Les 6 profils d’enfants intellectuellement précoces

Les 6 profils d'enfants intellectuellement précocesQuand on parle d'enfants surdoués, on ne peut pas ignorer qu'il existe une grande diversité parmi les EIP (comme parmi les adultes doués) :!:

 

Loin d'être une armée de clones, s'ils ont des points communs, notamment bien entendu leur haut potentiel intellectuel, mais pas que...

 

Certains grands traits de caractère ou de comportement par exemple, plus encore lorsqu'ils sont très jeunes (comme les questionnements incessants, les perpétuelles négociations, le refus de demander de l'aide, des oreilles qui traînent partout, un avis sur tout, des centres d'intérêt hors norme pour leur âge biologique, etc.)

 

On trouve au sein des (T)HPI des personnalités & des types de profils vraiment très différents :up:

 

Les Tribulations d'un Petit Zèbre, le livre du blog !

 

 

D'une même caractéristique, les profils des enfants peuvent amener à des réactions concrètes en apparence radicalement opposées.

 

La peur de l'échec, par exemple, pourra se traduire chez certains par un refus de prise de risque tout en assurant d'excellents résultats scolaires, parfois frisant le perfectionnisme obsessionnel (s'assurer être toujours le 1er pour être sûr de ne pas se trouver en situation estimée "d'échec", même quand il n'en est pas question du reste).

 

Chez d'autres, cette peur prendra des allures d'opposition aux enseignants & aux devoirs à rendre (ne pas travailler pour ne pas risquer de défaillir !), ou encore à une anxiété paralysante qui rendra l'enfant sous-performant.

 

 

Ainsi, une même "problématique" (si l'on peut dire) sera gérée différemment, selon le type de profil qu'a l'enfant doué.
Et parce que ces différences existent & doivent impérativement être prises en compte (dans la famille, à l'école), il est aberrant de parler de "l'EIP" comme si tous les enfant HQI ou THQI représentaient quelque chose d'uniforme :-x

 

Or pour identifier un enfant HPI, il faut avoir conscience de ces différences, les connaître, les comprendre & les avoir assimilées.
Tous les EIP ne correspondent pas à l'image de "bon élève" véhiculée par les croyances toujours tenaces dans l'esprit de beaucoup d'enseignants comme de parents !

 

Certains enfants surdoués sont ainsi, effectivement, mais ils ne sont seulement qu'une petite part des enfants surdoués. Je dirais la part la plus facilement identifiable, notamment par les équipes éducatives, mais certainement pas celle regroupant le plus d'enfants doués, car cette part ne concerne qu'un seul des 6 profils définis & que je vais vous détailler :(

 

Ne passons pas à côté de tous ceux qui ne portent pas ces caractéristiques !!!

 

Dans les années 80, 2 spécialistes américains, Georges Betts (enseignant spécialisé à l'Université du Colorado & président de la National Association of Gifted Children) & Maureen Neihart (docteur en psychologie), ont dégagé 6 grands profils d'élèves à haut potentiel intellectuel, suite plusieurs années d'étude & d'observations.

 

Par l'auteure des Tribulations d'un Petit Zèbre

 

 

:idea: à noter que les profils II, III, IV & V sont caractérisés par des traits de personnalité pouvant parfaitement occulter ou minorer le haut potentiel intellectuel de ces enfants. Et cela sur le plan scolaire comme dans les résultats lors d'un bilan psychométrique !
Un psychologue peu connaisseur de la douance pourra alors passer à côté s'il ne s'en tient à un bilan chiffré sans réelle analyse des 10 subtests :down:

 

Type I – "The successful", l’élève qui réussit

On considère que 90% des enfants HQI / THQI identifiés à l'école primaire sur conseil du corps enseignant correspondent à ce profil. L'élève qui réussit sans souci apprend bien, fonctionne sans difficulté à l'école, sans se faire remarquer & obtient de très bons résultats aux tests de QI. Il est souvent très apprécié des enseignants.
Il recherche toujours l’approbation des adultes, ou des personnes qui jouent un rôle dans sa vie, est conformiste & pas particulièrement affirmé. Il prend peu de risque de peur d'être mis en situation d'échec. Généralement (très) perfectionniste, il lui arrive rarement d’éprouver des troubles de comportement à l’école.

