Deux fantastiques « Que sais-je ? » : « Les adultes surdoués » & « Les enfants intellectuellement précoces »

Il y a un tout petit peu plus de 2 ans, je vous parlais sur ce blog d'un superbe « Que sais-je ? » sur les EIP, signé du pédopsychiatre Gabriel Wahl :)

 

Il avait été mon immense coup de cœur de l'année 2015 :!:

 

Aujourd'hui, je suis toute émoustillée de vous parler de son nouvel ouvrage dans une collection « Que sais-je ? » repensée. Il s'agit du n° 4076 sur "les adultes surdoués", qui vient de sortir le 10 mai dernier ;)

 

Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, Gabriel Wahl a augmenté son « Que sais-je ? » n° 3698 sur "les enfants intellectuellement précoces", dans une nouvelle édition :up:

 

Tous 2 parus aux PUF :

 

        
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Cette double dose de réjouissance est venue illuminer ma pluvieuse semaine. Mais soyons clairs, si j'ai dévoré ces 2 bouquins c'est par pur plaisir ;)

 

Un soleil rayonnant n'aurait rien changé à mon empressement à lire Gabriel Wahl, qui a toujours une plume aussi délicieuse :bigheart:

 

Allez je me lance, & commence par la nouveauté : "Que sais-je ? Les adultes surdoués" :

 

 

La présentation de l'éditeur :

 

Ce n'est pas une surprise : les enfants intellectuellement précoces deviennent des adultes surdoués. Dans cet essai, Gabriel Wahl, après avoir passé en revue les tests qui permettent de les identifier, décrit leur profil psychologique et leur façon d'être.

La question étant abordée sous différents angles - historique, philosophique et biologique -, c'est non seulement de capacités intellectuelles hors normes que l'auteur nous parle, mais plus généralement de l'intelligence.

À la clé, une question : les développements de la génomique cognitive, qui prétend détecter les gènes de l'intelligence, doivent-ils faire espérer ou plutôt craindre la possibilité d'une intelligence génétiquement modifiée ?

 

 


Cliquez sur la couverture pour ouvrir les détails
du nouveau « Que sais-je ? » sur "Les adultes surdoués"

 

 

Et voici le sommaire :

 

INTRODUCTION
Deux, Trois fictions

CHAPITRE PREMIER – Une petite histoire philosophique de l’intelligence

I. Intelligence humaine et intelligence animale
II. Cogito versus credo

CHAPITRE II – La personnalité des adultes surdoués

CHAPITRE III – L'identification de l'adulte intellectuellement surdoué

I. La préidentification par la personnalité
II. L'identification par les tests psychologiques
III. La WAIS-IV

CHAPITRE IV – Le bien-être subjectif et l'intelligence

I. Le sens de la vie
II. Bonheur hédonique et bonheur eudémonique

CHAPITRE V – Les "risques" du surdon

CHAPITRE VI – Les "très hauts QI" de l'étude Terman

CHAPITRE VII – Intelligence et créativité

CHAPITRE VIII – Biologie de l'intelligence

I. La phylogenèse
II. L’ontogenèse
III. Émotion et cognition
IV. L'efficacité neuronale
V. Génétique et environnement

CHAPITRE IX – L'intelligence augmentée

I. L'eugénisme
II. Le transhumanisme

CONCLUSION

Ce sont ces temps qui s'annoncent

Remerciements
Bibliographie

 

 

Le décor planté, parlons maintenant de mon ressenti de lecture :-D

 

Ce que j'aime toujours dans les écrits de Gabriel Wahl, c'est le juste équilibre entre
- une écriture élégante & précise
- des explications limpides
- & une touche d'humour (je pourrais dire qu'elle est le signe incontestable de sa grande vivacité d'esprit, mais ça serait méchant pour les innombrables auteurs qui en manquent :smile: C'est en tous cas une chose à laquelle je suis très sensible :round: )

 

Et ce livre n'échappe pas à la règle, il est un petit bijou informatif, tout en restant hautement plaisant à lire :up:

 

Dès le départ, le Dr Wahl donne le ton, avec malice, à propos des "biais cognitifs mystificateurs" autour de la douance LOL :

 

Exemples : s'il est d'un tempérament anxieux, c'est parce qu'il est surdoué ; s'il est d'une nature dispersée, c'est parce qu'il est surdoué ; s'il aime le kouglof, c'est...

