[À VOS CLAVIERS] Votre découverte de la douance… (partie 1)

Amis lecteurs, en ce froid 19 novembre je vous propose un billet participatif :-D

 

Pourquoi participatif :?:

 

Car j'ai parlé écrit sur ce blog durant neuf ans, quotidiennement... & qu'aujourd'hui, je laisse la parole à d'autres  :roll:

 

Car chacun a une histoire, des anecdotes, des ressentis qui lui sont propres, & qui pourtant peuvent "parler" aux personnes concernées.

 

C'est la force du témoignage : partir de quelque chose de personnel & faire écho chez un lecteur, un spectateur, un internaute. Mais aussi lui rendre la vie plus douce en lui montrant qu'il n'est pas seul, que d'autres vivent ou ont vécu ce qu'il traverse, qu'il n'est pas un imposteur :round:

 

Les témoignages sont indispensables !  Ils placent l'humain au centre d'une particularité, d'une spécificité, d'une rareté. Ils dédramatisent en créant une proximité rassurante.

 

Par eux, ceux qui sont une minorité se retrouvent autour de points communs qui les aident à se sentir un peu moins étrangers, & un peu plus à leur place. Ils découvrent qu'ils ne sont pas l'extraterrestre oublié sur Terre qu'ils ont toujours cru être, mais que d'autres sont "comme eux".

 

Votre mission (si vous l'acceptez  :-P ) consiste à parler de vous, à vous raconter autour de la douance. À transmettre, tout simplement, votre expérience à celles & ceux qui vous liront :)

 

Le thème de ce billet est "La découverte de la douance" :idea:

 

Et voici une grille sur laquelle vous pourrez vous appuyer pour développer votre récit :

 

 

✅ Qui êtes-vous ? (âge, sexe, êtes-vous le parent d'un ou plusieurs (T)HPI, &/ou vous-même (T)HPI... ? Bref, tout ce qui vous semble utile de préciser à ce propos ;)

✅ Quand & comment avez-vous découvert le haut potentiel intellectuel ? (vous pouvez précisez le contexte, les circonstances, les hésitations ou à l'inverse l'intime conviction, les démarches, le besoin de faire valider une intuition, ou au contraire la certitude)

✅ Quels sentiments ou actions a provoqué cette mise en lumière sur le moment, puis avec du recul ? (vous en avez parlé autour de vous ? Ou pas du tout... ? Vous avez eu besoin de temps pour digérer ces nouvelles informations ? Vous avez revisité le passé à la lumière de cette nouvelle donne ou encore vous avez souhaité prendre un nouveau départ ? À vous de voir... )

✅ Qu'aimeriez-vous dire aux personnes qui découvrent à leur tour le surdouement ? (ou qu'auriez-vous aimé que l'on vous dise à l'époque ? Qu'est-ce qui vous aurait aidé ? Ou permis d'éviter certains pièges ? )

✅ Qu'est-ce qui a changé depuis cette prise de conscience ? (en vous, chez votre enfant, dans votre manière d’interagir avec ceux qui vous entourent, dans vos objectifs de vie...)

 

 

Pour que je mette ces témoignages en ligne ici même, il faudra m'envoyer votre texte, par e-mail, à cette adresse :arrow: lestribulationsdunpetitzebre [@] gmail.com :up:

 

(je précise, parce que cela m'a été demandé, que tout le monde peut écrire ! Y compris les personnes en questionnements, n'ayant pas encore eu confirmation de leur haut potentiel. Il suffit de préciser tout ce qui sera utile aux lecteurs dans votre témoignage :) )

 

À vos claviers  :smile:

 

 


🎄 LE TRADITIONNEL BILLET "sélection de NOËL" est en ligne ! 🎁🎉

 

 

 

💬 Les témoignages ⤵

 

 

🗣 19 novembre 2018 

Tout d abord, merci à vous,pour votre blog, vos écrits... Ils font partie de notre vie !...
Depuis peu...

Parents de deux enfants atypiques, je n avais aucun doute, encore fallait mieux les comprendre...

Mon grand en break scolaire, pour "refus anxieux", depuis cette rentrée.au bord du malaise chaque matin,
Trop de bruit, trop de monde, et trop...
Alors on observe, on retrace et nous discutons, ouvertement de nos ressentis, de nos angoisses, de notre vision, différente... Diagnostics en cours, et bilans également...

Mais mon fils, Rémi, 11 ans, se retrouve, et apprivoise tout ça doucement...

Ma deuxième, Clémence, 8 ans, nous fait part de ses particularités également, sous la colère...
Dur dur... Mais nous sommes attentifs, trop pour certains, et nous l accompagnons...

La société actuelle est en partie la plus dure à gérer...
Le regard des autres,

Il nous faut se protéger, s armer, pour avancer, être heureux, et surtout devenir soi.
Des couleurs, des formes, des ressentis des intuitions, des troubles pour certains, une force pour nous...

Parcours difficile, niveau scolaire, mais grâce à votre blog, l association phobie scolaire, et bien d autres, nous aident à mesurer, prendre encharge, établir ce qui doit être, et nous ferons un cocktail heureux de ce que nous sommes réellement...

Alors merci encore à vous, pour votre partage de vies...

 

 

🗣 19 novembre 2018 

J’ai 45 ans et suis maman de 3 zèbres de maintenant 20, 18 pour mes filles et 11 ans pour mon fils !

En essayant de la faire courte , mon aînée a été repéré HP, profil fille douée autonome homogène lorsqu’elle avait 7 ans ... j’ai lu mon premier livre de Jeanne Siaud-Facchin 😃 cela a été un choc , une grosse prise de conscience que ma fille ne fonctionnait pas « comme tout le monde » et elle disait se sentir différente !!!

Un pédopsychiatre que j’avais consulte au départ m’avait dit « mais Mme , tous les enfants ont envie d’être extraordinaire !!!! » je lui ai répondu qu’elle se sentait différente et que cela me semblait être très différent !!!

Cependant , mon aînée n’avait pas grand -chose à voir avec moi de ce point du vue.En effet , alors que j’avais un an d’avance en maternelle ( ce qui n’avait jamais été parlé , c’était juste un fait ) j’ai fait mon collège en 6 ans , redoublé 2 fois ... parcours scolaire difficile , en difficulté ... je n’ai pas fait une seconde générale, les profs ne m’ont pas laissé...

