Je soupçonne un Haut Potentiel Intellectuel chez mon enfant, par où commencer ?

Je soupçonne un Haut Potentiel Intellectuel chez mon enfant, par où commencer ?Je tiens ce blog depuis 2009 & au fil des années, j'ai répondu un nombre incalculable de fois à cette fameuse & angoissante question...

 

"Comment savoir si mon enfant est précoce ?" :oh:

 

Je crois donc qu'elle mérite amplement un billet : "Je soupçonne un Haut Potentiel Intellectuel chez mon enfant, par où commencer ?" :-P

 

Mais avant tout, je voudrais rassurer les lecteurs, qu'ils soient parents ou adultes se sentant concernés pour eux-mêmes par le surdouement : cela n'a RIEN d'une maladie !!! Ce n'est pas non plus une tare, une croix à porter ou un malheur qui nous tombe dessus. Rien de tout ça ;)

 

Il ne faut donc pas paniquer, imaginer tout de suite le pire, avoir en tête l'image caricaturale du surdoué rejeté de tous, détesté des autres enfants & maltraité par les enseignants.
Le surdouement peut être (devrait toujours être !) considéré comme une qualité, comme quelque chose de positif. Sorte de carte "Chance" dans la vie :up:

 

Attention, il n'est pas question de sentiment de supériorité, ce serait parfaitement ridicule & déplacé, mais seulement de prise de conscience du fait qu'il s'agit là d'un atout à accepter & développer & non d'un fardeau à porter avec difficulté.

 

Plus encore lorsqu'il s'agit d'un enfant, la façon dont l'entourage (les parents, la fratrie, la famille proche & les enseignants) va considérer la douance de l'individu conditionnera dans une grande part la manière dont elle sera vécue.
Un regard positif, bienveillant & dédramatisé donnera toute la force & la confiance nécessaires pour bien vivre ce haut potentiel intellectuel. De même qu'un regard austère, critique, voire empli de déni ou de remarques indiquant "qu'on y croit pas", "que le psy a du se tromper", ne transmettra que de l'anxiété, un manque de confiance en soi & un mal-être.

 

 

 

Il est donc capital de bien intégrer le fait qu'outre le surdouement en lui-même (& tout ce qui s'y rapporte effectivement dans le quotidien de la personne) il y a surtout la considération & l'entendement de cette particularité par l'ensemble de l'entourage.
On peut énormément souffrir d'un manque de compréhension émanant de la famille ou d'un enseignant. C'est la situation qui fait souffrir & apporte des difficultés, pas le haut ou très haut QI :!:

 

Une personne repérée comme étant HP suite à un bilan psychologique reste la même qu'avant ce bilan. Elle est née ainsi, le bilan ne change rien chez elle, il se contente de révéler ce qu'était déjà la personne & permet tout simplement de mettre en évidence ce qui la constitue.
Le bilan peut néanmoins changer le fameux regard porté sur elle. Et c'est là tout l'enjeu : trouver l'équilibre parfait entre prise en compte du surdouement (avec une authentique compréhension de ce qu'il est, de ce qu'il implique... sans tomber dans des excès du type "le surdouement excuse tout" !) & bienveillance rassurante. Le tout, dans l'idéal, dans un même état d'esprit chez tous les acteurs de la vie de l'enfant.

 

Mais il est vrai qu'il est souvent bien délicat de faire aller le mouvement dans un même sens, avec cohérence & mansuétude.
Autant lorsqu'il s'agit de la famille, cela peut se réaliser sans trop de soucis... quoique. Nombreux sont les couples à ne pas avoir la même conception de l'éducation, de la "place" accordée aux enfants & donc lorsque l'un d'eux se détache de la norme, il peut arriver que les parents ne s'accordent pas sur la manière de gérer ce statut d'enfant hors norme. Mais disons que le dialogue peut toujours, dans la plupart des cas, parvenir à s'établir pour avance petit à petit dans une même direction, au besoin avec l'aide du psychologue. Autant les choses se corsent quand il s'agit de s'assurer de la bonne compréhension côté enseignants ou famille éloignée, amis, etc.

