Saut du CP

Fille ou garçon ? Garçon

Age, mois & année de naissance, classe actuelle 6 ans & ½ au jour de la rentrée 2010 (né en fév. 2004), CE1

 

Test QI :

- réalisé : oui

- résultat ? THQI au WPPSI, confirmé & augmenté au WISC (avec saturation dans de nombreux subtests)

- quel test ? WPPSI III à 4 ans & des poussières réalisé par une psy connaisseuse & locale ; puis WISC IV à 6 ans & 5 mois réalisé par Arielle Adda sur Paris)

 

Ecole :

- école privée, sous contrat (malheureusement catholique - les seules écoles privées laïques étant rares, plus de 90% des écoles privées françaises sont gérées par les diocèses - & se situant exclusivement dans les très grandes villes)

- avez-vous changé d’école pour le saut/glissement ? Non, changement l'année précédent le saut.
Pendant les 3 1ères années d'école (TPS, PS & MS), il était dans une toute petite école (n'ayant que 2 classes : de la TPS à la GS ; & du CP au CM2). Cela convenait tout à fait à ses besoins à cette époque car il ne jouait qu'avec les plus âgés & pouvait s'intéresser à ce que faisaient les "grands". Mais en MS début de l'ennui qui est rapidement devenu difficile à gérer : somatisations, maux de ventre, angoisse, refus d'aller à l'école. Etre avec des enfants de 2, 3 & 4 ans, qui en plus de leur âge étaient très à la traine dans leurs centres d'intérêts par rapport au nôtre (enfin, ils étaient dans la norme en fait - le hors norme venant de lui, pas des autres...) ne lui convenait plus du tout. Et rien ne parvenait à le stimuler dans la classe, sans compter que les copains plus âgés étaient passés dans l'autre classe (CP-CM2).

Le laisser dans cette toute petite structure était impensable pour nous, il vivait très mal cette situation d'ennui extrême & nous... aussi ! Nous avons donc préféré l'inscrire dans une école largement plus grande dans laquelle la question du mélange avec des enfants beaucoup plus jeunes ne se poserait pas.
Notre grosse erreur a été de ne pas avoir demander le saut de classe en fin de MS à l'ancienne école (saut qui lui aurait été accordé sans souci, compte tenu de ses excellents résultats depuis toujours, de son WPPSI & de sa maîtresse d'alors, qui avait bien cerné & compris son mal-être dans un cadre peu stimulant). Nous ne savions pas comment cela fonctionnait & avons péché par manque d'informations... (si c'était à refaire, je ne me laisserai plus piéger !!!).

Il est donc arrivé à la rentrée 2009 dans la nouvelle école, en GS. Le 10 septembre, je rencontrais sa maîtresse (accessoirement directrice de l'école) pour lui faire part de l'urgence à le faire glisser en CP (TRES gros ennui dès le début de l'année, la psychologue lyonnaise qui le suivait insistait elle aussi beaucoup sur le caractère impératif de le faire entrer au CP - il commençait à lire couramment & vivait déjà très mal cette nouvelle année qui commençait à peine). Le réponse de l'enseignante / directrice (qui avait donc "les pleins pouvoirs"... 8-O ) fut sans appel : NON ! Tout simplement.
Non à toute éventualité dans l'immédiat, comme au cours de l'année, un "non" argumenté de cette manière : "Je n'ai pas besoin d'un psychologue pour savoir comment sont mes élèves" (notez bien que mon fils était "son élève" depuis 4 jours... :-|), "Mais que diraient les autres parents", "Ah non, on ne fait pas de glissement en cours d'année chez nous" (ce qui est totalement faux, j'ai appris plus tard que des glissements étaient réalisés dans l'école...)

 

Motivations :
- des parents -> très forte ! Car nous voyions bien que son niveau scolaire était bien supérieur à la classe théoriquement correspondante à son âge, cet énorme ennui se traduisant par une grande anxiété, des troubles, sa souffrance était énorme.
- de l’enfant -> très forte également !!! Il a toujours eu conscience de la différence qui est la sienne vis à vis des camarades de classe & de son avance (ce qui est venu accroître un sentiment de solitude extrême, doublé d'un ennui profond pour les activités proposées en classe).

