La différence invisible

La différence invisibleJe vais ce matin vous parler d'une BD :)

 

Je crois bien que c'est une première sur le blog, dévorant d'habitude des livres bien plus fournis en texte & moins illustrés :roll:

 

Il s'agit de "La différence invisible" de Mademoiselle Caroline & Julie Dachez, paru début septembre chez Delcourt :up:

 

Pour ceux d'entre vous qui me suivent via FaceBook &/ou Twitter, je vous en avais déjà un peu parlé il y a quelques jours...

 

La présentation de l'éditeur :

 

Marguerite se sent décalée et lutte chaque jour pour préserver les apparences. Ses gestes sont immuables, proches de la manie. Son environnement doit être un cocon. Elle se sent agressée par le bruit et les bavardages incessants de ses collègues. Lassée de cet état, elle va partir à la rencontre d'elle-même et découvrir qu'elle est autiste Asperger. Sa vie va s'en trouver profondément modifiée.

 

 


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les détails de "La différence invisible"

 

 

Alors de quoi s'agit-il exactement ? D'une BD sur un handicap invisible, & plus précisément, sur celui que représente le syndrome d'Asperger :)

 

A savoir, une forme d'autisme située sur l'extrémité haute du spectre autistique, que je présente (en plus de la douance)...

 

"La différence invisible" est une bande dessinée, mais du genre très épaisse (96 pages) :!:

 

Rien à voir avec le format d'un album d'Astérix, c'est une BD volumineuse & qui pèse son poids LOL

 

Le livre est préfacé par Carole Tardif, professeure de psychologie du développement typique & atypique, & par le Dr Bruno Gepner, pédopsychiatre & président de la Fédération Autisme Vie Entière (la FAVIE)

 

J'ai pris vraiment beaucoup de plaisir à lire cette BD, d'une traite (mais en obsessionnelle des livres, c'est ma manière ordinaire de lire quelque chose qui me passe entre les mains ;) Et il faut dire que, sans beaucoup de texte, ça se lit très très rapidement) :-D

 

Nous suivons le quotidien - de l'époque - de Julie Dachez, diagnostiquée aspie à 27 ans & dont le personnage se prénomme Marguerite. Et cette vie est admirablement mise en images par Mademoiselle Caroline :hearts:

 

Car à mon sens, la réussite de cet ouvrage tient aux dessins de l'illustratrice, subtils & d'une grande sensibilité :up:

 

Côté scénario je suis un tout petit peu plus réservée, ayant trouvé la fin trop simpliste... mais j'y reviendrai :)

 

La différence invisible

 

 

La "BD" est très bien menée dans l'ensemble & aidera probablement de nombreux proches à mieux comprendre ce que les autistes Asperger vivent.

 

De même qu'elle ravira les personnes en phase de questionnements ou celles fraîchement identifiées, qui se retrouveront sans difficulté dans les très bonnes descriptions du syndrome à l'âge adulte :smile:

 

J'ai pour ma part relevé de nombreux points communs qui m'ont plutôt amusée, mais il y a aussi de grandes différences entre le personnage de Marguerite & moi. Et c'est normal : chacun, aspie ou non-autiste, est unique & a un parcours, des spécificités qui lui sont propres :round:

 

Honnêtement le livre ne m'a rien appris. Lorsqu'on connait bien le sujet, il n'apporte pas grand chose de neuf, mais je ne crois pas qu'il ait vocation à remplacer le Guide complet du syndrome d'Asperger de Tony Attwood ;)

 

Le propos des 2 auteures est ailleurs & l'originalité réside entièrement dans le format particulier du témoignage :-D

 

Et c'est pourquoi je souligne l'importance extrême que revêt à mes yeux le travail de Mademoiselle Caroline dans "La différence invisible" : les dessins sont terriblement justes.
Le jeu des couleurs est très bien pensé & permet de transmettre beaucoup de choses dans le ressenti & le vécu du personnage.

 

C'est précisément ce qui fait tout l'intérêt de ce livre : la transmission sans mots, par l'image, par sa force & ses nuances, de l'univers intérieur de Marguerite :bigheart:

 

Les mots deviennent accessoires, ils encombreraient presque certaines pages tant le message illustré est limpide.

 

Peut-être suis-je aussi sensible à la qualité de ces illustrations car je pense en images, & que cela me touche donc très directement. J'ai la sensation qu'il n'y a (besoin) d'aucun intermédiaire pour comprendre, besoin d'aucune explication supplémentaire : l'équilibre est trouvé, la justesse du propos suffit à ne rien ajouter.

 

Et peut-être que quelqu'un d'autre ne verrait pas la chose ainsi. C'est mon ressenti, en tous cas :!:

 

La différence invisible

 

 

Le "bouquin" est augmenté, à la fin, d'une courte séquence "Qu'est-ce que l'Autisme ?", puis de quelques pages "Le syndrome d'Asperger, kézako ?".