Quand ma deuxième, deux ans après , a commencé à ne pas être très bien , je l’ai emmené consulter la psychologue qui avait repéré mon aînée .
Elle l’a testé et m’a dit qu’elle aussi était HP mais hétérogène et pas scolaire ...
J’ai passé l’entretien de restitution à pleurer ... ma 2ème , c’est mon mini-moi😂😂 et là , j’ai lu l’adulte surdoué ! Et tous s’est éclairé !!!

Enfin, beaucoup de choses prenaient sens !!!!
J’étais infirmière à l’époque et à 35 ans , j’ai repris des études !
Depuis toujours , je voulais être psychologue sans jamais jusque là m’autoriser à penser que c’était possible !!!!
Je suis à présent psychologue clinicienne et j’accompagne entre autres , beaucoup , mais pas que les zèbres petits et grands pour mon plus grand bonheur !!!

Merci donc à tous les professionnels notamment Jeanne mais aussi Alexandra , roberta , Olivier Revol, Jean-François Laurent et d’autres de mettre tant de cœur à œuvrer pour cette population jusqu’alors peu repéré et donc bien accompagner !
En espérant ne pas avoir été trop longue 😉difficile de résumer un parcours de vie de 45 ans en qq lignes 😉
Belle journée à tous 🌈✨💫🤩🧡😘

 

 

🗣 19 novembre 2018

La plus grande difficulté, à mon expérience, est de définir « la norme » ou plutôt « les normes » car elles sont multiples.

Tout d’abord il y les normes au sein du cercle familial (définissables par des potentiels décelables/ testés ou bien encore ceux refoulés depuis l’enfance – comme c’est le cas de certains parents) et celles qui définissent le monde extérieur, les normes scolaires, sociales etc.

Dans notre cas, je regrette quelque peu que le THPI d’un de nos trois enfants ait été posé seulement car la souffrance qu’il ressentait, nous a poussé à consulter une psychologue.  Ce n’est qu’après 3 ans de réflexion générée par ce premier test, que nous avons pu commencer à mettre au clair notre constellation familiale, constituée de THPI, de HPI couplés pour certains de HP créatif.

L’aventure et les découvertes continuent, comme pour tous les êtres humains, mais les bases sont visibles et éclairent nos chemins personnels et familiaux dans un environnement multinormes changeant.

 

 

🗣 19 novembre 2018

J’ai bientôt 40 ans, mariée  et 2 filles de 13 et 11 ans. Jusqu’en 2014 tout allait bien mes filles étaient très à l’aise à l’école, dans leur vie etc … et puis à la rentrée en CM2 de ma grande, ce fut la catastrophe, elle pleurait  tous les jours à l’école (je ne l’ai su qu’au bout de 3 mois par une copine de ma fille qui s’inquiétait !) , elle parlait de mourir à la maison … bref de consultations en consultations, de pédopsychiatre et psychologue,  nous avons découvert le monde de la douance. Après le bilan HPI de l’ainée, la psychologue a demandé si elle pouvait rencontrer la plus jeune, bilan HPI aussi … tout ça résonnait très fort pour mon mari et moi-même. Nous avons donc décidé de passer nous aussi le bilan psychométrique, et les résultats sont tombés HPI tous les 2 ! Et voilà comment nous avons commencé à identifier notre troupeau J

3 ans, c’est le temps qu’il nous a fallu pour établir un nouvel équilibre dans nos vies, regarder chacun le passé d’un nouvel œil, être bienveillants envers nous-même, retrouver un équilibre avec le monde extérieur …

Nous en avons parlé un peu autour de nous, avec précaution et là ce fut la révélation, mon frère, mes nièces, nombre de nos amis avec leurs enfants … et bien nous ne pouvions que constater que les zèbres se regroupent et vivent en troupeau !

Ce qui a changé pour nous : TOUT ! Une nouvelle grille de lecture de nos vies et une nouvelle façon de l’apprivoiser, un apaisement pour tous et un recul énorme qui fait un bien fou ! Une nouvelle façon d’aborder les crises, d’aborder la vie, une acceptation de nos différences …  ce n’est pas facile tous les jours mais on avance à notre rythme. L’école reste le plus difficile à gérer avec les enfants, les instits ont de mal à s’adapter, ceux que nous avons rencontré n’étaient pas réfractaire à l’idée d’avoir des enfants HPI dans leur classe mais ils ne savent pas quoi en faire, entre l’admiration et l’envie de n’avoir que des enfants comme elles (très bonnes notes et très sages) et l’incertitude et la peur d’aller trop loin dans les programmes scolaires … Les filles n’ont pas voulu sauter de classe pour rester avec les copines, nous l’avons respecté, l’entrée au collège a un peu calmer la situation, nous avons multiplier les activités extra-scolaire, mais ça ne suffit pas toujours. L’ennui revient par vague qu’il faut gérer en douceur, pour les petits comme pour les grands.

Et puis on parle beaucoup des enfants mais qu’arrive-t-il quand ils deviennent grands, adultes et qu’il faut qu’ils se confrontent au monde du travail ??? J’ai l’immense chance de travailler dans une grande entreprise où quelques personnes ont décidé de créer une communauté professionnelle pour sensibiliser au HPI (My Gifted Network – Airbus), une première en France, la direction commence à entendre les messages que nous essayons de passer. Nous avons la chance d’avoir des gens très engagés qui multiplient les conférences et autres démarches pour faire connaitre le HPI dans l’entreprise. Cette initiative a permis à d’autre de créer des communautés professionnelles similaire comme celle de la fonction publique ( https://www.hpi-fonction-publique.fr/ ), petit à petit nous espérons que ces initiatives se propageront, nos petits vont grandir et nous voudrions qu’ils puissent intégrer un milieu professionnel accueillant pour eux, ou, tout du moins, non hostile !

Tout ceci est un peu en vrac, certainement bourré de fautes mais j’espère arriver à faire passer un peu d’espoir à celles et ceux qui galèrent aujourd’hui, nous avons vécu 3 années de galères, mais on a survécu, une de vos plus grande capacité est votre capacité de résilience.

Pour les autres, ceux qui vivent déjà pleinement leur douance, merci de votre bienveillance et d’avoir partagé tout ça, vous nous avez aidés à garder la tête hors de l’eau et à regarder  toujours plus loin jusqu’à atteindre le rivage !

