Pourquoi il faut se méfier du Q.I comme unité de mesure ultime (Le Huffington Post, octobre 2017)

En ce jour d'Halloween, j'ai cherché une actu qui fait peur ;)

 

Mais je n'ai trouvé que cet article, dans le Huffington Post : "Pourquoi il faut se méfier du Q.I comme unité de mesure ultime" :!:

 

Ceci dit, je crois qu'il voudrait bien faire trembler dans les chaumières :-P

 

Avec des phrases comme :

 

"Dans toute personne se trouvent des trésors autres que la vantardise d'un QI à 160! "

"La barbarie du QI est en route"

 

 

L'auteur, Guy Vallancien (qui est chirurgien & a fondé la CHAM - pour Convention on health analysis and management) cherche à mettre en garde contre une société qui ne verrait plus qu'un score de QI (élevé si possible) sur le front des gens :-?

 

L'intelligence artificielle (& tout ce qu'elle promet) pousserait l'être humain à vouloir aller toujours plus loin dans la sélection cognitive au sein de nos sociétés.

 

Bon perso je ne partage pas du tout cette analyse, pas plus que cette vision du monde ou ces craintes. Et pour être honnête, j'ai même eu du mal à refréner un sourire à la lecture de certains passages du texte de Guy Vallancien, qui me semblent mélanger différentes choses, dans une exagération maladroite.

 

Domination, eugénisme, intelligence artificielle, perte de dignité humaine...

 

Evidemment, la référence historique incontournable ("pureté de la race" & idée de supériorité) déboule bien vite dans le tableau afin d'appuyer la thèse défendue, frappée du sceau de la solennité :-|

 

Je n'arrive pourtant pas à adhérer à ces peurs de déshumanisation qui me paraissent plus sorties d'un mauvais romans de SF que d'une compréhension correcte de l'évolution du monde dans lequel nous vivons.

 

Je vous laisse découvrir le papier :

 

La tentation d'une élimination des moins doués, des plus faibles et des plus vieux, toutes personnes inutiles puisque ne produisant pas ou plus d'intelligence nous menace.

"L'Homme et le Q.I.". Telle pourrait s'intituler une fable dont malheureusement le tragique court au seul énoncé de ces deux mots magiques autant que dangereux: Quotient intellectuel. Mon ami Laurent Alexandre dans un livre recent ("La guerre des intelligences", Fayard, 2017) fait l'apologie de ce fameux QI, indicateur phare aux yeux des tenants d'une surhumanité dont la baisse annoncée ou confirmée chez certaines catégories de populations signerait le glas des civilisations touchées et prédirait l'effacement des groupes humains abâtardis, gorgés à la bétise la plus crasse.

Un QI bas engendrerait donc mécaniquement l'esclavage voire la disparition des uns sous la domination des autres dotés de cerveaux plus rapides et mieux structurés, qu'ils soient faits de chair ou numériques. Vision simpliste orchestrée par ceux qui fondent la spécificité de l'homme sur une infime part de ses capacités cognitives et émotionelles. Nouvelle dictature du chiffre et des statistiques à l'ère des algorithmes reposant sur des critères aussi discutables qu'incertains et trompeurs. Reflet d'une société paniquée qui, sous l'émergence de l'intelligence artificielle, court après le toujours plus quantitatif dans l'espoir vain d'atteindre la perfection en espérant échapper à la concurrence des petaflops. Triste fuite en avant qui méconnait les ressources immenses que nos esprits de pauvres Sapiens, patauds et lents, utilisent tous les jours pour créer, donner, partager, aimer et vivre.

Dans un tel contexte, la tentation d'une élimination des moins doués, des plus faibles et des plus vieux, toutes personnes inutiles puisque ne produisant pas ou plus d'intelligence nous menace. Marqués au fer rouge par un QI à soixante-dix, à cent, à cent trente ou plus, nous serions déjà les objets d'un classement aussi ignoble que scandaleux, méconnaissant cet être vivant qu'est l'homme dont l'originalité est justement d'accepter les différences, les incertitudes, les faiblesses, les manques et les tares.

 

 

POUR LIRE la SUITE :arrow: c'est ici !