 

Alors que je préparais ce billet, je me suis prise à me demander s'il m'aurait effectivement aidée, dans l'hypothèse où je l'ai lu avant de me savoir autiste Asperger ? ou bien encore si j'avais été en attente de diagnostic ?

 

Certainement oui, il m'aurait permis d'identifier certaines particularités chez moi... (mon déclic à moi est venu de la lecture en 2009 de "Je suis né un jour bleu" de Daniel Tammet)...

 

Mais il y a aussi beaucoup de points non-abordés dans "La différence invisible", comme une vision à mon sens un poil trop binaire : non-diagnostiquée = malheureuse / diagnostiquée = heureuse.

 

Tristement, rien n'est aussi rose, & pour gérer un groupe FaceBook réservé aux aspies francophones (ou aux personnes en questionnement), je sais que l'étape du diagnostic ne solutionne en vérité pas tout.

 

Pour de nombreux adultes, qui ont déjà une vie, une famille, rien ne change véritablement après la validation de leur SA. Beaucoup se sentent toujours aussi mal dans leur peau, dans leur job, pas mieux compris de leur conjoint, leurs enfants, leurs parents :(

 

A ce niveau-là, le scénario est un peu naïf & léger...

 

J'aimerais que la réalité soit aussi idyllique pour les aspies adultes, mais c'est faux.

 

Autre petit point un peu raté à mon sens : la référence à cette théorie des cuillères de Christine Miserandino, développée à l'origine pour expliquer les difficultés des patients atteints de lupus. Cette histoire de stock & de points me laisse toujours aussi circonspecte :-?

 

Je trouve ça absurde & cela me fait toujours penser aux points Weight Watchers dont parlaient les mères de famille devant l'école quand j'attendais, à l'écart, la sortie de mon zébrillon.

 

Bref, je ne me reconnais pas dans cette façon de voir le SA, ça ne me parle pas & je trouve le parallèle idiot... mais c'est un détail :!:

 

(cependant en bonne aspie, les détails m'obsèdent LOL Et donc, j'aime donner un avis de lecture représentant tout ce que j'ai ressenti)

 


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En conclusion : une très belle découverte que cette "Différence invisible", à acheter sans hésitation :-D

 

 

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2 commentaires à “La différence invisible”

  1. (« cependant en bonne aspie, les détails m’obsèdent » => mais justement, ce sont les détails qui font tout, malheureuse ! :round: Non ? Hum, sans être aspie j’ai moi-même bien du mal à hierarchiser l’information, parce que TOUT me paraît important ! :-D )

    « Je me suis prise à me demander s’il m’aurait effectivement aidée, dans l’hypothèse où je l’ai lu avant de me savoir autiste Asperger ? ou bien encore si j’avais été en attente de diagnostic ? » => C’est en effet la meilleure chose à faire, se mettre en situation. Forcément, quand on connaît par coeur un sujet, on zappe sur les évidences et on se focalise sur les défauts. Mais ce qui est important c’est le public auquel l’ouvrage est destiné : les personnes concernées ? leur entourage ? famille, enseignants ?
    La forme en images est une excellente idée, parlante pour tous et de manière informulée. J’espère que cet album, un peu coûteux (ce n’est pas une critique, juste une observation, le prix me paraît parfaitement normal), sera mis à la disposition du public dans les bibliothèques, avec une bonne mise en avant, que le maximum de gens y aient accès. C’est tellement difficile de se mettre dans la peau des autres !

  2. Max dit :

    (La personne ayant développé ladite théorie dit elle-même qu’elle peut être utilisée par des personnes ayant autre chose que le Lupus. C’est plus une analogie pour expliquer le manque d’énergie à des personnes non-concernées, comme celle des PV/Mana dans les jeux vidéos, etc. Je connais peu de gens qui l’utilisent pour vraiment calculer les cuillières qui leur resteront à la fin de la journée, même si j’en connais bien un qui classifie ses activités en activités rouges/oranges/vertes selon la perte ou le gain d’énergie généralement occasionnées ou des gens qui ont des colliers cuillières/PV pour montrer leur état aux proches.)
    Sinon, j’aimerais offrir cette BD à une personne de ma famille, qui ne lit jamais et a en fait peu de temps pour, dans l’espoir qu’elle me comprenne un peu plus après sa lecture. Car c’est vraiment tabou d’en parler à cette personne directement et, d’ailleurs, ça ne porte pas ses fruits. J’espère que ça va marcher. Au pire, j’aurais lu une nouvelle BD :/



:) :-D 8) :oops: :( :-o LOL :-| :-x :-P :-? :roll: :smile: more »

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