flatteur d’avoir raison. Par contre avec certains profs ( pas tous ) après le cours on débat sur un sujet  » neutre  » ( qui ne concerne pas directement leur discipline ) et la c’est vraiment intéressant car ils sont moins exaspérés que mes parents par mes questions.

  11. K.rol dit :

    Je suis maman d’enfant à THP. Je reconnais son portrait dans les questions,les attentes. Et moi maman qui suis sollicitée sur des sujet plus pointus.
    Par contre J’ai un enfant (16 ans détecté a12 ans) d’une sagesse.,d’une discrétion, infinies.
    Il a sauté 2 classes donc au collège ça se savait. Mais nous n’avons rien dit quant à son THQI. Ni les profs ni les élèves ne savaient. Il a fait le choix de l’évoquer une fois en seconde a ses amis très proches.
    Il n’a pas l’air de ce qu’il est. Mais il est pleins de ressources. Et d’une maturité !

    En tant que maman j’ai eu droit à une remarque de sa prof d’HG en seconde qui ne comprenait qu’on l’ai fait sauter 2 classes. Elle a été très méprisante me culpabilisant de l’avoir laissé sauter ces classes. Dans sa longue carriere elle n’avait jamais vu ça ! Limite si elle ajoutait pas :ma brave dame ! Mais en fin d’année elle a reconnu que mon fils était a sa place.

    Il faut faire face aux remarques de la famille :mon père qui ne me dit pas en face mais à ma soeur :ça m’etonnerai qu’il ait cr QI là avec la conversation qu’il a !
    Sauf que mon fils ne parle pas avec mon père car il ne supporte pas les conversations futiles et mon père ne parle que de médicaments et en criant après les gens. Le gosse ne supporte pas le bruit et la méchanceté.

    C dur de supporter les sous entendus de la famille :pourquoi elle a fait passer le test ?a quoi ça sert de savoir ça?
    Donc je n’en parle avec personne. Et les gens se meprennent parfois sur qui est mon garcon. Et pourquoi il agit comme ca.

    C triste de cacher qui est son enfant. De ne pas oser dire que tout s’explique…..

    Avant de le tester je croyais que tous les enfants étaient comme lui
    Sa soeur est testée aussi mais elle n’atteint pas 130. Elle est juste en deçà. Pourtant elle a bien des caractéristiques. Elle est une tornade ce que n’est pas son frère.

    Je suis fière d’eux. Ce sont de bonnes personnes. Qui gèrent très bien ce qu’ils sont dans le monde qui les entoure.

    Et en tant que maman cela me demande de me dépasser ce que j’aime faire. Ça élève mon esprit.

    Nous avons une belle vie ensemble.

  12. odici dit :

    Bonjour,
    Je lis régulièrement votre blog et je vous remercie pour vos partages d’expériences.
    Je ne sais pas si vous avez le temps/l’envie de lire et, à l’occasion, de répondre aux commentaires, je comprendrais que cela soit fastidieux, mais dans l’éventualité, je tente une question :
    Je voulais savoir quelles étaient vos ressources (personnelles, humaines, matérielles…) en tant que parent pour rester disponible psychiquement pour votre enfant compte tenu de ses sollicitations importantes et de vos besoins individuels (travail, isolement, repos…)?
    Cette question me semble assez universelle : tout parent peut, à un moment ou à un autre, avoir besoin de tranquillité alors que son enfant a besoin de sa disponibilité. Comment rester bienveillant pour son enfant mais aussi pour soi?
    J’imagine qu’avec vos particularités HP-aspie ces aspects peuvent être majorés, voilà pourquoi je souhaitais vous poser la question, qui j’espère ne vous paraîtra pas trop personnelle.
    Et je vous remercie par avance pour l’attention que vous y porterez, quelle qu’elle soit!
    Cordialement.

  13. marie dit :

    Bonjour,

    Mon fils à 4 ans ..après rdv avec sa maitresse…test psy et j’en passe.. nous avons appris que notre fils est THP. Je m’interroge sur l’avenir ses études? sa construction par exemple en couple.. etc.
    Mon époux est sous le choc et surtout usé car oui être parent de ces enfants là c’est difficile même moi parfois je suis heureuse d’aller travailler c’est honteux mais réaliste.
    Si quelqu’un avait juste quelques points positifs pour nous rassurer concernant son avenir ça nous aiderait?
    Merci à tous



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