Merci aux nombreuses initiatives, blogs, psychologues, auteurs qui nous ont permis de mieux vivre, et qui permettront à nos enfants de s’épanouir encore plus et de vivre leurs rayures ou quoi que ce soit d’autre pleinement !

 

 

🗣 19 novembre 2018

À l'aube de mes 50 ans ou au crépuscule de mes 49 c'est au choix, tout me va, puisqu'ils décrivent une seule et même vérité, J'ai enfin décidé de passer les tests et j'ai enfin eu la réponse.

HPI 135.

L'impression ? Que ma colonne vertébrale avait enfin le droit de se tenir entièrement droite, parfaitement déployée, j'ai eu comme l'impression de relire ma vie sous ce nouveau prisme, avec au choix une sensation d'immense gâchis face à tout ce que j'aurai pu si j'avais su et cette incroyable renaissance à moi même avec mon adage chéri, aujourd'hui est le premier des jours à venir.

Alors avec mon sac de ressources rempli de ma vie et de tout ce que j'ai traversé, affronté, résilié, Je vais vivre et c'est plutôt chouette ça commence par une révolution dans les rues, par un ciel bleu et froid qui nettoie, et par un lundi premier jour de la semaine.

Je vous souhaite à tous une vie pleine de bonheurs petits et grands, de lumière d'amour et de joie.

Merci pour cette tribune offerte et merci pour tout ce que tu nous offre au travers de tes partages ♥️

 

 

🗣 19 novembre 2018

G., est un de mes fils. Il n'a jamais eu de vrais copains en primaire, c'était celui qui amenait des bonbons que tout le monde prenait et qui n'avait droit à aucun quand c'était les autres?

G est un enfant qui a été accusé de perturber la classe par ses bavardages, par son incapacité à rester en place pour s'exprimer. G est un enfant qui , d'après un "éminent " professeur d'école devait être hyperactif et devait prendre des cachets pour se calmer. G est un enfant qui n'était jamais invité aux anniversaires et lorsqu'il organisait le sien, les invités passaient sans s'arrêter malgré leur promesse. G est un enfant qui n'aime pas le sport, le foot ( quelle drôle d'idée un garçon qui n'aime pas le foot !!) mais qui parlait facilement de l'espace, de Dieu depuis le CE1.. bref un enfant "à part" .

Au CE2, encore une fois convoqués par la maitresse, comme tous les premiers trimestres (!!) nous rentrons pour une fois dans le détail du comportement de G. Elle nous conseille de de le tester car les symptômes de G lui font penser à un enfant précoce . Nous y avions déjà pensé mais je m'y étais opposé, peut être par la peur d'une certaine différence et le regard des autres. Malgré tout nous cédons, à contre cœur et lui faisons passer le fameux test au CMP.

La réponse que nous avons eu : Les tests montrent que votre fils est largement précoce et nous nous conseillons de prendre RDV avec des associations pour vous aider. Voilà la réponse que je redoutais le plus, celle qui allait mettre G à part. Nous avons essayé de le faire suivre par le CMP mais , je pense, il ne faisaient qu'essayer de le lisser vers le "normal". Il fera dans les mêmes conditions le CM1 et CM2 avec la même maitresse qui ne fera aucun effort pour l'aider, au contraire. G se sentant mal nous a demandé d'intégrer , à la rentrée un collège à 250 Kms de chez nous, en internat. Il faut savoir qu'il est né le 31 décembre et du fait à presque un an d'avance. Ce collège privé fait le parcours de la 6ème à la 4ème en 2 ans.

Nous prenons rdv avec ce collège qui fait passer des test d'entrée pour intégrer la classe HPI. Au fond de moi, j'étais partagé par la peur et la joie qu'il réussisse . Réponse après quelques semaines d'incertitude, votre fils à parfaitement le profil pour intégrer la classe HPI. Je ne sais pas si je pleure de joie pour lui ou de peine pour nous..

Voilà mon fils qui quitte le CM2 avec l'incompréhension de la maitresse qui ne comprend pas pourquoi il n'intègre pas le collège local comme ces petits "camarades", le regard des parents qui nous prennent pour des snobs, des vantards, mais surtout, ce que personne ne comprend.. nous allons mettre notre fils de 10 ans en internat, à 250 kms de chez nous.. cela personne n'a comprit ce que nous ressentions , cette peine, se séparer de notre fils si jeune, ne l'avoir que le week end.. et nous avons en plus eu des reproches sur ce que nous faisions " vous vous rendez compte , il se sépare de leur fils de 10 ans !!) !

Nous l'avons fait pour lui, c'est aussi lui qui le voulait. Il va avoir 16 ans le 31/12 et est en terminale. Il va passer son Bac cette année scolaire. Nous n'avons pas été aidé par le CMP, pas par le corps enseignant et pas par les parents des autres élèves et quand on habite dans un petit village les choses ne sont pas simples. G est équilibré maintenant, dans une classe où les élèves ont 17/18 ans, lui 15 ans et demi. Ses camarades sont surprit par son âge mais l'ont parfaitement acceptés .

Il n'a plus aucun contact avec les élèves qu'il avait depuis la maternelle mais a gardé d'excellents contacts avec ses camarades HPI. Voilà notre petite histoire, juste pour expliquer que d'avoir un fils HPI et que, pour beaucoup de parents qui rêvent d'avoir un fils comme cela, cela n'est pas simple. Nous avons fait tester son frère qui a préféré se torpiller dans ce qu'il savait le mieux faire pour ne pas partir en Internat !

 

 

🗣 19 novembre 2018

Bonjour à toutes et à tous, j'ai 36 ans et je suis la maman d'un petit garçon de 4ans1/2. Je n'ai pas pour l'instant encore passé de teste ni fait passé de test à mon fils surtout pour des raisons financières et puis, parce que je ne sais pas comment aborder cette question avec les praticiens de la santé. Mais voilà, depuis plusieurs années maintenant, je suis en quête de « qui suis-je ? » . Au bac, j'avais eu cette question et je n'avais pas su répondre car bien trop vaste pour moi. En réalité, même là, je ne sais pas par où commencer, tant le cheminement est complexe. Alors, je pense qu'il est peut-être plus simple de commencer par le commencement et je m'excuse par avance pour le pavé qui va suivre.