 

Tout ce qui est en dehors du cercle familial resserré est évidemment plus difficile à maîtriser.

 

Ne nous leurrons pas : dans la réalité, il est impossible de tout contrôler, chacun ayant son libre arbitre. On ne pourra par conséquent jamais imposer notre vision de l'enfant à tous ses enseignants, à toute la famille, etc. Tout enfant, EIP ou pas, se verra immanquablement confronté à toutes sortes d'interlocuteurs, ne serait-ce qu'au cours de sa scolarité. Certains ouverts & concernés, d'autres obtus ou persuadés de connaître de qu'est un "vrai surdoué"...
C'est ainsi, & cela fait partie de la vie & de son apprentissage :-?

 

Qu'est-ce que le haut potentiel intellectuel ? Des éléments de réponse sur cette page de définitions 8)

 

Voilà pour la parenthèse nécessaire à mon sens quant à la manière de regarder son enfant après un bilan validant un haut potentiel intellectuel.
Mais avant d'en arriver là, beaucoup de familles se demandent concrètement comment savoir si l'enfant est surdoué.

 

Vous vous questionnez sur votre petit (ou votre plus grand), ou encore quelqu'un, autour de vous, vous a suggéré l'idée qu'il/elle soit hors norme. Que faire ?

 

Courbe normale de distribution de l'intelligence Les Tribulations d'un Petit Zèbre

Courbe normale de distribution de l'intelligence
Les Tribulations d'un Petit Zèbre

 

Dans un premier temps, il faut prendre contact avec un psychologue !

 

Mais attention, pas n'importe quel psychologue :hypno:

 

Pourquoi me direz-vous ? Parce que tous ne sont pas formés ni équipés pour faire passer des bilans psychologiques.
Par équipés, il faut comprendre disposer des batteries de tests officielles & dans leur version actuelle. Je ne le répéterai jamais assez : seule la dernière version est valable (& valide !) ; n'acceptez pas un bilan psychométrique dans une version antérieure (se référer à ce billet pour plus de détails) :-x

 

Les versions actuelles des échelles de Wechsler (largement majoritaires en France) sont :

 

WPPSI-IV (Wppsi dans sa 4ème version), depuis 2014
(enfants en âge préscolaire de 2 ans & 6 mois, à 7 ans & 3 mois)

 

WISC-V (Wisc dans sa 5ème version), depuis automne 2016
(enfants en âge scolaire de 6 ans à 16 ans & 11 mois)

 

WAIS-IV (Wais dans sa 4ème version), depuis 2011
(adolescents & adultes de 16 ans à 79 ans & 11 mois)

 

 

Seul autre test officiellement reconnu (par l'Éducation Nationale) :

 

K-ABC-II (K-ABC dans sa version 2), depuis 2008
(enfants de 3 ans à 12 ans & 11 mois uniquement)

 

 

Par formés, il faut comprendre que dans la formation universitaire des psychologues, très peu de temps est alloué au surdouement (de même que dans la formation des médecins généralistes ou des psychiatres, des enseignants, etc. :down: ). Aussi il est indispensable de consulter un psychologue connaisseur & spécialisé dans ce domaine, sans quoi, le bilan pourra être mal fait (& mal analysé).

 

 

:idea: pour aller plus loin si la question des différents tests vous intéresse, je vous conseille cet excellent (& conséquent !) ouvrage, paru chez Dunod : "Guide clinique des tests chez l'enfant - 3e éd. : WISC-IV, Matrices progressives de Raven, EDEI, Figure complexe de Rey, NEMI-2, KABC-II", signé Bernard Jumel :up:

 


Cliquez sur la couverture
pour ouvrir le livre

 

 

Dans un 2ème temps, vous allez alors vous demander comment trouver ce psychologue spécialisé.