 

Si saut :

- de quelle classe ? Le CP
- l’enfant avait-il les acquisitions scolaires de la classe sautée ? ou à quel degré ? Oui. En GS, au mois de février il réalisait sans aucun souci les évaluations de fin de CP de l'année précédente (ce qui n'a pas ébranlé la décision sans appel de la maîtresse / directrice quant au fait de le maintenir toute l'année durant en GS !)

Il n'a rien fait de particulier avant son entrée en CE1 (pas de travail sur le programme de CP, pas de "préparation au saut"). A tel point qu'il a dû tt faire à vitesse grand V pdt les 2 1ères semaines suivant la rentrée, comme par exemple apprendre à écrire sur un cahier Seyes, être capable d'écrire les nombres en lettres de 0 à 100, décomposer les nombres jusqu'à 100 (par ex. 40 + 40 + 20, etc.), poser les additions, apprendre une poésie, faire des dictées, etc.
Mais il est très intuitif, donc tout vient facilement (même qd il n'a pas vu la notion dont il est question). Le seul point qui pose souci c'est l'écriture (grosse concentration pour parvenir à écrire à peu près correctement, & ça, ça l'épuise )

 

A-t-il fallu l'intervention d'un tiers (commission d'appel, inspecteur de l'Education Nationale ?) Comment cela s'est-il passé ?

Non, aucun intervention extérieure n'a été nécessaire. Autant la situation était bloquée avec la maîtresse / directrice de GS, autant la maîtresse de CE1 (ayant une classe CP/CE1) a été ouverte, totalement à l'écoute (tant vis à vis de nous que des préconisations d'Arielle Adda, la psychologue ayant fait passer le WISC IV au loustic).
Le saut s'est donc fait sans bataille, sans conflit aucun & avec la totale approbation de sa maîtresse actuelle. Surtout, très important pour l'enfant, avec une reconnaissance affichée des spécificités de l'enfant par l'enseignante !
Mais j'étais déterminée à me battre pour obtenir ce saut de CP si cela c'était avéré nécessaire car je savais qu'il était désormais vraiment indispensable. J'avais préparé de quoi constituer un dossier béton pour un éventuel appel devant la commission de l'académie. Car si le saut avait été repoussé pendant une année du fait du seul refus de la maîtresse / directrice, l'état nerveux de mon zébreau se dégradait de semaine en semaine. Il était donc pour nous, parents, hors de question de le regarder s'enfoncer une année de plus dans une classe où il n'avait rien à faire.

 

Éventuelles difficultés rencontrées :

- pour le saut ou le glissement en lui-même ? Aucun avec la maîtresse qui a validé le saut, mais grande hostilité de la maîtresse / directrice de l'année précédente (déjà relaté dans mon témoignage)
- par l'enfant lorsque cela a été effectif ? Uniquement sur le plan de l'écriture. Difficile de faire fi d'une année entière ratée concernant l'apprentissage de l'écriture de plus en plus petite, précise, etc...

 

Votre coup de pouce / votre investissement : gros coup de pouce durant les 2 1ères semaines de CE1 pour rattraper les lacunes liées à l'écrit (orthographe des nombres écrits en lettres de 0 à 100, dictées, savoir écrire les mois de l'année, certains "mots clé", etc.).
Séances de motricité fine chez une psychomotricienne à partir de début novembre, car bien que les progrès réalisés soient considérables, l'écriture reste maladroite & stressante pour lui.
Côté investissement, le soutien (sur un plan humain) apporté durant les 2 années "d'attente" de saut (c'est à dire MS & GS) a du être important de notre part. Difficile pour un petit enfant de se sentir inefficace pendant 6 heures / jour, d'avoir le sentiment de ne rien faire, d'attendre encore & encore qu'enfin un changement arrive... Ça signifie donc partager un stress énorme pour alléger le poids porté par l'enfant, se confronter régulièrement à l'enseignant hostile en affichant sa détermination, & donc cela nécessite sur un plan personnel une bonne résistance face aux difficultés de façon générale.