Je suis née en 1982 dans une famille qui a très vite volée en éclat. Mon père, pour ne pas dire géniteur, a décidé de partir du foyer parce qu'il préférait élever les enfants d'une autre plutôt que des siens, ma sœur aînée handicapée lourdement et de moi-même. J'ai eu très tôt conscience de ce qu'il se passait car vous pouvez me croire ou non, j'ai des souvenirs qui remontent à mes tous premiers mois de vies. Pour donner un exemple, je me rappelle d'une séance de bain. J'étais encore bébé et je tenais assise. J'étais dans une bassine bleu posée sur un double lavabo dans la buanderie. A droite, les portes fenêtres. Ma mère me lavant, l'amour et l'affection présent. Je lui parlais. Je lui expliquais quelque chose en lien avec la philosophie. De son côté, elle n'étendait que mes babillements c'est sûr mais moi, je lui parlais vraiment. Je me rappelle du shampoing qu'elle utilisait pour moi : il était transparent avec un bouchon bleu et une étiquette bleu montrant une maman et son bébé dans les bras avec d'écrit BABY. Donc, très vite j'ai pris conscience de ma situation vis à vis de ma sœur aînée, qui est très vite devenue ma petite sœur et, du regard des gens quant au fait d'être enfant de divorcés et du racismes.

Le sentiment de différence s'est donc fait ressentir très tôt. Mais, pendant très très longtemps, j'avais mis cela sur les faits mentionnés plus haut. Ce n'est bien plus tard, que j'ai compris que ça ne venait pas de là.

Petite, j'étais une enfant rêveuse, toujours dans la lune. Mes pensées étaient plus fortes que le monde réel et elles étaient mes compagnons de solitude car oui, je n'avais pas d'ami. Pour ma part, mes pensées défilantes à gogo ont été mon salue. Ainsi, je pouvais m'évader dans mes histoires que j'imaginais, avec ses personnages, ses univers. J'avais un passe-temps que j'aimais particulièrement c'était de laisser aller mes pensées et voir jusqu'où elles me menaient. Ainsi, je partais simplement de l'action de « marcher » pour enchaîner sur l'os du tibia puis, sur le squelette, l'absence de squelette, à ce que serait notre monde si nous étions différents, pour revenir à la résistance de l'os, ce qu'il se passerait si et si et si... et ainsi de suite, jusqu'à me retrouver sur un sujet qui n'avait plus aucun rapport avec le début. Par contre, j'ai souffert d'être seule ou quand j'arrivais à avoir une amie que cela dégénère car trop sensible, trop influençable surtout au primaire.

L'école a été un enfer pour moi. Au début, bien que j'affichais un très bon carnet de notes, j'étais rabaissée parce que j'avais une sœur handicapée et parce que rêveuse.. Puis une jour, je me suis « réveillée » et de ce jour-là, mes notes ont chuté : hors sujets, dyslexie, des difficultés avec les maths car pour moi c'était abstrait (et ça l'est toujours). Pourtant, j'aspirais à comprendre le français par le latin (ce qui m'a été refusée), je voulais apprendre l'anglais très tôt mais rien non plus. Au collège, cela a été un carnage. Placée dans des classes que l'on qualifierait aujourd'hui de « segpa », j'ai été encore plus stigmatisée. Harcèlement scolaire (j'ai réussi à avoir tout un collège, un lycée et les enseignants contre moi), rabaissement des équipes enseignantes qui jugeaient que je ne pourrais jamais faire d'études parce que... je vous laisse deviner... J'étais une éponge émotionnelle qui fonctionnait avant tout à l'affecte donc quand je me retrouvais face à un professeur qui avait fait son idée à mon sujet, c'était terminé, effort ou pas, travail ou pas, les notes étaient basses.

Pourtant, j'ai eu des « phénomènes » bizarre comme une fois, où le prof de maths en 5éme avait été remplacé. Le remplaçant nous avait donné un exercice que je fis et là, surprise, il me rend mon devoir corrigé et me dit : «  je n'ai pas pu te mettre la moyenne car ton raisonnement est du niveau du lycée mais le résultat est faux ». Il pensait que j'avais reçu l'aide d'un lycéen sauf que non.. La nuit, il m'arrivait aussi de faire du somnambulisme et de réciter des formules mathématiques.

Ce n'est que vers le lycée, durement acquis, que les choses ont commencé à s'arranger parce que je faisais ce qu'il me plaisait : les arts plastiques. Le bac en poche mais laborieusement obtenu, là aussi. Je me suis révélée à la fac. Mes notes montaient avec des mentions. Découverte du plaisir de philosopher, de lire, de faire de liens, de mettre en forme ma pensée débordante. Le plaisir de trouver des personnalités aussi loufoques que riches.

C'est à partir de là que j'ai commencé à comprendre que ma différence n'était pas dû à ce que je croyais. Mais, ce n'est que suite à un événement très grave entre ma mère et moi que tout s'est accéléré. Ma mère est une personne très intelligente, autodidacte sur beaucoup de choses, toujours à lire, à chercher de se trouver. Mais elle a utilisé son intelligence aussi pour contrôler les gens et les manipuler, en premier chef, sa fille, moi. Tout cela, je l'ai compris seule. Puis, un jour, je tombe sur un site qui parle de la « résilience » et je comprends que cela me concerne. De là, je m'interroge car : « ok, j'ai tout ça mais pourquoi, je me sens toujours aussi différente ? Aujourd'hui, l'handicape est plus accepté qu'avant et les divorces aussi et puis, j'ai réussi mes études, je suis professeur ?! »

Pourquoi quand quelque chose m'affecte c'est Bagdad dans mon corps, dans ma tête ? Pourquoi je n'arrive pas à me faire d'ami ? Pourquoi, je me sens en permanence en décalage ? Pourquoi ce qui est d'une évidence pour moi, ne l'est pas pour les autres ? Pourquoi, je n'arrive pas à comprendre les actions des autres ? Et ainsi de suite...