 

Et c'est une question de première importance ! Car rien ne signale, dans un annuaire par exemple, les psy capables de faire passer des bilans.
Comment distinguer alors ceux en mesure de le faire, de ceux qui n'y connaissent pas grand chose ?

 

Ce n'est pas simple ! C'est pourquoi il faut s'adresser à des gens qui, eux, ont des noms de professionnels sûrs.

 

Attention à la tentation du psy gratuit qui se traduit par la consultation d'un psychologue scolaire ou d'un psy en centre type CMP / CMPP.
Un enfant surdoué ne se résume surtout pas à un chiffre de QI ; il y a bien d’autres aspects, à la fois complexes & spécifiques. Aussi je vous conseillerais de ne jamais céder à l'appel de la gratuité. Si ces psy aident des enfants, ils font aussi de gros dégâts sur les EIP (avec ou sans troubles Dys, TSA, TDA/H) car ils ne sont que très rarement compétents en matière de précocité intellectuelle (pour plus d'infos, lisez ce billet).

 

La démarche la plus prudente est à mon sens de vous rapprocher des antennes locales des associations de référence telles que l’AFEP ou l’ANPEIP qui pourront ainsi vous aiguiller, gratuitement, vers un cabinet de psychologues dans votre secteur géographique. Ces psy sont (théoriquement !) tous connaisseurs de la douance, & cela vous évitera bien des déconvenues ! :up:

 

Et si déception il y a (test dans une version obsolète, compte-rendu bâclé, etc.), surtout : faites remonter l'information à l'association qui vous a indiqué ce praticien.
Sans cela, les listes des associations ne peuvent pas être tenues correctement à jour :-o

 

Par ici, vous en saurez plus sur le coût d'un bilan :)

 

 

Dans un 3ème temps, les parents se demandent en quoi consiste un bilan. "Que va évaluer le psychologue sur mon enfant ?"

 

Un diagnostic de précocité intellectuelle se pose uniquement par un psychologue clinicien, après un bilan complet lui permettant d'échanger avec l'individu, mais aussi de l'observer. Il faut savoir qu'un bilan psychologique comprend :
- d'une part un test psychométrique (qui est appelé "test de QI")
- d'autre part des tests de personnalité

 

En France, l'Education Nationale ne reconnait que 2 test de QI : l'échelle de Wechsler (que nous avons vue un peu plus haut, dans ses 3 versions selon l'âge de l'individu :arrow: Wppsi, Wisc, Wais) & le K-ABC.
Le test largement majoritaire dans les cabinets psychologiques demeure celui de l'échelle de Wechsler ; le K-ABC étant assez rarement utilisé dans la pratique.

 

Alors qu'est-ce qu'un test d'efficience intellectuelle ?
Plusieurs billets de ce blog vous éclaireront :
- les tests de QI (= tests psychométriques, aussi appelés tests d'efficience intellectuelle)
- comment est construit un test psychométrique ?
- toutes les questions autour du Wisc (test pour enfants)
- tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Wais (test pour grands ados & adultes)
- petit lexique en lien avec le surdouement à usage des néophytes

 

 

 

 

Dans un 4ème temps, une fois que le bilan est passé, l'analyse réalisée par le psy & l'entretien de restitution digéré ; le surdouement de l'enfant est avéré. Que faire ?

 

Beaucoup de parents m'écrivent en me demandant "Et maintenant ? je fais quoi avec ça ?" :oops:

 

Je crois que TOUS les parents d'EIP sont passés par cette phase. La sensation d'être livrés à eux-mêmes, avec un compte-rendu de bilan (aussi précis & détaillé soit-il), qui nous laissent un sentiment de flottement, de vide & de solitude au moment même où 1000 questions se bousculent dans la tête. Au moment aussi parfois où un des parents (voire les 2 !) réalise que, peut-être, ce portrait des EIP fait par le psy lors de l'entretien de restitution correspondrait à l'enfant qu'il/elle était... & que cela expliquerait bien des choses :hypno:

 