 

Son intégration dans la classe s'est-elle faite sans souci ?

Côté intégration, la maîtresse me dit que ça se passe ts bien... Lui semble plus mitigé sur certains éléments de la classe qui ont été violents avec lui avant les vacances (mais ils l'ont aussi été avec d'autres - la chose n'était pas dirigée contre lui, mais + diffuse). Il y a ds la classe un autre petit garçon de 2004, qui lui, a glissé en cours de MS vers la GS (& a donc fait l'an passé un CP de façon classique).
Mais le zebrounet est plutôt du genre sociable, & a toujours eu beaucoup plus d'affinités avec des enfants plus âgés & s'intéressant à des sujets nécessitant une maturité plus grande.

 

Bilan aujourd’hui :

Bilan définitivement TRES positif ! Pour lui comme pour nous.

Une année de CP aurait fini d'achever un petit garçon épuisé nerveusement par 2 années de MS / GS mortellement creuses & vides de sens pour lui. C'était véritablement nécessaire pour lui, pour son bien être & il en a pleinement conscience depuis déjà l'an dernier.
L'attitude hostile de sa maîtresse / directrice l'an passé a été très dure à accepter & à supporter pour lui, car l'année de GS fut aussi interminable qu'inutile. Et alors même que l'année précédente (de MS) avait déjà été assez peu intéressante : il s'ennuyait déjà beaucoup à ce moment-là.
Aujourd'hui il se sent enfin "actif" & n'a plus le sentiment d'attendre que l'année se passe faut de mieux.
Sur un plan purement scolaire : aucun souci. Ses résultats sont toujours excellents, ses notes impeccables & le rythme d'apprentissage lui convient parfaitement. Le fait d'avoir désormais des devoirs à faire cette année a été très vite & bien intégré (si ce n'est les difficultés liées à l'écriture). Donc vraiment aucun regret !

 

Avec le recul, qu’est-ce qui aurait pu être amélioré selon vous ? Quelles sont les éventuelles erreurs que vous ne commettriez pas aujourd'hui si vous en aviez la possibilité ?

Sans aucun doute la préparation durant la GS à l'écriture (motricité fine). Aucun aménagement n'a été fait pour lui, malgré notre intention affichée, dès le début de la GS, de lui faire sauter le CP. Malgré aussi, il faut le souligner les textes de loi qui aujourd'hui, dans la théorie, imposent des aménagements pour les enfants identifiés comme "EIP" (notamment la circulaire d'octobre 2007 & le guide de décembre 2009). Dans la pratique, la mise en application de ces textes est indéniablement laissé au bon vouloir de chaque instit, ou chaque école :(
Pour revenir à ce que je disais donc : j'en veux réellement à son instit de l'an passé (qui encore une fois est aussi directrice de l'école & a, à mon sens, très largement abusé de son pouvoir décisionnel intégral - de par sa double position vis à vis de mon loustic). Son manque de coopération total (refus du saut de la GS, refus du glissement en cours d'année vers le CP, refus d'aménagement de ses apprentissages, etc.) a réellement nui à notre zébrillon. Elle aurait voulu lui mettre des bâtons dans les roues, elle ne s'y serait pas mieux prise !