 

Type II – "The challenging", l’élève provocateur

Extrêmement créatif & à la pensée divergente, il peut toutefois sembler obstiné, manquer de tact ou être sarcastique. Ce 2nd profil est peu fréquemment identifié comme HPI par les enseignants car particulièrement non-conforme au système scolaire ! Son ennui en classe est manifeste, & l'attitude de ce type d'élèves peut être source de conflits.
Il a une forte tendance à corriger les adultes, à mettre en doute les règles, à très mal maîtriser ses émotions & à défendre ses convictions de manière frontale, tant à l’école qu’à la maison.

 

Type III – "The underground", l’élève effacé

Fréquemment de sexe féminin, cet élève est dans le déni de ses capacités intellectuelles hors norme. Il refuse d’admettre son surdouement pour être accepté par les autres, ce qui a pour conséquence des capacités d'adaptation importantes (il est un excellent caméléon), mais allant de paire avec une immense frustration, une mise sous pression intense & une
difficulté à exprimer ses sentiments profonds. Le tout donnant un manque d'assurance & une très mauvaise estime de soi.
Les résultats scolaires vont de moyens à bons, & c'est un profil que l'on retrouve souvent en fin de primaire ou début de secondaire.

 

Type IV – "The dropout", l’élève décrocheur

Il est en colère (d'ailleurs, dans la littérature anglophone on le retrouve sous 2 noms : "the dropout" & "the angry") & toujours sur la défensive : il en veut aux adultes, à la société toute entière mais aussi à lui-même.
Il a le sentiment que le système scolaire n’a pas su répondre à ses besoins depuis un certain nombre d’années. Ayant une très mauvaise estime de soi, il se sent rejeté & est souvent amer & plein de rancœur. Cet élève refuse de faire ses devoirs & ses résultats ainsi que son rendement scolaire ne sont pas uniformes. Il donne l’impression de posséder des aptitudes intellectuelles moyennes, voire inférieures.
Ce profil peut prendre la forme d’enfants qui dérangent & profitent des autres ou, au contraire, d’élèves très effacés & non-présents en classe.

 

Type V – "The twice-exceptional", l’élève doublement exceptionnel

C'est un enfant qui malgré son haut potentiel intellectuel cumule, soit des troubles d’apprentissage, soit des troubles affectifs ou encore un Trouble du Spectre Autistique, un handicap physique. Bref, il n'est pas "que" surdoué, il une seconde particularité qui le rend doublement exceptionnel, mais aussi, qui peut parfois rendre plus compliquée l'identification de son surdouement.
Il ignore souvent ses grandes capacités & a une faible estime de soi. Son travail peut être de qualité inférieure ou relativement incomplet du fait d'une lenteur en classe à exécuter les tâches demandées. L’échec représente pour lui une grande source d’anxiété & il peut adopter un comportement perturbateur en cours.

 

Type VI – "The autonomous learner", l’élève autonome

C'est un élève indépendant, sûr de lui & très enthousiaste à l'idée d'apprendre. Souvent autodidacte, il s'accepte & est tout à fait capable de prendre des risques.
Il est persévérant & aime se lancer des défis, il défend facilement ses convictions & est très bien accepté par ses camarades comme par les enseignants & les autres adultes.
Cet élève exprime librement ses sentiments, ses besoins & ses objectifs. Il a une estime de soi favorable, scolairement parlant il réussit bien & se sert du système scolaire à bon escient pour se créer de nouvelles occasions. Il suscite souvent admiration & sympathie.

 

 

Voilà pour les 6 profils, mais les choses sont souvent plus compliquées qu'il n'y paraît. En effet, la douance d'un enfant peut prendre une forme très différente selon les âges, selon ce qu'il a vécu, ce qu'il a perçu du monde & des personnes qui l'entourent :-|

 

Entre ses premiers pas à l'école en maternelle & le collège ou le lycée, les choses peuvent beaucoup évoluer. Les circonstances changent, le fait ou non d'être identifié EIP & reconnu comme tel de manière positive... ou à l'inverse de manière négative a aussi une grande importance dans la façon dont l'enfant se comportera. Mais d'autres variables entrent en jeu, comme le regard des parents, de la famille & de tous les acteurs autour de l'enfant qui peut lui aussi se modifier au fil des années, la puberté, les changements familiaux (divorce, naissance, etc.).
Tout ceci peut bien sûr avoir des incidences sur un enfant, & de surcroît, sur un enfant intellectuellement précoce & hypersensible.