C'est suite à la naissance de mon fils, quand j'ai fait un burn-out professionnel que je me suis replongér dans mes interrogations et j'ai lu le livre de Jeanne Siaud-Fachin, « Trop intelligent pour être heureux » et la BAM ! Toute ma vie a défilé jusqu'au ressenti le plus profond. Enfin ! J'avais une lecture juste de qui j'étais ou du moins, pouvait être. J'ai lu ce livre un nombre incalculable de fois, pour me rassurer, pour vérifier. Elle mettait un mot sur les couleurs que je vois par moment sans que je comprenne ce qui les déclenche, la mémoire que j'ai des événements, le fait que certains mots puissent déclencher en moi des tsunamis, etc, etc...

Et puis, il y a mon fils. Quand il est né, il avait les yeux déjà ouverts qu'il n'était pas encore complètement sorti et, tout le monde me disait que c'était impressionnant ce qu'il avait l'air présent. Il a su avoir suffisamment de tonus pour tenir debout à trois mois. A cinq, il tenait assis. A neuf mois et trois semaines, il marchait. A même par un an, il nous a récité les voyelles puis il connaissait l'alphabet pour tout oublier et se concentrer sur les chiffres. A deux ans, il était capable de dessiner un bonhomme comme le ferait un enfant de six ans puis, il a laissé tomber. Mais, ce qui est plus troublant, c'est qu'il a une très grande mémoire. Il rechante des chansons entendues une seule fois, restitue des passages de dessins animés... Il se démarque des autres enfants qui le regardent différemment. Heureusement, à l'école, il réussi à ce faire des copains et des copines.

Sensible aux bruits, l'année dernière en petite section, il entendait les chansons faites dans la classe d'à côté, et nous les rechantait. Il peut entendre et mémoriser ce que mon mari et moi parlons alors qu'il est à l'autre bout de l'appartement.. Et les questions, c'est Monsieur Pourquoi ! «Pourquoi, mon bras bouge ? Pourquoi, le soleil est rouge ? Pourquoi on a un os là ? Et si, on ne l'avait pas ça ferait quoi ? Est-ce qu'il y a des virus dans l'espace ? C'est quoi une âme ? Je peux toucher une âme ?Pourquoi si, pourquoi ça à longueur de journée. C'est dés fois très fatiguant surtout quand il demande le pourquoi du pourquoi et pourquoi, on lui répond ça !

Il y a encore tant de choses à dire mais depuis quelque temps, il veut apprendre à lire mais uniquement avec nous. En classe, il s'ennuie mais il a compris que les autres avançaient plus lentement et il ne veut pas dire à sa maîtresse qu'il veut progresser. Alors, bien que très intelligent, il se fait remarquer par son comportement, parce qu'il s'ennuie et qu'il a toujours besoin de s'occuper. Il peut donner l'impression de ne pas écouter alors qu'au contraire, il écoute bien plus que les autres et peut faire l'activité qu'on lui demande de faire, tout en écoutant ce qu'il se fait plus loin.

Pourquoi, aujourd'hui, je n'ai pas encore fait passé le test à mon fils ? Parce que comme dit plus haut, l'aspect financier joue un rôle et puis, parce que j'ai déjà tenté avec la pédiatre et que cela n'a pas été concluant. Mon fils fait des choses à la maison, pose certaines questions, remarques des choses qui ne sont pas de son âge mais une fois dehors, il s'adapte à la personne en face. Les questions changent du coup, cela n'a plus rien à voir d'avec la maison. Et même entre son père et moi.. J'attends qu'il y ait quelques choses de plus parlant ou que l'école déclenche quelque chose. Et, puis, venir et dire : « je veux faire passer un teste à mon fils parce que j'ai noté ça et j'ai lu ça et un tel m'a dit qu'il retrouvait le profil des ces enfants HPI chez le mien? » sera très vite perçu comme de l'insolence. Du moins, je le pense.

Pour ma part, j'ai peur de me tromper de voie. J'ai peur qu'on me dise qu'en gros mon sentiment de décalage est simplement dû fait de mon vécu. Que j'assimilerais décalage au sentiment que ma sœur pouvait avoir de son handicape. Et puis, pareil, comment aller voir son médecin et lui dire, je pense que je suis HP ?

Dans le cadre de mon burn-out, j'ai du aller voir un psychiatre. Il ne m'en a pas parlé mais d'un autre côté, il me demande ce dont je veux parler. J'ai lancé des indices auxquels il n'a pas répondu. J'attendais de lui qu'il me pose les bonnes questions pour que je puisse y répondre. Mais là aussi, je crains que l'on mette cette différence simplement sur le compte du burn-out qui pour certain, est considéré comme étant une maladie mentale... J'ai peur aussi tout simplement, de m'approprier quelque chose dont j'en ai pas le droit même si, pour moi, l'évidence est là. Donc, c'est compliqué..

Comme je dis dés fois, il faudrait pour justifier cette demande, que je raconte ma vie depuis le début avec tous les détails et que je les mette en corrélation avec des ouvrages traitant du sujet. En gros, faire une thèse...

A la question : qu'est-ce que cela changerait pour moi ? Peut-être déjà, dire, j'avais raison ! Et puis, cela me permettrait de ne plus me poser cette question « qui suis-je ? » et de savoir, où est ma place.

Pour mon fils, cela permettrait d'éviter les erreurs de parcours que j'ai eu et de trouver, plus facilement des solutions et éviter, les « oui, peut-être que c'est ça (en parlant du HP) mais peut-être que tu te trompes ». Je n'ai pas envie que mon fils grandisse avec le sentiment de décalage que j'ai eu. Je veux qu'il sache qui il est.

Je remercie Alexandra de nous permettre de témoigner surtout quand on est pas encore « estampillé » HP ;) et merci à vous tous d'avoir pris le temps de lire :)

 

 

🗣 19 novembre 2018

Mon père m’a dit que quand j’étais gosse j’ai refusé de passer des tests psychologiques (qui n’étaient pas je crois des tests de QI). Pour quelle raison je n’en sais rien peut-être par intuition, voire ci-dessous).

Vers l’âge de 11 ans j’ai volontairement fait le pacte intime de refuser de plier mon esprit à l’apprentissage des maths et de toute autre forme de formatage dans une sorte d'hyper-conscience que ce choix était définitif et m'obligerait à gagner le maquis de la résistance.
J’ai toujours fonctionné à l’intuition.

Aujourd’hui je travaille sur la relecture de mon premier roman (préempté par une maison d’édition), j’ai été sculpteur (toutes mes sculptures ont pratiquement été vendues) et dessinateur (j’ai su que mes dessins en boule dans la poubelle étaient récupérés). La résilience fût longue et douloureuse, l’histoire d’une vie à côté des autres, en parallèle de celle des autres. Une vie en asymptote.