Il a ainsi passé une interminable année de GS à s'ennuyer, à regarder les autres apprendre une par une, semaine après semaine les lettres de l'alphabet (quand lui était lecteur confirmé !). Ça ne lui a strictement rien apporté, alors qu'il avait tant besoin de faire un travail intellectuel plus nourrissant. Ça a véritablement été une année perdue & qui n'a pas aidé à lui redonner une image positive de l'école...
Je m'en veux aussi (comme évoqué plus haut) de ne pas avoir pris l'initiative de demander un saut de classe dès la fin de la MS. Ce qui aurait eu pour effet d'empêcher la maîtresse / directrice de la nouvelle école de lui faire subir une année entière de GS à sa guise, la décision du saut ayant été prise dans cette hypothèse par le conseil de l'école précédente. Mais, mieux vaut apprendre de ses erreurs que de les ruminer en se flagellant n'est-ce pas... :(

 

Autres commentaires :

Pour finir, je dirais que ce qui a sans doute aidé au saut réussi : il n'a pas changé de bâtiment.
Les GS sont dans son école déjà rattachés au primaire (fonctionnement par cycles) & donc, il connaissait déjà parfaitement la cour, le bâtiment avec les salles de classe, la cantine, etc. A ce niveau là rien n'a changé, ce qui a certainement supprimé un point pouvant être vecteur de stress supplémentaire dans le cas d'un saut de CP (synonyme dans bien des écoles de changement de locaux, changement de cour, nouvelle cantine, etc. car séparation entre le maternel & le primaire).

 

 

:arrow: REVENIR à l'article sur le SAUT de CLASSE

 

 

Tags: , , , , , , , , ,

4 commentaires à “Saut du CP”

  1. SUZIE dit :

    Courage pour l’écriture, 25 séances chez une psychomotricienne sont venus à bout des difficultés graphiques de notre Zèbre à nous. Nous sommes aussi passés par la case ostéopathe qui l’a beaucoup aidé aussi…
    Bravo d’avoir su aider votre Petit Zèbre, mais courage car la route est longue…

  2. Maie dit :

    Bravo et encore bravo!!

    J’ai l’impression que ce genre d’instit est courent. En ce qui me concerne, je n’ai pas fait preuve d’autant de persévérance. Total : je me retrouve avec un petit dont les résultats sont excellents, brillants et dont le comportement et le rapport aux autres sont très souvent conflictuels. Quand je vous lis……que de regrets!!!

  3. Céline dit :

    Je me reconnais tout à fait en vous !!!

    J’ai vécu exactement la même chose avec ma fille les 2 dernières années, sauf le changement d’école. Grande section interminable, saut de CP d’abord refusé par le directeur, mais accepté par les maitresses de GS et CE1. Nous avons donc du batailler avec l’équipe enseignante pour la faire sauter de classe. Finalement, saut de CP accepté. Nous en sommes aujourd’hui au 4e jour de CE1, mais miss stresse énormément concernant l’écriture ! (du coup, moi aussi…)
    ça me rassure et me conforte dans mon idée que j’ai eu raison de la faire sauter. Je me dis qu’avec le temps, elle va rattraper les autres CE1, et l’idée de la psychomotricienne, je n’y avais pas pensé. Je pense que je vais en parler avec sa maitresse actuelle (CE1) et voir ce qu’elle en pense.

    Un grand merci pour votre témoignage !

  4. aymilya dit :

    Bonjour. J’ai besoin d’aide car chez nous c’est l’inverse. Ici c’est l’école qui demande le saut du CP mais notre fils refuse! Il est en GS dans une classe double niveau GS/CP. Depuis le début de l’année l’enseignante lui propose régulièrement de suivre les cours avec les CP, mais il n’accepte pas. La psy scolaire, qui a très bien cerné notre fils, dit qu’il se conforme tellement qu’il n’a pas du tout pris l’habitude d’être confronté à une difficulté, à l’échec et qu’il faut lui faire sauter une classe afin qu’il puisse acquérir le mécanisme du raisonnement. Lui le vit très mal, comme une punition. Il ne veut pas être « différent », a beaucoup de mal à l’accepter et refuse de quitter ses copains. Nous avons encore quelques mois pour le préparer mais de quelle manière, afin qu’il accepte ce saut de classe? Merci.



:) :-D 8) :oops: :( :-o LOL :-| :-x :-P :-? :roll: :smile: more »

Commenter cet article