C'est une période délicate, peut-être plus encore pour les parents que pour l'enfant lui-même qui, en fonction de son âge, ne réalise pas forcément ce que son HQI ou THQI implique.
Les parents par contre ont souvent du mal à avaler la pilule en toute quiétude. Même si les histoires de chacun & les circonstances varient, on retrouve toujours la même impression de se retrouver seul, avec son enfant, face à un grand inconnu qui fait peur :!:

 

Voilà ce que je réponds dans ces cas-là aux lecteurs qui me demandent de l'aide : lisez ! Informez-vous, prenez le temps de découvrir ce qu'est réellement le haut potentiel intellectuel, oubliez les idées reçues qui accompagnent le mot "surdoué" dans l’inconscient collectif.

 

Il y a aujourd'hui des blogs (pas seulement celui-ci ! ;) ), des ouvrages, des émissions à écouter ou regarder. Les sources sont tellement nombreuses & de qualité qu'il serait dommage de passer à côté :)

 

Et je pense qu’appréhender un sujet en le maîtrisant, en le comprenant dans toute ses nuances est le meilleur moyen d'être apaisé & rassuré. Or un parent rassuré est rassurant, pour son petit ! :round:

 

Pour ces lectures, je vous encourage à consulter :
- ma page de sélection des meilleurs livres
- ma biblio (avec du bon & du "à éviter")
- ma rubrique "Au fil des pages"
- ma page à propos des surdoués dans la littérature

 

 

💡 Et si on se recentrait sur l'humain ? Sur les besoins particuliers des enfants & des ados différents :?:

Au-delà de la problématique du diagnostic, je réponds dans "L'Enfant atypique. Hyperactif, haut potentiel, Dys, Asperger... faire de sa différence une force" à ces questions en considérant l’enfant & le parent comme des individus singuliers :up:

L’étiquette d’hypersensibles, de Dys, d’Asperger, de précoce, importe peu. Comprendre & accompagner les enfants atypiques, c’est aussi reconsidérer les normes et assumer une différence qui à la fois rend vulnérable & enrichit ❗ Car certains enfants ne sont objectivement pas comme les autres. Leur comportement, leurs réactions, leur fonctionnement déroutent et interrogent leur entourage :-?
L’atypisme de ces enfants qui n’entrent pas dans la norme peut également les faire souffrir s’ils ne sont pas compris, acceptés pour ce qu’ils sont & convenablement accompagnés durant l’enfance & l’adolescence :!:

📌 L’objectif de ce livre est d’éclairer les parents ayant un ou des enfant(s) hors norme, & de les guider dans une approche résolument bienveillante :
🔸 Comment accompagner un enfant qui, du fait de sa différence, ne peut trouver sa place à l’école, dans la fratrie ou avec ses pairs ?
🔸 Comment aider l’enfant auquel on reproche d’être « trop » (trop sérieux, trop lucide, trop intelligent, trop intuitif) à ne plus être envahi par cette clairvoyance, à lâcher prise ?
🔸 Comment reconnaître & faire valoir les qualités des atypiques pour les aider à développer une saine estime d’eux-mêmes ?

 

 

Dans un 5ème temps, dans bien des cas, le bilan d'un enfant entraîne d'autres bilans dans la famille...

 

Que cela vienne du côté d'un parent, d'un grand-parent ou que les interrogations portent sur le reste de la fratrie, jamais je n'ai croisé de famille s'étant arrêtée au bilan d'un seul enfant LOL

 

Là où il y a un petit zèbre, il y a généralement une famille avec d'autres zèbres...

 

Parfois très bien camouflés, d'autres fois détectés dans leur jeunesse, mais sans en avoir été avertis (à autre époque, autre mœurs). Bref, les situations sont diverses, mais le questionnement, au delà de l'enfant bilanté, est une constante.

 

Moi-même, j'ai su que j'étais concernée par le surdouement le jour de la restitution du 1er bilan de mon zébrillon. Intuition validée par la suite par un 1er Wais (avant d'en passer un 2nd pour mon diagnostic du syndrome d'Asperger).