 

 

Le chapitre II sur la personnalité des adultes (T)HPI est remarquable. Il n'est pas simple de dépeindre cette personnalité, lestée de tant de préjugés. Et c'est un point que Gabriel Wahl a parfaitement su souligner.

 

J'aime beaucoup cette phrase, qui fait tristement echo à ce que la plupart des adultes qui me contactent via ce blog depuis 2009 me rapportent spontanément dans les messages qu'ils m'adressent :

 

On peut garder tout une vie ces blessures d'enfance, ces souvenirs de rabrouement et de solitude.

 

 

La première partie du chapitre III, consacrée à la préidentification du surdouement par la personnalité rappelle combien il est important de se débarrasser des idées reçues en matière de haut ou très haut QI (j'en parle ici & sur le blog :) ).

 

Le Dr Wahl propose notamment les 20 plus fréquentes questions de l'ATIPIC (pour Adulte Test d'Identification du haut Potentiel Intellectuel & Cognitif) qui matchent avec la douance (selon un panel constitué d'adultes (T)HPI, interrogés sur les traits de personnalité qui, selon eux, collaient le mieux) :idea:

 

 

Le chapitre IV sur le bien-être subjectif & l'intelligence est passionnant :hearts:

 

Il amène à réfléchir, à se questionner sur le fameux sens de la vie, mais il ne se perd pas dans des considérations lointaines, il éclaire le lecteur, toujours avec justesse, sur les études menées, notamment aidées par le questionnaire d'Ed Diener : "l'échelle de satisfaction de vie" (The Satisfaction with Life Scale en version d'origine).

 

C'est l'occasion pour l'auteur de souligner que :

 

[...] ne s'observe aucune cassure entre les hauts QI et les très hauts QI, pour l'ensemble des maladies et notamment pour la dépression, en contradiction avec l'idée reçue qui veut que la très haut intelligence s'accompagne de fragilité thymique.

 

 

MERCI !!! :round:

 

On peut encore tristement entendre de nos jours des psychologues affirmer qu'au delà de 140 ou 145 sur échelle de Wechsler, on a des troubles graves de la personnalité, voire des pathologies mentales 8-O

 

Affligeante, mais pourtant récurrente bêtise proférée...

 

Dans le chapitre V, les "risques" du surdon, Gabriel Wahl revient sur une étude menée en Suède sur un 20aine d'années. Étude qui, si elle est intéressante de par son considérable échantillon & sa durée, est tout autant fragilisée par la sélection qui a mené à cet échantillon (seulement composé d'hommes). L'auteur rappelle également que les critères retenus pour qualifier la fragilité constituent un autre biais.

 

Les adultes surdoués ont donc les défauts de leurs qualités. Ils auraient selon l'expression consacrée des problèmes d'ajustement social, ils "subiraient" un trop grand écart de QI avec leurs contemporains. Sur ce registre arithmétique, on a ainsi théorisé un plafond de tolérance de 20 points pour les relations amoureuses.

 

 

Le chapitre VI revient longuement sur la célèbre étude longitudinale de Lewis Terman initiée en 1921. Quant au chapitre VII, il est consacré à la question du lien entre intelligence & créativité.

 

Convergent vs divergent...

 

Le Dr Wahl rappelle (ce qu'il avait déjà expliqué dans son « Que sais-je ? » sur "les enfants intellectuellement précoces") qu'au delà d'un QI de 120, il semble que le niveau de créativité ne soit plus fonction de celui de l'intelligence.