 

 

:idea: Guy Vallancien est l'auteur de "Homo Artificialis. Plaidoyer pour un humanisme numérique" paru aux éditions Michalon

 

 


Cliquez sur la couverture pour ouvrir
les détails du livre "Homo Artificialis"

 

 

Et l'ouvrage dont parle le Dr Vallancien : "La guerre des intelligences", écrit par le Dr Laurent Alexandre & sorti aux éditions Fayard

 


Cliquez sur la couverture pour ouvrir les
détails du livre "La guerre des intelligences"

 

 


 

 

 

 

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5 commentaires à “Pourquoi il faut se méfier du Q.I comme unité de mesure ultime (Le Huffington Post, octobre 2017)”

  1. G. dit :

    Titre prometteur mais ça s’arrête là en effet.
    Par contre, je ne suis pas sûr de saisir à qui l’auteur s’oppose. A l’IA, c’est un fait. Mais qui ici bas et de nos jours souhaiterait une sélection sociale basée sur le seul QI tout en excluant/éradiquant ceux qui ne rentrent pas dans le gabarit ?

    D’avance, merci d’éclairer mon p’tit lampion.

    • Copper Lebrun dit :

      Pour répondre à votre question : les Chinois par exemple, on séquencé l’ADN de 1000 personnes à très haut QI et se livrent à la sélection génétique de gamètes, basée sur les données de ces séquençages.

      https://www.edge.org/response-detail/23838 (article en anglais)

      L’article évoque que l’idée que la sélection eugénique ne se fera pas au niveau social, par élimination et exclusion, mais au niveau du « biopouvoir » (le pouvoir de créer et d’influencer les formes vivantes comme on le désire).

      … je crois aussi utile de rappeler que, dans notre beau pays, nous pratiquons aussi l’eugénisme, en vertu de la loi Veil de 1975 permettant d’employer l’Interruption Médicale de Grossesse (élimination des foetus par injection de morphine, possiblement jusqu’à terme), au motif d’une « affection grave et incurable »; lorsque l’enfant a été détecté comme atteint de Trisomie 21 (entre autres). Ce choix sera choisi, d’après une revue médicale, par 94 % des mères (le pouvoir sacralisant et anathémisant des blouses blanches sur la personne lambda ayant été mis en évidence depuis assez longtemps par l’expérience de Milgram…).

      Ceci et les conditions dans lesquelles nous traitons les gens « handicapés mentaux » (dont pas mal d’autistes au passage), peuvent nous faire penser que cette sélection n’a pas à se faire systématiquement lors de la passation d’un test de QI. Elle s’opère bien en amont. … voir les conditions d’accès à l’éducation que la république offre aux trisomiques et aux autistes (hors syndrôme d’Asperger s’entend).

      • G. dit :

        Le projet chinois est éloquent mais est-il applicable à grande échelle ?

        Dans le même ordre d’idée, depuis le 1er septembre la Suisse autorise (après acceptation de l’initiative par le peuple), sous certaines conditions, le diagnostic préimplantatoire. Boite de Pandore ? L’avenir nous le dira…

      • LittleWitch dit :

        Bonjour,

        Ces chiffres (concernant l’IVG en cas de maladie grave) me choquent et donnent un bon exemple de l’art de manipuler l’information… Peut-être sont-ils tels quels exacts (je n’en sais rien), mais vous dites bien « lorsque l’enfant a été détecté comme atteint de trisomie 21 ». Autrement dit, après avoir pratiqué une amniocentèse. Or l’amniocentèse n’est pas sans risque (notamment fausse-couche dans environ 1% des cas, ce qui est loin d’être négligeable). Tous les parents que je connais (soit dans mon entourage soit sur des forums de futures mamans) qui se sont posés la question, commencent par se demander ce qu’ils choisiraient s’il s’avérait que leur enfant était atteint de trisomie 21. S’ils se disent qu’ils ne pourraient de toute façon pas accepter une IVG, alors ils refusent l’amniocentèse dans la majorité des cas dont j’ai entendu parlé (ce qui me semble parfaitement logique : on ne prend pas de risque si l’on choisit de ne rien faire quoi qu’il arrive). Autrement dit, si l’on reprend vos données, 94% des parents ne souhaitant pas garder un bébé atteint de trisomie 21 (puisque prenant le risque de l’amniocentèse) pratiquent une IVG si la T21 est avérée… ce qui change singulièrement la façon d’interpréter vos chiffres !!… Ensuite, savoir ce qui est le mieux pour la famille et l’enfant, c’est un autre débat et je ne rentrerais pas dedans ! J’ai simplement été choquée par votre interprétation qui cache un questionnement bien plus profond des familles.

        Il n’en reste pas moins que le projet chinois est inquiétant.
        Bonne journée !



:) :-D 8) :oops: :( :-o LOL :-| :-x :-P :-? :roll: :smile: more »

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