Bref je voyais bien que ma façon de penser était "spéciale", étrangère à celle des autres, qu'elle s'y cognait comme à un mur.
Les arts m’ont permis de permettre à cette pensée « étrange » de s'émanciper et de se déployer dans toute son amplitude.

Je n’ose toujours pas me faire tester à cause de cette partie logico-mathématique qui me paralyse. Pour les autres formes d’intelligence je n’ai aucune inquiétude, au contraire, je suis avide de m’y frotter.
Je pense un jour faire tester mon fils de 9 ans à mon sens multi-potentiel.

Vous parlez d’intime conviction, c’est le bon terme me concernant, l’intuition aussi dit bien les choses.
Pendant longtemps je me suis heurté de plein fouet à la normo-pensance et je me suis senti différent, incompétent, bizarre.

Je voudrais dire à ceux qui s’interrogent devant l’étrangeté du monde : Ce sentiment étrange est un don caché qu’il vous appartient de révéler. Vous êtes votre propre accoucheur. Reste à trouver l’outil. Pour moi c’était clairement les arts, mais aussi, le sport, la psychologie... Quand vous trouverez le ou les outils (car il en existe soyez-en certain), votre personnalité s’épanouira de toute évidence. Vous gagnerez alors le sourire et ferez l’unanimité car le don révélé rayonne, éclaire et réchauffe le cœur des hommes, de tous les hommes.

Ce qui m’a aidé, c’est les rencontres, les relais, les impondérables : Il y a toujours sur le chemin une âme éveillée qui vous reconnaît, vous encourage et vous sourit.

Désormais je m’accepte et ne fais plus aucune concession sur ma pratique artistique qui se déploie en toute liberté.
Je transmets ça à mes gosses, à mes amis, car aujourd’hui mon expérience est manifestement devenue une source de savoir et de réconfort pour eux.

J’ai le sentiment intime d’être devenu à mon tour ce relai, cet impondérable qui souri aux trajectoires asymptotiques.

 

 

🗣 19 novembre 2018

Lorsque mon aînée avait 3 ans, certaines personnes m'ont conseillé de lui faire passer des tests, qu'elle devait très certainement être "surdouée". Moi, devant leurs conseils, j'ai ri, en leur disant que non, que si c'était le cas elle saurait lire, compter etc etc. Puis elle a continué à grandir sans difficulté.

Est arrivé son petit frère, qui a la naissance, à mon grand étonnement tenait déjà sa tête ! Les mois et les années ont passé. Est arrivé sa à première entrée à l'école, en petite section, après 3 années de crèche. Et là, mon petit garçon s'est révélé ingerable autant à l'école qu'à la maison. "Votre fils ne rentre pas dans le moule", "votre fils perturbe ma classe"... À la maison c'était crise de colère sur crise de colère, déclenchées pour un petit rien (je ne l'ai pas laissé enlevé seul son écharpe, c'est pas la bonne fourchette, etc), il pleurait en me disant qu'il n'aimait pas l'école et essayait de s'en échapper lorsque je l'y amenais.

Un jour ma famille m'a demandé si je m'étais questionné sur un haut potentiel le concernant... Même étonnement que pour mon aînée. Bien sûr que non, ce n'était pas un enfant surdoué !

Mais forcément en y repensant, cela me travaille, j'en parle à mon mari, je fais des recherches, je me documente. Et je me rends compte que mon idée des enfants hp était totalement faussée ! Et que de plus mon fils en a toutes les particularités... De fils en aiguilles, nous avons consulté une spécialiste du haut potentiel et à 4 ans nous avons décidé de le faire bilanté.

Depuis, il a été reconnu hp, à sauté une classe et s'épanouir. Son comportement à changé, il est toujours égal à lui même, à poser mille questions et à bouger partout, mais les crises se sont espacées et sont beaucoup moins longues ! On s'adapte et notre fils est heureux.
Notre aînée à depuis était également bilanté, et surprise elle est également hp :) moi même j'ai décidé de sauter le pas et il y a quelques semaines j'ai appris que j'étais également hp, tout comme mes merveilleux enfants.

Aux parents qui sont dans le questionnement, en difficulté ou autre, écoutez votre instinct et n'hésitez pas à vous faire aider. Ça vaut le coup 😉

 

 

🗣 19 novembre 2018

Je m'appelle Yohan, j'ai 22 ans, il me semble que je suis un homme. Je suis moi-même concerné par HPI, étudiant en psychologie qui habite depuis toujours... quelque part, dans un espace lointain (Toulouse et ses 150 km alentour).

 Quand & comment avez-vous découvert le haut potentiel intellectuel

Un (beau) jour, alors que j'étais assis (jusque là tout va bien) autour d'une table chez mes parents, c'était alors une fin de matinée, ou un début d'après midi en mars 2017. Je venais de revenir d'une ballade avec mon chien, et, après un saut à la douche (le chien sentait moins fort que moi donc...) je me suis assis autour de cette dite table pour regarder la télévision. (que je ne regarde quasiment plus aujourd'hui).

Alors que nous "zappions" de chaîne, je suis tombé sur une pub présentant l'émission qui allait suivre (après la pub du coup.), et cela a titiller mon attention et nous l'avons regardé!

Le sujet de l'émission (mille et une vies) était "comment vivre lorsqu'on est surdoué?" présentée sur France 2.

Et voilà. Après l'émission je me suis isolé quelques heures, puis quelques jours, puis quelques semaines avant de prendre la décision de vérifier quelque chose qui avait eu l'effet d'une immense claque (donnée par king kong par exemple, ça fait plutôt mal, je l'ai croisé la semaine dernière..) et une multitude de lectures autour de ce sujet. Dont le blog des tribulations, ainsi que tout un tas de livres, j'ai scanné une bonne partie du web et j'ai contacté une association afin de pouvoir me faire conseiller un psychologue qui pourrait répondre à certaines de mes interrogations. (Entretiens, Test de QI, de personnalité <--- j'y tenais beaucoup à celui là).