 

Avec une nuance très intéressante apportée par l'auteur, qui distingue la créativité qui va être mesurée par les tests (être surdoué n'augmente pas celle-ci), & la "créative réelle" :!:

 

Si [...] les tests de créativité ne sont pas assez sensibles pour distinguer les enfants précoces ou les adultes surdoués, la "vraie vie" se charge d'administrer la preuve qu'il existe un lien étroit entre le surdon cognitif et le surdon créatif.

 

 

Le chapitre VIII porte sur la biologie de l'intelligence. Pour ma part, l'un de mes préférés :-D

 

Notamment dans le sous-chapitre sur l'ontogenèse, on apprend que la maturation cérébrale serait plus tardive chez les individus à haut potentiel intellectuel (7 ans pour des enfants au QI moyen de 100, 11 ans pour ceux au QI moyen de 120 !).

 

Gabriel Wahl met également à mal les idées simplistes voulant réduire les (T)HPI à des neurodroitiers... très en vogue ces 10 dernières années en France :-?

 

Et point très intéressant, car il explique au plan biologique un constat empirique quant à la vitesse de traitement des données chez les personnes surefficientes :

 

Pour une même performance, les surdoués utilisent un réseau de connexions cérébrales plus court, plus rapide et plus efficace et donc moins consommateur d'énergie [...] : la vitesse de transmission de l'influx nerveux dans le cortex cérébral est plus élevée chez les surdoués.

 

 

Le chapitre IX aborde les questions d'eugénisme (avec un rappel historique captivant) & de transhumanisme. Comprendre par là l'intervention des sciences & la technologie dans un but de réparation & d'amélioration - tant physique qu'intellectuelle - de l'être humain.

 

Et tout naturellement, dans un enchaînement logique évident, le Dr Wahl arrive à la conclusion de son ouvrage. Une mention spéciale pour son expression que j'adore : "ronronnements égalitaristes" 8)

 

J'ai refermé ces 128 pages avec un sentiment d'exaltation. Elles m'ont appris des choses, elles m'ont emportée par leur style feutré. Véritablement un bouquin incontournable, extrêmement dense & rigoureux :hearts:

 

À acheter les yeux fermés si l'on veut comprendre de quoi il s'agit lorsque l'on parle de surdoués (= (T)HPI = zèbres = surefficients = hyperphrènes = précoces, etc. Peu importe le terme choisi, ce qui importe demeure de saisir de quoi il retourne) ;)

 

 


 

 

Second livre du jour, toujours écrit par le Dr Gabriel Wahl : le tout nouveau « Que sais-je ? » n° 3698 sur "les enfants intellectuellement précoces", dans sa version revue & augmentée :up:

 

Cette nouvelle édition voit l'ajout d'un tout nouveau chapitre sur l'accompagnement parental :)

 

Il s'agit du 9ème chapitre, état des lieux prenant aussi la forme d'une mise en garde : "la précocité intellectuelle est une chance, mais... elle n'est pas sans risques" :roll:

 

Et comme je le dis souvent, tant aux parents qui m'écrivent ou dans mes interventions, il est bien plus simple de prévenir un problème que d'agir lorsque l'enfant va mal. Or être attentif implique d'être conscient de ces fameux "risques".

 

Gabriel Wahl a par ailleurs enrichi son passage sur l'échec scolaire dans le chapitre 7. Il faut savoir qu'outre son métier de pédopsychiatre, il est également président de l'ARPE (l'Association de Recherche Pluridisciplinaire sur l’Echec scolaire) :up:

 

Par ici, le sommaire détaillé de cette nouvelle édition :

 

Introduction

Chapitre premier – Historique. Une petite histoire de l’intelligence

I. Grèce, la loterie truquée de Platon
II. Chine, du lignage aristocratique au Beïjing Genomics Institute
III. France, du don de Dieu à l’école de la République
IV. États-Unis, de Thomas Jefferson à l’étude Terman
V. Allemagne, le programme national-socialiste
VI. Génie et folie