 

Ainsi, on ne peut pas résumer un enfant doué à un numéro de profil, pas plus qu'il ne faut le définir par un score de QI :oops:

 

Par exemple un enfant peut manifester tous les signes d'un type IV (élève décrocheur) & après un bilan mettant en évidence son surdouement, se sentir délivré de cette colère & laisser libre court à des pensées créatives & divergentes qu'il avait enfoui au fond de lui, pour se retrouver dans un profil du type II (l'élève provocateur), avant d'évoluer encore au fil du temps.
Rien n'est figé dans le temps, & le sentiment croissant de la conscience de soi, les thérapies ou le hasard des rencontres peuvent faire qu'un enfant change "de case".

 

Pour finir, il ne faut pas perdre de vue le fait qu'il existe des enfants HPI chez qui l'on remarque un mélange de plusieurs profils. Même si un type domine, il n'est pas toujours simple de déterminer si on tendra plus vers le I ou vers le III, selon les années, les circonstances, les enseignants (les enfants doués, étant extrêmement sensibles aux personnes qu'ils ont en face d'eux, peuvent adopter des attitudes & avoir des réactions étrangement différentes d'un enseignant à l'autre, d'une période à l'autre...) :roll:

 

Les enfants surdoués ont, comme tous les autres enfants du reste, besoin de se sentir compris, acceptés & reconnus tant dans leurs besoin intellectuels que leurs besoins relationnels, émotionnels & sociaux ;)

 

C'est pourquoi il vaut mieux les identifier tôt afin de pouvoir mettre en place des aménagements & des aides dans le cas où leur profil le nécessite.
Il sera bien plus facile d'aider un jeune enfant HPI, avant que les problèmes ne soient installés dans la durée & l'estime de soi trop endommagée, plutôt qu'un HPI adolescent n'ayant jamais appris à travailler :-?

 

C'est ce que la psychologue Arielle Adda nomme très justement le goût de l'effort !
Un autre article sur ce sujet ici :-D

 

 

:idea: dans la littérature spécialisée, la psychologue belge (docteur en psychologie) Tessa Kieboom développe ces 6 profils, mais donne également des pistes pour chacun d'entre eux dans son excellent ouvrage paru chez De Boeck "Accompagner l'enfant surdoué", préfacé par Jean-Charles Terrassier :up:

 


Cliquez sur l'image de la couverture pour
retrouver le livre signé Tessa Kieboom
:)

 

 

Quels livres sur le surdouement, pour quel public ? :idea: & si vous souhaitez des conseils lecture, voilà ma page "Quels livres sur le surdouement, pour quel public ?" :-D

 

Car on n'a pas les mêmes besoins, les mêmes attentes d'une lecture sur la douance selon que l'on découvre totalement le sujet, ou que l'on soit déjà très connaisseur !

 

Selon que l'on soit parent, enseignant ou psychologue...

 

Selon que l'on cherche un livre pour soi, pour son enfant ou pour ses grands-parents ;)

 

Et de ce côté, un lexique crée pour les lecteurs des Tribulations :roll:

 

 

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195 commentaires à “Les 6 profils d’enfants intellectuellement précoces”