La passation s'est bien faite, à un détail prêt... à cette époque je consommais une substance en particulier (de couleur verte), je buvais un peu et j'ai travaillé le matin le jour de passation (petit boulot qui ne me plaisait pas, j'ai d'ailleurs démissionné quelques semaines plus tard car j'ne souhaitais viscéralement plus travailler pour le moment.) Bref. J'étais à moitié stone, avec une tonne de fatigue dans mon sac à dos, saupoudré d'un burn out qui se faisait attendre, une connaissance de moi même qui était totalement chamboulée et aucune envie de faire un quelconque effort en terme d'abstraction. Bien que tout cela, je souhaitais le passer ce test, pour "voir" (je me disais que si j'étais concerné, on verrait forcément quelque chose). Ce fut le cas...

 Quels sentiments ou actions a provoqué cette mise en lumière sur le moment, puis avec du recul ?

La restitution du test s'est faite par skype, sur le coup, je me suis retenu de pleurer. La psychologue m'ayant fait passer le test m'a dit "Je le vois bien que vous vous retenez de pleurer " dans ma tête je me suis dit "mince, ça se voit tant que ça? Je suis bon pour camoufler en temps normal".

Et en effet, cette mise en lumière a déclenché une émotion proche de l'annonce du décès d'un proche. J'ai pris plusieurs jours avant de commencer à prendre un peu de recul. Je ne me sentais même plus capable d'ouvrir un bouquin depuis que j'ai eu la confirmation que je n'étais pas fou (bon certes, j'avais quelques soucis avec la marie jeanne mais j'n'étais pas fou! <-- c'est l'idée qui me revenait ... tous temps). La douance a permis de faire la lumière sur pas mal de points de ma vie, dont certains qui avaient été mis au ban (les émotions notamment, toutes formes de réactions observables proportionnelles (c'est absolument subjectif ce que j'écris) à l'émotion ressentis. Tout ça, je me l'interdisais, je ne dis pas que j'explose constamment aujourd'hui, que ça pète dans tous les sens lorsque "ça monte" (que ce soit la joie, la peur, la colère, le désir, l'Amour, la tristesse) mais je fais en sorte "d'ouvrir un peu le robinet" pour ne pas imploser.

 ---> à 18 ans, après de nombreuses années à m'ennuyer à l'école, à compter le nombre de secondes qu'il restait avant la fin du cours, à m'orienter dans des voies qui ne me plaisaient pas du tout mais qui plaisaient à mes professeurs (je ne leur jette pas la pierre loin de là, ils m'ont énormément soutenu), j'ai implosé et fait une dépression.

J'ai validé mon semestre et j'ai déposé ma démission (IUT en marketing). Je ne comprenais pas pourquoi je validais mon semestre alors qu'en principe, mon cerveau était en vrac à cause de : l'alcool, le cannabis, la dépression, l'isolement, les anxiolytiques, les anti dépresseurs, les anti psychotiques (que l'on m'avait donné parce que j'ai expliqué aux cliniciens que je continuais à réfléchir énormément bien qu’anxiolytiques, anti dépresseur, pathologie et fumette.)

Et le tout, sans le moindre effort de révision, il y avait donc un problème, je trouvais ça injuste de valider ce semestre alors que des ami(e)s ne l'ont pas validé ou très difficilement alors qu'ils ont fourni des "efforts" (notion sur laquelle je travaille aujourd'hui pour l'adapter à moi même). Bref, La douance m'a permis de lever le voile sur énormément de choses...

Et m'a permis d'ENFIN accrocher à quelque chose qui me plaisait un minimum à la base et qui me plait de plus en plus (la psychologie) au fur et à mesure de ma réflexion et des cours (c'est un peu lent...).

J'en ai parlé un peu avec mes proches, j'essaie d'apporter le sujet lorsque je sens que la personne en face n'est pas trop enfermée dans des idées préconçues. ça reste un sujet délicat dont je ne parle quasiment jamais, je parle de mon cerveau en général, en disant "ça part un peu dans tous les sens... ahahah .... ahahahaha" mais pas + la plupart du temps.

 Qu'aimeriez-vous dire aux personnes qui découvrent à leur tour le surdouement ?

J'aurais aimé être d'avantage accompagné dans l'acceptation de cette partie de moi même. N'hésitez pas à vous faire accompagner si vous en avez la possibilité...

Faites attention "par qui" vous vous faites accompagner et n'oublier pas que les réponses sont en vous, personne ne doit venir vous les apporter, personne ne peut savoir ce qui est bon pour vous. Ne cherchez pas à suivre un "gourou", ou quelqu'un se présentant comme "purement bienfaiteur de vos fantasmes et peurs les plus profondes, je vais aider, sans moi vous ne le pouvez pas". Fuyez ce genre de pratiques, faites la paix avec vous même et considérez vous comme votre meilleur ami(e).

Je ne sais pas réellement quoi conseiller, c'est encore un peu frais pour moi (un peu + d'un an...).

 Qu'est-ce qui a changé depuis cette prise de conscience ?

Comme écrit plus haut, j'ai repris mes études, ça me plait, enfin!

Ce qui a le + changé, c'est le fait de me poser moins de questions par rapport à certaines choses (que va-t-on penser de moi si si si ou si), j'ai accepté de ressentir des choses qui me paraissent encore "énormes" dans certaines situations (énorme car je vois que ça ne crée pas le même effet chez l'autre, j'y travaille). J'ai appris à moins culpabiliser, ou plus rapidement relativiser* lorsque je suis à fond dans quelque chose et que j'oublie un peu le monde autour, que j'envoie éventuellement balader quelqu'un (je le fais beaucoup moins envoyer balader les gens) mais j'accepte aussi ce moment purement "cerveau". Lorsque je commence à mixer émotions et cognition en simultanée, les résultats sont parfois catastrophiques, je me dis aujourd'hui que j'arrive à faire un peu la part des choses entre ces deux aspects, et ça fait du bien, c'est un peu moins le bazar.

J’interagis plus facilement avec les autres, car ayant + confiance en moi (car j'sais que j'ne suis pas fou mwoahaha), mais d'autres problèmes restent encore en suspens pour mon cas et ceux là n'ont aucun rapport direct avec la douance il me semble. (non compréhension de ce que me dit l'autre parfois/trop souvent, ça peut être dû à la "douance" mais certaines choses comme quasi impossibilité de regarder les yeux de l'autre à moins que ce soit quelqu'un de vraiment proche, ou bien des envies soudaines de me mettre à l'écart du monde, dans ma bulle...