Chapitre 2 – Les théories de l’intelligence

I. Les stades de l’intelligence, Jean Piaget et les néo-piagétiens
II. L’intelligence est une et indivisible, Charles Spearman et le facteur g
III. Les intelligences multiples, Louis Thurstone, John Caroll, Howard Gardner, Robert Sternberg,…

Chapitre 3 – Les déterminants de l’intelligence

I. Deux études controversées sur l’intelligence
II. À la recherche des gènes de l’intelligence…
III. … et des gènes du surdon
IV. De l’inné et de l’acquis dans le développement de l’intelligence

Chapitre 4 – Les tests d’intelligence

I. Phrénologie et tests sensoriels
II. Alfred Binet, ou l’invention des tests modernes
III. William Stern et David Wechsler, du quotient intellectuel (QI) au rang percentile
IV. Construction et fiabilité des tests d’intelligence
V. Quotient intellectuel, quotient rationnel, quotient émotionnel et tests de créativité

Chapitre 5 – Identification des enfants précoces

I. Précocité et dyssynchronies du développement
II. Identification clinique
III. Identification par les tests d’intelligence
IV. L’identification par les tests de créativité
V. Diagnostic différentiel

Chapitre 6 – Personnalité des enfants précoces

I. Relativité d’un portrait-type
II. Curiosité intellectuelle
III. Hypersensibilité
IV. Sens de l’humour

Chapitre 7 – Les risques de la précocité intellectuelle

I. La dépression
II. L’anxiété
III. L’hyperactivité ou le TDA/H
IV. Les troubles du sommeil
V. Les dyssynchronies
VI. L’échec scolaire

Chapitre 8 – Biologie de la précocité intellectuelle

I. Anatomie comparée
II. Développement cérébral
III. Efficacité neuronale
IV. Latéralité hémisphérique
V. Rythme cérébral

Chapitre 9 – L'accompagnement parental

I. La précocité intellectuelle est une chance, mais...
II. ... elle n'est pas sans risques

Chapitre 10 – Adaptations pédagogiques

I. Réticences idéologiques et libertés pédagogiques
II. Programmes pédagogiques

Chapitre 11 – Aux confins de la précocité intellectuelle

I. Mozart, la mémoire auditive d’un enfant prodige
II. Gustave Doré, la mémoire visuelle d’un enfant prodige
III. Les joueurs d’échec à l’aveugle
IV. Les calculateurs prodiges
V. Les calculateurs de calendrier

Conclusion
Petits et mauvais génies

Bibliographie
Remerciements

 

 

Ayant déjà donné mon avis de lecture sur cet ouvrage, je reposte ce-dessous les commentaires que je faisais déjà en 2015 sur la première édition :

 

J'ai réellement trouvé ce livre fabuleusement bien écrit :up:

 

Son auteur a, selon moi, parfaitement bien saisi tout ce que le surdouement englobe en terme de réalité, loin des clichés qu'il combat d'entrée de jeu mais aussi loin des idées reçues qui circulent dans le monde même la douance.

 

En parlant de l'intelligence, première page :

 

Mais si on ne parvient pas à définir ce qu'elle est, on peut décrire ce qu'elle fait, on peut nommer ce qu'elle réalise.

 

 

Gabriel Wahl a une analyse extrêmement fine de la situation des enfants surdoués :

 

La précocité intellectuelle est une chance, mais elle n'est pas sans risques. Elle peut notamment provoquer des tourments affectifs et des échecs scolaires. Pour comprendre et aider les enfants précoces, il n'est d'autre préalable que de les identifier comme tels. Pour ce faire, il importe de ne lus considérer le demandes de tests comme une fantaisie isprée par l'élitisme d'un enseignant ou par la vanité des parents. Ce petit procès fait aux parents est pure spéculation ; il procède bien sûr de ce que l'on soupçonne tout parent d'un amour trop indulgent.