  1. BARDES dit :

    Bonjour! Je relis cet article car suggéré, et je le trouve toujours aussi intéressant, merci pour ces partages enrichissants. Je souhaite juste faire remarquer que le type 1 présente aussi un risque de passer inaperçu, peut être moindre que les types 2, 3, 4 et 5, mais ça je n’ai pas d’études pouvant le soutenir…La raison en est la sacro sainte idée de l’évlève dit « scolaire » , adjectif soi dit en passant pouvant être très réducteur et emprisonnant. Le type 1 ne développe pas sa propre personnalité, ne sait pas identifier ses besoins, ses envies car il a été élevé à satisfaire ceux d’autrui ou d’une communauté portée sur la réussite scolaire, ne connait pas ses propres limites car n’a jamais eu l’occasion de faire l’expérience de l’échec, souvent surprotégé et surinvesti par son entourage qui l’idéalise, voir qui l’admire (notions dont un enfant, surdoué ou non, n’a nullement besoin)? Et il est fort probable que ce type 1 devienne un type 3 ou 4 passé au secondaire ou plus tard lorsqu’il est, inévitablement, confronté à des défis, à des échecs, qui ébranlent totalement sa perception de soi, et peut aboutir à une désillusion, un désamour, un désintéret pour sa propre personne destructeur. Arrivés à l’âge adulte, qu’ils aient « réussi » ou non aux yeux de leur entourage et selon une opinion sociale, remonter la pente, se connaître réellement, savoir ce qu’il désire, apprendre à se faire plaisir, ne sont pas choses plus aisés que pour d’autres. Autant que les élèves types 2 « provocateurs », les types 1 sont enfermés dans un tiroir assez facilement par le système scolaire et aux yeux de tous, exclus rapidement par leurs pairs du fait de la chouchoutisation (qui ne devrait pas exister ) qui semble leur faciliter la vie alors qu’en fait cela ne fait que la leur pourrir de façon encore plus insidieuse puisqu’ils sont déclarés coupables de cette attitude de la part des adultes, et luttent perpétuellement , consciemment ou inconsciemment , pour une reconnaissance de leur personne qu’ils ne connaissent même pas. Ce ne sont pas les plus mal lotis. Mais pas les mieux non plus. Contrairement à ce qu’on pourrait en croire. De toute façon cela rejoint cette vérité: un enfant HPI ou pas HPI, non reconnu comme capable de relever des défis à son « niveau », intéressant, et digne d’amour, aura plus de difficultés à s’accepter tel qu’il est, à vivre. Mais heureusement qu’il y a dame résilience pour nous sortir de là. Un vaste cheminement qui demande engagement, persévérance et…. patience! Bien à vous.

    • ginny dit :

      BARDES je me reconnais totalement dans votre description du type 1.. L’apparent succes scolaire n’est qu’une facade confortable, ou l’on sait que personne ne viendra chercher de trop pres qui vous etes puisque vous semblez tour reussir. Et effectivement, lorsque l’on se retrouve dans une situation ou l’on ne controle plus cette facade, parce que les etudes sont plus difficiles, parce d’aitres eleves sont aussi brilliants que vous, on est completement perdu.

      J’ajouterais que le type 1 a tout aussi un enorme manque de confiance en soi. On est si bon a l’ecole parce que l’on pense que c’est la seule chose qui nous donne de la valeur, que nous n’ avons aucune autre qualites pour lesquelles les autres pourraient nous aimer ou meme nous apprecier.

  2. Annie dit :

    À partir de quel âge devrait-on faire tester son enfant?

  3. metz dit :

    bonjour, je découvre votre blog au détour d’un commentaire sur facebook et…. ouf je souffle de soulagement… merci pour vos partages.. qu’il est bon de lire ce genre d’article si intéressant.. Maman d’un enfant dit « précoce » je le retrouve bien dans le profil numéro 4. Hélas dans son école , le corps enseignant ne veut pas entendre que précoce ne veut pas dire réussir à coup sur… et mon hypersensible le vie très mal… bref, tout cela juste pour dire que vous lire m’a fait du bien… merci

  4. gael dit :

    Bonjour,
    Interressant, a priori j’ai un mixte chez moi Type I et II. Absolument pas créateur mais très provocateur et qui ne s’integre pas dans sa classe. Depuis le CM1 j’ai des problemes de comportement et la 6eme est un calvaire : une dizaine de retenue pour un eleve qui à plus de 15 de moyenne (avec un 10 en art). Je pensais que l’apprentissage de l’anglais et d’un instrument allait le canaliser mais au contraire.
    Du coup, je ne sais plus quoi faire… c’est que des heurts à la maison, au college c’est pas mieux. Il a dejà un an d’avance et est completement immature.
    merci de vos reponses

    • Julie dit :

      Bonjour je suis totalement chambouler lorsque j’ai lu votre message j’ai l impression que vous parlez de mon fils.
      Le mien 12 ans en 5eme et rien ne vas plus au college à la maison violence refus de toute autorité déteste les adultes gros soucis en art plastique … provoque élevé enseignant mère frère et soeurs..

  5. Paul dit :

    Bonjour j’ai 14 ans et je suis en 3eme j’ai étais declare précoce a mes 9 ans mais je n’ai aucun des comportements si-dessus et j’ai une mauvaise moyenne en classe mais aucun problème social. Donc au final j’aimerais savoir si c’était possible que je ne soit pas vraiment precose et que le psychologue ce soit tromper (je penche plus vers les personnalités IV et II si je serait « précose »).
    Merci d’une réponse ^^
    PS: Niveaux comportement je suis plutôt flemmard;insolent mais aussi celui qui cherche toujours a attiré l’attention en fesant des « conneries » et je doute que la plupart des « précose » font ca



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