 

:arrow: je développe tout cela dans mes deux témoignages : ici & :-D

 

Et quand on est adulte, les hésitations pour sauter le pas & passer un bilan auprès d'un psychologue sont à la fois grandes & légitimes. Ce n'est pas simple d'aller consulter en expliquant à 30 ou 40 ans "Je crois que je suis surdoué", surtout quand on ne s'estime pas si doué que ça... C'est à lire par là ;)

 

 

Voilà un petit aperçu du parcours type des parents qui se questionnent sur leur enfant, & qui pensent qu'il correspond à la description des enfants intellectuellement précoces.

 

J'espère avoir répondu aux questions les plus fréquemment posées & vous invite à lire les très nombreux billets de ce blog, bien d'autres thèmes y sont abordés, mais il me sera difficile de tout résumer en un seul billet :smile:

 

Enfin en conclusion, je conseille vivement la lecture de cet excellent petit ouvrage, tant pour les parents (qui se questionnent sur les EIP) que pour les adultes (eux-mêmes concernés par la douance) : " « Que sais-je ? » n° 3698 Les enfants intellectuellement précoces" du psychiatre Gabriel Wahl :up:

 

Vous pourrez retrouver ma critique complète de ce livre, paru au printemps sur le billet qui lui a été consacré :)

 


Cliquez sur la couverture pour ouvrir
le « Que sais-je ? » sur les EIP

 

 

 


🎄 LE TRADITIONNEL BILLET "sélection de NOËL" est en ligne ! 🎁🎉

 

 

 

 

:idea: Et pour aller au-delà du blog, je suis l'auteure de trois ouvrages parus aux éditions Eyrolles :

 

- "Les Tribulations d'un petit zèbre. Épisodes de vie d'une famille à haut potentiel intellectuel" paru en juillet 2016, préfacé par Arielle Adda & le Dr Gabriel Wahl :-D

 

Les Tribulations d'un Petit Zèbre, le livre du blog !

 

 

- "Asperger & fière de l'être. Voyage au cœur d'un autisme pas comme les autres". Un regard unique en France sur le combo syndrome d'Asperger / haut potentiel intellectuel, paru en 2017 ; préfacé par le Dr Laurie-Anne Sapey-Triomphe & postfacé par le Pr Laurent Mottron ❤

 

- "L'Enfant atypique. Hyperactif, haut potentiel, Dys, Asperger… faire de sa différence une force", un livre-outil paru en 2018 dans la collection très particulière (& en quadrichromie ;) ) "Parents au top" :smile:

 

          
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191 commentaires à “Je soupçonne un Haut Potentiel Intellectuel chez mon enfant, par où commencer ?”

  1. Sidonie dit :

    Bonjour,

    merci pour cet article très intéressant. J’ai aujourd’hui 20 ans, et j’ai vu passer sur Youtube il y quelques mois une vidéo qui expliquait ce qu’était la surdouance. J’ai regardé par curiosité, car bien sûr je ne suis pas surdouée, je ne peux pas être surdouée… ? Et au final je me suis retrouvée dans plusieurs points, et il y a quelques jours j’ai commencé à faire plus de recherches sur le sujet, car cette idée n’a jamais vraiment quitté le coin de ma tête.

    J’ai commencé la maternelle à 2 ans et demi car mon médecin traitant me trouvait « éveillée », je faisais de jolis dessins et j’avais une soif d’apprendre. Et une fois entrée à l’école, j’ai adoré! J’ai eu la chance d’avoir une maîtresse passionnée par ce qu’elle faisait, qui a trouvé en moi quelque chose de « spécial », de « différent ». J’ai fait ma toute petite section et ma petite section avec elle, et à la fin de cette deuxième année, elle a convoqué mes parents. Elle voulait que je saute une classe et que je passe directement en grande section, mes parents ont accepté. (j’ai appris il y a deux jours qu’ils voulaient aussi que je passe des tests mais mes parents ont refusé, car ils ne voyaient pas ce que ça aurait changé…).