 

 

C'est un très beau passage qui m'a beaucoup émue car il expose les choses comme elles sont, avec leur lot de violence & de regards portés, le poids des préjugés, des jalousies.

 

L'auteur rappelle en outre que ces parents, sur qui l'on transpose tout un tas de mauvaises choses & que l'on s'empresse (toujours !) de juger, sont bien souvent inquiets pour leur EIP, & non dégoulinants de fierté.

 

Il souligne aussi combien les enseignants se trompent lorsqu'on leur demande d'identifier un enfant (T)HQI dans leur classe. Pas plus de 40% de réussite, "autrement formulé, à peine 1 enfant sur 2 identifié comme surdoué par un enseignant se révêle l'être après vérification par des tests", contre une identification parentale exacte à 80% !

 

Une raison supplémentaire de se faire confiance, en tant que parent, d'écouter son instinct ! :smile:

 

 

Petits passages savoureux sur, selon les mots du Dr Gabriel Wahl, le "concurrent médiatique du QI" : le fameux (vous savez déjà ce que j'en pense...) QE (pour Quotient Émotionnel) ;)

 

Le succès (médiatique) du QE tient probablement à ce qu'il égratigne la suprématie du QI & qu'il offre un espoir d'épanouissement individuel. Le QE est souvent présenté comme perfectible (apprendre à contrôler ses émotions), alors que le QI apparaît plus inexorable.

 

 

Passages passionnants sur l'éternel débat autour de l'inné & de l'acquis lorsqu'on parle QI, intelligence & surdouement... & mise au point rafraîchissante sur l'héritabilité de l'intelligence au fil de la vie, avec la nécessité de démêler dans cette thématique "les parts & les influences croisées des gènes & de l'environnement".

 


Cliquez sur la couverture pour ouvrir les
détails du « Que sais-je ? » deuxième édition
sur "Les enfants intellectuellement précoces"

 

 

Le livre aborde également la question de l'effet Flynn & de ses limites, comme il souligne l'impératif que le psychologue s'occupant de la passation, de l'analyse & des conclusions du bilan psychométrique soit un réel spécialiste :

 

Il ne suffit pas de disposer d'un test « sensible, fidèle & valide », il faut aussi, pour la passation du test comme pour sa cotation, des psychologues rompus à cet usage.

 

 

S'en suit une très claire & convaincante explication des raisons pour lesquelles il faut véritablement choisir avec soin le professionnel qui testera son enfant ou qui vous testera.

 

Et quelques lignes superbes page 67 (je les ai annotées en écrivant un grand "merci !!!" sur mon petit post-it vert) sur l'identification à la va-vite, sans s'aider de tests comme sur la remise en question par des enseignants ou des conseillers d'orientation-psychologues de la douance. L'auteur rappelle que le surdouement n'est pas (forcément) la réussite scolaire & par conséquence, l'enfant (T)HPI n'est pas (forcément) celui qui sera 1er de la classe :

 

Nos petits surdoués nous apprennent que le lien qui unit intelligence & réussite scolaire se noue & se dénoue dans la relation pédagogique.

 

 

Viennent alors des pages sur les tests, notamment de Wechsler (Wppsi, Wisc, Wais), puis sur les diagnostics différentiels par rapport au syndrome d'Asperger, au TDA/H.

 

L'occasion magnifique de rappeler, comme j'aime le faire que de nombreux enfants (T)HQI ont sans aucun doute des traits autistiques, mais seulement des traits... Comme certains enfants (T)HQI sont très bougillons sans du tout être TDA/H !