Je me permet de nouvelles choses et j'accepte de prendre le temps de comprendre l'origine des choses auxquelles je m'intéresse (je me permet enfin de retrouver la curiosité, petit à petit, que j'avais lorsque j'étais enfant... c'était presque de l'ordre de la "boulimie intellectuelle" quand j'étais petit, puis j'ai été brimé et bref)

Ce qui m'amène à un dernier conseil :
Prenez du temps pour vous, si vous apprenez votre douance, prenez du temps pour vous! Les sens ont besoin d'être reposé, accepter ces différentes parties de votre personnalité, adapter votre vie à cela, "ramener le monde à vous" dans le cas où vous vous pensez trop "extra terrestre" n'a rien d'égoïste, je ne me suis jamais senti aussi "intégré" depuis que j'ai compris à m'accepter moi même (et y'a encore du boulot 😂😂). Aimez vous.

Je termine sur ça (j'ai certainement oublié beaucoup de choses).

 

 

🗣 19 novembre 2018

Je suis la maman d'un petit garçon de tout juste 9 ans , HP hétérogène.

J'ai toujours su qu'il avait un p'tit quelque chose qui n'appartenait qu'à lui. La nuit de sa naissance, il est n'a quasiment pas dormi, il m'a regardé.

À 18 mois, il avait déjà un vocabulaire très riche, mais c'était normal, c'était mon 1er enfant, c'était juste parce que son père et moi nous lui parlions comme à un grand par rapport à tout nos copains qui je trouvais "gagatisaient" devant leurs enfants, à 2 ans quand il a commencé à me parler de son grand père où on allait après la mort, j'étais un peu gênée, il fallait trouver les mots adaptés à un enfant de 2 ans, mais c'était normal...Qu'il ne supporte pas la lumière du jour, c'était normal.  Qu'il ne dorme pas, qu'il prolonge indéfiniment (et encore maintenant )l'heure du coucher, c'était normal. En tout cas c'est ce qu'on me disait, mais non rien n'était normal, et je le savais... Il a fallu attendre le mois de Décembre dernier, je voulais arrêter de fumer, mon fils voulait que j'arrête, et je voulais lui prouver que quand on souhaite vraiment quelque chose, quand on se donne vraiment les moyens, on y arrive. Je voulais lui apprendre la notion d'efforts. J'ai été voir une Hypnotiseuse, elle m'a demandé mes motivations, etc, et à la fin de la séance m'a dit que je devrais faire passer un test de précocité à mon enfant, que ses enfants étaient HP, et qu'elle retrouvait dans mes mots ou maux, ses enfants.

À ce moment là, je n'ai plus écouté personne j'ai foncé, tête baissée, pour le bien être de mon enfant, sentant l'urgence, sa souffrance. Quand les résultats sont tombés, toutes ses personnes qui m'avaient dit que tout était normal, que c'était moi, m'ont dit, mais on le savait déjà. J'ai cru que j'allais hurler, il s'agissait de mon enfant, non pas d'un jeu de rôle où il fallait trouver un coupable.

La douance est un voyage que je n'avais pas prévu, il nous oblige à changer d'itinéraire chaque jour, à réinventer notre vie, nos principes. Ce n'est pas toujours évident, pas toujours drôle, mais c'est une porte qui s'est ouverte pour notre famille.

L'école n'est pas adaptée, le corps enseignant pas formé, les gardes fous, c'est nous et rien que nous. Par chance, il a eu un instituteur hors pair l'année dernière qui a accepté de le reprendre cette année. Il est comme nous, il réinvente, il est curieux. Je sais que ce ne sera pas toujours comme ça, mais de voir mon enfant heureux d'aller à l'école ça n'a pas de prix.

Mon fils a une petite sœur, qui du haut de ses 4 ans dit qu'elle n'apprend rien à l'école et qu'elle s'ennuie...affaire à suivre...

 

 

 

POUR LIRE la SUITE des TÉMOIGNAGES, c'est par LÀ :up:

 

 

 

Quels livres sur le surdouement, pour quel public ? :idea: Si vous souhaitez des conseils lecture, voilà ma page "Quels livres sur le surdouement, pour quel public ?" :-D

 

Car on n'a pas les mêmes besoins, les mêmes attentes d'une lecture sur la douance selon que l'on découvre totalement le sujet, ou que l'on soit déjà très connaisseur !

 

Selon que l'on soit parent, enseignant ou psychologue...

 

Selon que l'on cherche un livre pour soi, pour son enfant ou pour ses grands-parents ;)

 

Et de ce côté, un florilège des idées reçues concernant les enfants surdoués crée pour les lecteurs des Tribulations... & un billet à propos des préjugés sur les adultes (T)HPI :-P

 

 

 

 

✏ Et pour aller au-delà du blog, je suis l'auteure de trois ouvrages parus aux éditions Eyrolles :

 

- "Les Tribulations d'un petit zèbre. Épisodes de vie d'une famille à haut potentiel intellectuel" paru en juillet 2016, préfacé par Arielle Adda & Gabriel Wahl :-D

 

Les Tribulations d'un Petit Zèbre, le livre du blog !

 

- "Asperger & fière de l'être. Voyage au cœur d'un autisme pas comme les autres". Un regard unique en France sur le combo syndrome d'Asperger / haut potentiel intellectuel, paru en 2017 & préfacé par Laurie-Anne Sapey-Triomphe & Laurent Mottron ❤

 

- "L'Enfant atypique. Hyperactif, haut potentiel, Dys, Asperger… faire de sa différence une force", paru en 2018 dans la collection très particulière (& en quadrichromie ;) ) "Parents au top" :smile:

 

          
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3 commentaires à “[À VOS CLAVIERS] Votre découverte de la douance… (partie 1)”

  1. Alyalis dit :

    Bonjour Alexandra,

    Je trouve super cette proposition que de laisser à vos lecteurs la plume. J’aurai juste voulu savoir si seuls ceux qui ont été détectés peuvent écrire ou si, c’est ouvert à ceux qui pensent être concernés ainsi que leurs enfants alors qu’ils n’ont pas encore passé le test?

    Bien à vous
    Alyalis



:) :-D 8) :oops: :( :-o LOL :-| :-x :-P :-? :roll: :smile: more »

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