    Venant d’un milieu rural, j’ai eu la chance d’évoluer au sein de petites classes, dans lesquelles les maîtres et maîtresses me donnaient souvent du travail supplémentaire pour m’occuper quand je finissais avant tout le monde. Mais malheureusement j’ai toujours ressenti un décalage par rapport aux autres enfants, je passais mes récrés dans mon coin à lire, je répondais à toutes les questions, j’étais la petite intello. En bref, je me suis faite harcelée et n’ai pas eu d’amis pendant les 14 premières années de ma vie. Mais j’ai toujours adoré l’école, le directeur de mon école primaire voulait aussi que je saute une deuxième classe, le CM2, mais mes parents ont dit non.

    Je ne sais pas vraiment où je veux en venir avec ce commentaire, avec ce message jeté un peu par hasard sur un article datant de 2014. Mais quand avant-hier j’ai recherché des informations sur ces zèbres, ces surdoués, ces HPI, je me suis retrouvée et pour la première fois de ma vie je me suis sentie comprise. Dans la vie de tous les jours, avec ma famille, avec mes amis, même à la fac, je ne me sens jamais à ma place comme si personne n’arrivait à comprendre mon cerveau qui va à 1000 à l’heure. Je pense de plus en plus être « surdouée » (même si ça continue à sonner faux) et je vais prendre rendez-vous, quand toute la situation actuelle se sera calmée, pour me faire diagnostiquer. Mes parents ne voient pas l’intérêt mais je ne peux m’empêcher de repenser à cette petite Sidonie de 4 ans, et à la vie qu’elle aurait eu si on lui avait appris plus tôt qu’i n’y a rien de mal à être différente, et que sa « curiosité intellectuelle » n’a pas besoin d’être balayée sous le tapis, cachée des autres enfants qui ne la comprennent pas.

    Mais merci pour ce cet article qui me réchauffe le coeur et me confirme dans l’idée que ce n’est pas un fardeau, juste une qualité

  2. Pauline dit :

    Bonjour Sidonie, je me retrouve totalement dans votre récit et je pense être un « Zèbre » après deux ans de recherches…je viens de le découvrir à seulement 56 ans !!Imaginez le temps perdu..Aujourd’hui cette particularité et non cette tare ou folie…j’en ai entendu vous savez, est reconnue, mieux comprise… et vous êtes jeune :) Vivez votre vie de zèbre l’essentiel est de rester soi-même et être en accord avec ce que l’on est non ce que les autres voudraient que l’on soit. C’est une chance oui même si parfois c’est pesant car nous vivons dans une société qui n’est vraiment pas faites pour nous et on se sent souvent mal, seule, incomprise. Vous avez ts les outils qu’il vous faut ( en vous et en dehors de vous) et si vous trouvez le bon psy…Courage et soyez heureuse :)

  3. Célia dit :

    Bonjour,
    Merci pour cet article très intéressant. Je soupçonne ma fille d’être HP pour de multiples raisons, mais je ne sais pas très bien comment m’y prendre. Elle est scolarisée dans un lycée français à l’étranger, ils me proposent de lui faire passer le WISC-IV (obsolète donc si j’ai bien compris). Pas d’autre possibilité de le faire ici puisque je ne trouverai pas d’autre psychologue habilité à le faire passer en langue française.
    Pour autant, j’ai bien compris que le WISC-V est maintenant celui qui doit être utilisé. Est-ce qu’elle peut passer le WISC-IV et dans 6 mois, quand on aura la possibilité d’aller en France, le WISC-V? J’ai compris qu’il y avait un délai de 3 ans entre deux tests identiques, mais si ce n’est pas le même test est-ce que ce délai doit également être respecté?
    Je ne sais pas quoi faire… la faire attendre en souffrance à l’école, ou lui faire passer un test obsolète… dont les résultats nous aideront peut-être quand même à nous faire entendre par l’école.
    Si jamais quelqu’un a un avis?
    Merci beaucoup :-)



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