 

Certains cumulent les deux (surdouement & SA, surdouement & TDA/H)... mais ils sont une minorité :up:

 

Le chapitre sur la personnalité des enfants précoces donne à Gabriel Wahl l'opportunité d'écrire des choses terriblement nécessaires & justes, telle que la relativité d'un portrait type de l'enfant HPI que certains voudraient faire passer. Il insiste sur l'importance de faire très attention à ce qu'il appelle les "affirmations aveugles" & j'applaudie intérieurement à la relecture de ce passage alors que je tape ces lignes :-D

 

Mais il se permet également d'écrire ce que peu d'auteurs osent encore faire de nos jours, où la tendance est presque à avoir honte d'arborer un très haut score. Il n'hésite pas à redire combien la différence peut être de taille entre un haut & un très haut quotient intellectuel & combien les conséquences peuvent, par ricochet, varier :

 

Ainsi, la comparaison entre 2 enfants surdoués, l'un avec un QI de 130 & l'autre avec un QI de 160, risque de n'offrir que peu de points communs. Pour le premier, le pronostic scolaire & social est plutôt bon. Pour le second, les risques d’inadaptation sont plus élevés.

 

Gabriel Wahl aborde également l'hypersensibilité en prenant un chemin de traverse peu présent dans la littérature française, l'hyperstimulabilité ; & en proposant une appellation sur le même mode que le TDA/H, qui serait EIP/H (Enfant Intellectuellement Précoce, avec ou sans Hypersensibilité) :!:

 

Le chapitre sur les risques liés à la douance s'appuie sur nombre d'études pour venir contrecarrer des idées toutes faites (les surdoués sont plus dépressifs, plus anxieux, plus touchés par le TDA/H, plus sujets aux troubles du sommeil).
A noter un très beau passage sur les dyssynchronies, concept mis au point par le psychologue Jean-Charles Terrassier :)

 

Le chapitre suivant, biologie de la précocité intellectuelle, est un pur régal !!! (enfin, pour moi il l'a été LOL )

 

Il nous apprend notamment que les personnes à haut ou très haut QI auraient finalement une sorte de double hémisphère gauche :

 

[...] d'autres études ont montré que l'hémisphère droit des surdoués offre des capacités proches de celles de l'hémisphère gauche, on a retenu que les enfants intellectuellement précoces pourraient disposer de deux hémisphères dévolus à la rationalité, au langage, au calcul, à la pensée analytique, tandis que le commun des « cérébrés » n'en possède qu'un.

 

 

Et puis (petit plaisir personnel), l'auteur égratigne avec panache le sociologue Wilfried Lignier (qui a publié il y a quelques années "La petite noblesse de l'intelligence : une sociologie des enfants surdoués" dont vous pourrez lire ma critique par là) dans le chapitre sur les adaptations pédagogiques :-P

 

Gabriel Wahl ne manque pas d'humour quand il écrit dans sa conclusion, en référence à Freud & ses histoires de pulsions sublimées, détournées, etc. :

 

Nous ne soutenons pas cette théorie, mais dans tout ouvrage de psychologie, il est d'usage de citer Freud au moins une fois.

 

 

Un bien beau "« Que sais-je ? » : les enfants intellectuellement précoces" paru le 12 avril 2017 en deuxième édition revue & augmentée, toujours aux PUF (Presses Universitaires de France).

 

Absolument indispensable à toute personne intéressée par la question du surdouement chez les petits comme chez les grands :hearts:

 

Pour moi un immense coup de cœur envers ce que je considère être un must have (qui ne coûte, en plus, que 9 €uros :up: ).

 

 


 

 

:arrow: à noter enfin que le Dr Gabriel Wahl est l'un des préfaciers (avec la psychologue Arielle Adda) de mon livre, "Les tribulations d'un petit zèbre : Épisodes de vie d'une famille à haut potentiel intellectuel" paru en 2016 chez Eyrolles :-D

 

Livre qu'il cite du reste par 2 fois dans ce « Que sais-je ? Les enfants intellectuellement précoces » :round:

 

Il m'avait fait l'honneur d'une préface extrêmement touchante, & ce billet est une nouvelle occasion de l'en remercier sincèrement.

 

Les Tribulations d'un Petit Zèbre, le livre du blog !

 

 

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:) :-D 8) :oops: :( :-o LOL :-| :-x :-P :-? :roll: :smile: more »

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